Edmond GUSTAVE
Edmond GUSTAVE Alias Eddy Gustave ou Edmond Maxime-Clarinettiste,Saxophoniste,Chanteur,Compositeur,Chef d'orchestre, éditeur de musique,Producteur discographique
Né à Morne-à-L'Eau GUADELOUPE Le 19 Novembre 1936,
Au sein d'un milieu modeste dont les préoccupations sont fort éloignées de la musique. C'est à son environnement scolaire que le jeune Eddy doit son initiation musicale, et plus particulièrement à son institutrice, madame Belmont, dont le mari, passionné de musique classique, a créé le petit conservatoire de Morne-à-l'Eau, baptisé
La Lyre Normalienne. Eddy Gustave fait donc ainsi son apprentissage musical, entre 1945 et 1950, à une époque où les instruments musicaux étaient plutôt rares dans l'île. Le petit conservatoire en reçoit de métropole quelques uns, au compte-goutte, et seul le meilleur élève de chaque discipline -retenu par concours- peut disposer de l'instrument. Eddy Gustave se souvient de Clémène Repnesse qui enseignait le violon et le saxophone ainsi que de Paulo Durcis. L'enfant est émerveillé par les cuivres qui brillent de tous feux et notamment de la clarinette posée dans son écrin de velours rouge. Il n'a qu'un désir, celui d'être le meilleur pour profiter ainsi pleinement de l'instrument et donner une prestation lors de la fête patronale de la commune. A la fin de ses études musicales au petit conservatoire, il reçoit, en guise de diplôme et surtout en reconnaissance de ses talents, la clarinette tant convoitée. Il poursuit son apprentissage technique avec Elie Roger, musicien auprès de l'orchestre philharmonique de Pointe-à-Pitre. L'enfant est considéré surdoué, dans le milieu musical: presque tous ignorent qu'il connaît le
solfège et sait lire les partitions de loin, ce qui d'ailleurs n'enlève rien à ses compétences qui font qu'il est de plus en plus sollicité par les orchestres en vogue, au grand désarroi de sa mère. Craignant de le voir se détourner de ses
études au profit de la musique, elle confisque même son instrument et rapporte la clarinette à madame Belmont. Tous les présents essaient bien de l'en dissuader. Mais rien n'y fait, pas même les nombreuses visites qu'effectue Monsieur Belmont à son domicile pour la faire revenir sur sa décision. Mais la volonté d'Eddy et de ses «supporters» fléchissent peu à peu sa détermina¬tion et lorsque le chef de l'orchestre Avenir Jeunesse, Paul-Emile Haliard sollicite le jeune Eddy pour le bal du Conseil Général, elle accepte, le confiant prudemment du samedi quatorze heures au lendemain matin.
Eddy Gustave reprend dont la musique tout en poursuivant ses études, sous la surveillance étroite de sa mère. Il rate ainsi de peu son bacca- lauréat et entre dans la vie active, comme laborantin à la pharmacie Berthelot. Bien vite son employeur se propose de l'inscrire à une école de chimie de Paris, l'Institut Violet. C'est un tournant décisif de la vie d'Eddy Gustave qui rejoint la capitale avec l'accord de sa mère.
