NOU KA SONJÉ
Nou Ka Sonjé-Mona
Eugène Mona
Vign_hhhhhh
Eugène Mona

Georges Nilecam, dit Eugène Mona

Né : 13 Juillet 1943 – Décédé : 21 Septembre 1991
 
A L’état civil : Venus Eugène Nilécame, Né Ie 13 juillet 1943, fils de Solange Démar (Mère) et d'Anita Malfleury (Père). Nilécame serait Ie nom de son beau ­père qui l'aurait reconnu. II est d'abord connu ,comme Georges Nilécame.
Hypothèse: Le prénom George; pour rait être celui de son beau-père. 
 
Nom d'artiste : Eugène MONA (Eugène = bien né). Quitte Ie Vauclin a l'âge de 10 ans environ pour habiter a Fort-de-France (Morne Calebasse) après un court pas­ sage à Saint-Pierre.
 Après Ie service militare, va s'installer au Marigot (vers 22 ans… ).

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Les condoléances du Conseil général

« J'apprends avec consternation la nouvelle du brusque décès d'Eugène Mona. Avec Eugène Mona la”Martinique perd un de ses plus grands talents. Au nom du Conseil général et en mon nom personnel,j' exprime a ses proches et a la grande famille des artistes mes sentiments de condoléances attristées et de profonde sympathie».

Emile MAURICE. Président du Conseil général de la Martinique. 


Camille DARSIER à Eugène MONA adulé des foules. Adulé pour la raison très simple que les foules retrouvaient en lui, ou ressentaient en lui, les racines vigoureuses, pénétrantes et tentaculaires, qui sont autant les mâchoires que les fondations et les piliers du vrai pays martiniquais. . L'un des plus grands et des plus authentiques artistes et intellec­tuels du terroir, ce diable d'Eugène MONA, dont la plante des pieds nus, dont la flûte, dont Ie «vocal» transportaient, partout solidaires de lui, la petite patrie martiniquaise forgée et montée dans la sueur et par l' effort nègre. Du nègre. assé­nant à la face du monde «qu'aucune race ne possède Ie monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force »,), assenant au monde, a sa manière aussi, qu'«il est place pour tous au rendez-vous de la conquête». Eugène MONA, confirmant par ce «vocal», par cette flûte, par ces pieds nus, Ie constat et la prophé­tie de Césaire que, quoiqu'on ait pu faire pour Ie conduire a la trappe, Ie nègre est demeure et demeurera «inattendument ­ debout». Merci MONA. De tout coeur, merci. UN merci tout particulier au nom du P.P.M, a toi qui, si souvent as accepte d'animer les Fêtes du Parti. La terre martiniquaise te sera douce et légère parce qu’elle sait être douce et légère à ceux qui l’ont durablement fécondée. In Ie Progressiste 1311
Camille DARSSIER