Un de ses rêve est exaucé: il est à Paris, pendant la durée de ses études, trois ans au moins. Il ne pratique la musique qu'épisodiquement, plongeant avec ardeur dans ses cours. C'est à la faveur d'une promenade dans le Quartier Latin où il habite qu'il rencontre le célèbre saxophoniste Emilien Antile, fort surpris de le savoir à Paris. Ce sont deux vieilles connaissances : lorsque Emilien Antile était encore en Guadeloupe, conducteur de transport en com¬mun, il venait souvent à la pharmacie Berthelot refaire sa trousse d'urgence. Et le saxophoniste invite Eddy Gustave, pour le soir même au Triolet, dans le llème arrondissement où il joue. C'est une soirée qui revêt un caractère particulier : Michel Sardaby y fait ses débuts prometteurs de pianiste et Eddy Gustave, dès son arrivée au cabaret, est invité à se saisir d'un saxophone et à interpréter quelques biguines et méringués. Tout juste débarqué des Antilles, Eddy Gustave imprime à son instrument toute la saveur sonore de son île, cette sonorité qui surprend et charme non seulement le public mais aussi le patron du cabaret, Alex, qui sur le champ, le convie aux soirées du samedi et du Dimanche. Dès le lendemain Emilien Antile prête un de ses instruments à Eddy et même la ceinture d'une des robes de sa femme pour soutenir le saxophone. Cinq jours plus tard, Eddy Gustave se lance dans l'animation des soirées musicales, activité qu'il ne lâchera plus jamais. Il demeure dans le Quartier Latin, haut lieu du jazz, participe aux «boeufs» qui se déroulent dans les nombreux clubs de la capitale et passe les fins de semaine au Triolet. Bref, il arrive à allier études et musique, cette dernière lui rapportant la coquette somme de six cents francs par mois, à savoir davantage que le salaire moyen d'un fonctionnaire. Généreux avec ses amis, il partage ses gains avec eux et tous se réunissent dans sa chambre à la faveur de petites soirées culinaires aux saveurs antillaises. Son succès va grandissant, il est sollicité de toutes parts, anime certaines soirées au Martinique à Paris, cabaret situé près du métro Campio Formio, au Bal Fleuri proche de la rue dela Contrescarpe, au Caraïbe tenu par l'Antillais Clodomir, au Cha-Cha-Cha de la place Monge où évolue le saxophoniste guyanais Gaston Lindor, etc. Il part parfois pendant une semaine pour don¬ner des prestations extérieures, jamais davantage à cause de ses études qui s'achèvent. Trois années déjà qu'il fait de la chimie, et qu'il consacre ses loisirs à la musique, de plus son Directeur d'étude lui accorde quelques absences. Pendant les vacances de l'été 1964, il part à Nancy assurer la saison au sein d'un orchestre composé de musi¬ciens africains, antillais et métropolitains, à la brasserie Le Mirador, perchée en haut d'une colline du même nom qui domine la ville. A cette époque, Robert Mavounzy et son saxophone attire les passionnés de jazz àla Brasserie Lorraine du centre-ville. Mais les vacances s'achèvent et Eddy Gustave doit reprendre ses
cours à Paris et rejoindre la formation au Triolet. Pour le patron du Mirador, c'est la consternation: «Si tu t'en va nous allons fermer; les clients le réclament. Je te propose de monter à Paris avec mon frère, de choisir des musiciens et de revenir avec eux. Tu seras le chef d'orchestre de ton propre groupe». La proposition est alléchante mais Eddy Gustave veut reprendre ses cours. Il repart à Paris accompagné du frère du patron, se rend à Pigalle, au rendez-vous des musiciens, et recrute le pianiste haïtien Maurice Thibault, pour une saison de trois mois. C'est ce dernier qui se charge de trouver les autres musiciens : le guitariste Vincent Riclère, le batteur Citet, la chanteuse Saïda. Malgré ses réticences, Eddy gustave est du voyage. Après quelques répétitions, ils se produisent le premier soir avec le répertoire qui a fait le succès d'Eddy Gustave. Mais les musiciens qui l'entourent sont non seulement plus âgés que lui, plus expérimentés, mais aussi techniquement meilleurs, notamment Maurice Thibault qui a fait le conservatoire et qui accompagnera par la suite des noms aussi prestigieux que Charles Trenet lorsqu'il chantera «