Eugène MONA a parfois été mal compris. II était mystérieux aux yeux de certains. Malgré tout et comme tous les mystères de la vie il savait nous parler, et, plus encore parler a notre place. Quelque part chaque Martiniquais, Antillais, Créole avait compris ou ressenti Ie langage que l'on appelait «Monaesque».
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Eugène MONA Musicien (MARTINIQUE) Né au Vauclin, au sud de la Martinique, Eugène MONA apprend la musique auprès de son père accordéoniste, tout en s'initiant au chant et à la danse. Révélé en 1968 lors d'un concours de chanson créole, MONA s’engage, dès le début de sa carrière, sur le chemin de la musique traditionnelle, héritée des campagnes martiniquaises. En 1973, son premier album BWA BRILÉ, rencontre un grand succès auprès des médias et du public. Son succès grandira au fil des ans auprès d’un public multi-générationnel qui reconnaissait en MONA le digne successeur de tous les piliers de la musique traditionnelle martiniquaise : Ti-Emile, Vava, Didi, auprès desquels il avait beaucoup appris. C’est auprès de Max CILLA, qui perfectionne son maniement de la flûte. L’originalité de sa musique réside en une rencontre créative entre le chœur poly-rythmique des percussions traditionnelles (tanbou bèlè, tanboudibas, tibwa, chacha, triangle), et les instruments mélodiques modernes tels que la basse, la guitare ou le clavier. Cette orchestration nouvelle des instruments traditionnels, alliée aux apports modernes, donnaient à la musique de MONA un style unique. Il accordait également les rythmes martiniquais de la biguine, de la mazurka, du bèlè, à ceux de la Caraïbe, comme le calypso, et même de l'Amérique, comme le blues, ou le negro-spiritual. Ce mariage s’entend nettement sur son dernier album “Blan Manjé” (1990). Les paroles de ses chansons font également sa force : ses textes sont autant de messages qui veulent « provoquer la réflexion chez les auditeurs, les informer, et les édifier » (Dominique CYRILLE, Maestro Créole). Les chansons de MONA se nourrissent de beaucoup d’images et de paraboles, et sont rarement à prendre au premier degré. C’est au-delà de ses mots qu’il faut creuser, pour arriver à la source du vrai message qu’il voulait transmettre. Certains thèmes l’inspirent particulièrement : la défense du patrimoine (Tanbou séryé, Mango vè-a), la dénonciation des injustices (ralé ralé’y, bwa brilé, bibon dachine, yo lé’w touni an tèt, misyé kriminel, pa touché lou-a, etc.), la satire sociale ou politique (mi mwen mi ou, ma maman m’a dit, mi bach, etc.) Homme de foi, MONA exprimait souvent dans ses chansons sa quête de spiritualité, en replaçant l’homme face à sa propre nature, face à la Nature, à la vie, à la Lumière (Tant pis pour moi, Agoulou sé lanmò, Energie vibration positive, Oui je finirai, etc.) “Je me situe comme un homme à la recherche de lui-même, comme un homme qui doit gravir la montagne qu'il est lui même, qui doit aller beaucoup plus loin que le sommet. Toutes les embûches que je peux rencontrer fortifient mon âme, mon corps.” Eugène MONA La quête spirituelle, liée à un contact rapproché avec la Nature, occupait une grande partie de sa vie. Avec son ami musicien Pierre-Louis MICHALON, il consacrait de longs moments à la méditation et à la prière. Chanter, jouer, étaient pour lui une mission sacrée et divine. Il puisait son énergie de la Terre qu’il vénérait tant qu’il refusait de porter des chaussures (d'où son surnom de l'homme aux pieds nus). Sur scène MONA était un vrai phénomène. Il avait une présence exceptionnelle, presque magnétique. Il se préparait physiquement et spirituellement plusieurs jours avant ses spectacles, faisait du sport avec ses musiciens, priait et méditait beaucoup, en restant en contact direct avec la nature. “Quand je monte sur un podium, sé mo obyen viv » disait-il, « Fòk ou rèd épi kò'w !”. Il fit quelques apparitions au cinéma, tantôt en tant que comédien (dans La rue Cases-nègres d’Euzhan PALCY), tantôt en tant que compositeur. Après 7 ans d'absence et de silence, MONA revient sur la scène musicale en 1990 avec un 10ème album longuement mûri pendant sa retraite : “Blan manjé”. On y retrouve cette même pulsation des percussions, avec de nouveaux apports blues, africains et caraïbes, mais aussi au-delà des mots, le blues de l’homme qui a traversé des expériences de vie difficiles. “Chaque mélodie doit être un voyage dans une contrée différente (…). Je suis un enfant du Marigot, qui veut toucher à l'universel… C'est possible, non ?” disait-il. Samedi 21 septembre 1991, Eugène MONA meurt terrassé par une congestion cérébrale, après une altercation qui l'a opposé à un voisin : “Le matin du 21 septembre, le chanteur au pieds nus (…) conduisait (…) une amie à l'hôpital, quand il traversa le terrain d'un voisin qui l'a mal pris. Eugène Mona aussi, qui s'énerve. Pour la dernière fois” (Libération). En apprenant la nouvelle, la Martinique est stupéfaite et pleure MONA comme un héros perdu. Ses obsèques bloquent la Martinique du Marigot au Vauclin en passant par Fort-de-France pendant plusieurs heures. Un cortège de tambours et de flûtes accompagne la procession. Dans des veillées mortuaires, le pays entier pleure son nègre authentique disparu, avec son dernier refrain en tête : “Lé moniman yo ké ritapé yo, lé èstati yo ké déplasé yo, An tjè félé pa fasil pou djéri, mé sa ki sav sav, sa ki pa sav pa sav…” Discographie : TI BOUCHON, 1976 MI BACH / DOUDOU MÉNARD, 1978 TI MILO / MI MOIN MI OU, 1980 MA MAMAN M'A DIT,1981 PA FE LANG FO, 1984 TANBOU SERYE, 1985 TÉMOIGNAGE, 1986 BLAN MANJE (Prix de la Sacem), 1990 Récompenses : 1975 : Disque d'argent Martinique w 1976 : Festival Carifesta en Jamaïque w 1978 : Festival Mondial de la Jeunesse à Cuba w 1979 : Tournée inter-Amérique w 1980 : Grand Prix Maracas d'Or à Paris w 1982 : Grand concert à la Mutualité à Paris w 1990 : Prix SACEM Documentation : - Dominique CYRILLE, Louis-José LANCRY, Mona Maestro Creole, collection Sim'Ekol, 1999 - Antilla, n°453, sept. 1991 - Karibèl, spécial MONA, n°2, 1991 - Dossier de presse d'Eugène MONA