La Mer». Rappelé parfois à l'ordre par ses compagnons, Eddy perd de son assurance, pert aussi sa fougue et joue avec retenue. Maurice Thibault le reprend: «Tu joues bien, il te manque seulement du métier. Je peux te montrer les harmonies moyennant cinq francs par jour». Ce qu'Eddy Gustave accepte immédiatement. Mais le patron de la brasserie note son manque d'ardeur: «Ces musiciens ne te conviennent pas, il faut que tu changes» et Eddy de lui répondre: «Non, c'est moi qui ne leur conviens pas». Le patron lui propose alors de jouer ce dont il a envie, ce qu'il fera jusqu'à la fin de la saison. Eddy Gustave rejoint Paris et se rend de suite à l'école de musique Malesherbes. La chimie passe alors au second plan, bien qu'il travaille toujours au laboratoire Choay et Rousset. Le tromboniste Pierre Rassin lui propose à cette époque de l'accompagner lors d'une tournée au Zaïre. Pendant six mois, Eddy Gustave Le suivra à l'élranger, en compagnie de Barel Coppet à la clarinette, de Pierre Chonchon à la batterie, de Balthazar à la guitare. La tournée se fait en association avec un ballet espagnol de trente-deux danseurs, c'est un véritable musichall. Ce séjour captivera si bien Pierre Rassin qu'il restera au Zaïre pendant quelques années. C'est nanti d'une véritable expérience qu'Eddy Gustave rentre à Paris. Il est devenu un véritable musicien professionnel apprécié. Il se produit dans presque tous les casinos d'Europe et sur toute la côte normande: à Deauville avec le trompettiste Pierre Louiss, à Trouville, à Divonne-les Bains, à
la Baule avec son propre orchestre, à Saint-Aubin-sur-Mer avec le père et le fils Rabol (pianiste longtemps classique le père de Georges Rabol et Eddy Gustave ont aussi joué au Port du Salut, un cabaret de la rue Saint-Jacques La Canne à Sucre lui propose d'animer son cabaret. Pendant dix années, de 1966 à 1976, Eddy Gustave jouera clarinette ou saxophone pour des soirées «tropicales» mémorables. En 1974, il ouvre un magasin de disques, rue Vandame, dans le quatorzième arrondissement, sous le nom de Eddy Son. Cette même année, il enregistre son premier disque : «Cé l'anmou ka koumandé» dont les titres «Mérengué télé» et «Fanie» deviennent bien vite un succès passant sur les ondes de France-Inter. Le public écrit, demande qui est ce musicien. Il est l'invité de Patrice Blanc- Francart et de Bernard Lenoir qui décident d'une émission «antillaise» : Bananas, avec la complicité d'Eddy Gustave qui crée pour l'occasion, un orchestre qui circulera sur toute les plages de Métropole. Quatre cents lettres quo¬tidiennes viennent confirmer le succès de l'émission auprès des auditeurs à Patis). Le propriétaire de
Eddy Gustave décide, en 1978 de créer son propre label «Eddy Son» pour la production de la musique antillaise et un département musique africaine pour lequel il se rend très souvent sur le continent noir, à la recherche d'artistes qu'il se charge ensuite d'enregistrer. «Eddy Son» devient une véritable institution, jusqu'en 1985, avec de très gros succès tels que «A Miyo» interprété par la chanteuse Bébé Manga. Il a produit ainsi plus de cinq cents artistes, de Bébé Manga à Sylviane Cédia, en passant par tam d'autres, participant à la promotion des musique antillaises, guyanaises et africaines. Il en a d'ailleurs été récompensé, en Guadeloupe, en recevant une médaille d'or du Syndicat d'Initiative du département et de tous les musi¬ciens guadeloupéens, en Afrique aussi pour avoir été le promoteur de la musique africaine en Europe. «Si c'était à recommencer, dit aujourd'hui Eddy Gustave, je le ferais sans hésiter».
PS: En Savoir Plus,Lire la Suite-( Le Grand Livre des Musiciens Créoles Tome I de
Sully Cally)http://www.sully-cally.com/
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