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EUGÈNE MONA à jamais dans les mémoires


Melinda Boulai France-Antilles Martinique 21.09.2009

Félix Fleury, musicien et ami du chanteur, garde précieusement en tête les souvenirs qui le lient à jamais à Mona. Samedi 21 septembre 1991, EUGÈNE MONA à jamais dans les mémoires Melinda Boulai France-Antilles Martinique 21.09.2009
Félix leury, musicien et ami du chanteur, garde précieusement en tête les souvenirs qui le lient à jamais à Mona. Samedi 21 septembre 1991, Georges Nilecam, dit Eugène Mona, laissait la Martinique orpheline. Dix-huit ans plus tard, l'homme est plus que jamais présent dans les mémoires, comme s'il s'était juste absenté…

C'est un bonhomme qui sait attirer les gens. Son rire porte à 200 mètres au moins. Le son de sa flûte en bambou nous plonge en communion avec la nature qu'il aime tant. Quant à ses textes, ils nous captivent, nous font frémir, nous retournent les tripes, nous poussent à la réflexion, le tout sublimé par sa voix venue des mornes, une voix qui sait capter l'attention, qui sait transmettre de l'émotion. Sur scène, l'homme vit sa musique, il est en symbiose avec les éléments… Voilà ce qu'inspire Eugène Mona.

Dix-huit ans après sa mort, ceux qui l'ont connu, parlent encore de lui au présent, comme si Eugène ne les avait jamais quittés. Les yeux brillants, Félix Fleury musicien et ami du chanteur aux pieds nus, garde précieusement en tête les souvenirs qui le lient à jamais à Mona : « Ne me demandez pas comment, mais il m'a entraîné dans son sillage et j'ai intégré son groupe. Il avait beaucoup de rigueur dans son travail. Il nous faisait faire quinze tours de piste sur le terrain de football pour nous pré parer avant les concerts. « Fok ou red épi kow » , disait-il » , se remémore Félix Fleury.

« Il voulait monter un big band pour sillonner le monde »

Pour cet ami de l'artiste, les anecdotes pullulent : « Un jour, Bruno Coquatrix, le directeur de l'Olympia, est venu en Martinique voir Mona et lui dire : « Je vous veux à l'Olympia » . Mona a rigolé et a répondu : Non. C'est à moi de faire cette démarche, je ne suis pas prêt » . Il était comme cela… » , soupire t-il. « Un homme sûr de lui qui savait où il allait et ce qu'il voulait. Ce qu'il souhaitait, c'était monter un big band pour sillonner le monde et faire découvrir la musique martiniquaise » , confie Félix Fleury. Un projet qui ne verra jamais le jour. Le 21 septembre 1991, alors que la Martinique s'éveillait à peine, nous apprenions que « Misyé Mona » , victime d'une congestion cérébrale, tirait définitivement sa révérence.

Plus qu'un simple artiste, Eugène Mona est, et restera, un symbole, un référent pour plusieurs générations. Il aura marqué le pays par son charisme, sa personnalité, son originalité, et son avant-gardisme.

Toujours nus pieds, il refusait de se soumettre aux conventions préférant le contact avec la nature. Cette nature qu'il chérissait tant, dans laquelle il puisait son inspiration pour offrir au public des textes forts sur la défense du patrimoine : « Tanbou séryé » , « Mango vè-a » , la dénonciation des injustices « Bwa brilé » , « Bibon dachine » , « Yo lé'w touni an tèt » , la satire sociale ou politique : « Mi mwen mi ou » , « Ma maman m'a dit » …

Des textes qui, dix-huit ans plus tard, gardent encore tous leur sens. Incontestablement, Mona a su par son génie, sa musique, sa simplicité marquer à tout jamais l'histoire, et le coeur des Martiniquais.

, dit Eugène Mona, laissait la Martinique orpheline. Dix-huit ans plus tard, l'homme est plus que jamais présent dans les mémoires, comme s'il s'était juste absenté…

C'est un bonhomme qui sait attirer les gens. Son rire porte à 200 mètres au moins. Le son de sa flûte en bambou nous plonge en communion avec la nature qu'il aime tant. Quant à ses textes, ils nous captivent, nous font frémir, nous retournent les tripes, nous poussent à la réflexion, le tout sublimé par sa voix venue des mornes, une voix qui sait capter l'attention, qui sait transmettre de l'émotion. Sur scène, l'homme vit sa musique, il est en symbiose avec les éléments… Voilà ce qu'inspire Eugène Mona. Dix-huit ans après sa mort, ceux qui l'ont connu, parlent encore de lui au présent, comme si Eugène ne les avait jamais quittés. Les yeux brillants, Félix Fleury musicien et ami du chanteur aux pieds nus, garde précieusement en tête les souvenirs qui le lient à jamais à Mona : « Ne me demandez pas comment, mais il m'a entraîné dans son sillage et j'ai intégré son groupe. Il avait beaucoup de rigueur dans son travail. Il nous faisait faire quinze tours de piste sur le terrain de football pour nous pré parer avant les concerts. « Fok ou red épi kow » , disait-il » , se remémore Félix Fleury. « Il voulait monter un big band pour sillonner le monde » Pour cet ami de l'artiste, les anecdotes pullulent : « Un jour, Bruno Coquatrix, le directeur de l'Olympia, est venu en Martinique voir Mona et lui dire : « Je vous veux à l'Olympia » . Mona a rigolé et a répondu : Non. C'est à moi de faire cette démarche, je ne suis pas prêt » . Il était comme cela… » , soupire t-il. « Un homme sûr de lui qui savait où il allait et ce qu'il voulait. Ce qu'il souhaitait, c'était monter un big band pour sillonner le monde et faire découvrir la musique martiniquaise » , confie Félix Fleury. Un projet qui ne verra jamais le jour. Le 21 septembre 1991, alors que la Martinique s'éveillait à peine, nous apprenions que « Misyé Mona » , victime d'une congestion cérébrale, tirait définitivement sa révérence.
Plus qu'un simple artiste, Eugène Mona est, et restera, un symbole, un référent pour plusieurs générations. Il aura marqué le pays par son charisme, sa personnalité, son originalité, et son avant-gardisme. Toujours nus pieds, il refusait de se soumettre aux conventions préférant le contact avec la nature. Cette nature qu'il chérissait tant, dans laquelle il puisait son inspiration pour offrir au public des textes forts sur la défense du patrimoine : « Tanbou séryé » , « Mango vè-a » , la dénonciation des injustices « Bwa brilé » , « Bibon dachine » , « Yo lé'w touni an tèt » , la satire sociale ou politique : « Mi mwen mi ou » , « Ma maman m'a dit » …


Des textes qui, dix-huit ans plus tard, gardent encore tous leur sens. Incontestablement, Mona a su par son génie, sa musique, sa simplicité marquer à tout jamais l'histoire, et le coeur des Martiniquais.

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Eugène MONA
Musicien (MARTINIQUE)Né au Vauclin, au sud de la Martinique, Eugène MONA apprend la musique auprès de son père accordéoniste, tout en s'initiant au chant et à la danse.
Révélé en 1968 lors d'un concours de chanson créole, MONA s’engage, dès le début de sa carrière, sur le chemin de la musique traditionnelle, héritée des campagnes martiniquaises.
En 1973, son premier album BWA BRILÉ, rencontre un grand succès auprès des médias et du public.
Son succès grandira au fil des ans auprès d’un public multi-générationnel qui reconnaissait en MONA le digne successeur de tous les piliers de la musique traditionnelle martiniquaise : Ti-Emile, Vava, Didi, auprès desquels il avait beaucoup appris. C’est auprès de Max CILLA, qui perfectionne son maniement de la flûte. L’originalité de sa musique réside en une rencontre créative entre le chœur poly-rythmique des percussions traditionnelles (tanbou bèlè, tanboudibas, tibwa, chacha, triangle), et les instruments mélodiques modernes tels que la basse, la guitare ou le clavier. Cette orchestration nouvelle des instruments traditionnels, alliée aux apports modernes, donnaient à la musique de MONA un style unique.
Il accordait également les rythmes martiniquais de la biguine, de la mazurka, du bèlè, à ceux de la Caraïbe, comme le calypso, et même de l'Amérique, comme le blues, ou le negro-spiritual. Ce mariage s’entend nettement sur son dernier album “Blan Manjé” (1990).
Les paroles de ses chansons font également sa force : ses textes sont autant de messages qui veulent « provoquer la réflexion chez les auditeurs, les informer, et les édifier » (Dominique CYRILLE, Maestro Créole).
Les chansons de MONA se nourrissent de beaucoup d’images et de paraboles, et sont rarement à prendre au premier degré. C’est au-delà de ses mots qu’il faut creuser, pour arriver à la source du vrai message qu’il voulait transmettre. Certains thèmes l’inspirent particulièrement : la défense du patrimoine (Tanbou séryé, Mango vè-a), la dénonciation des injustices (ralé ralé’y, bwa brilé, bibon dachine, yo lé’w touni an tèt, misyé kriminel, pa touché lou-a, etc.), la satire sociale ou politique (mi mwen mi ou, ma maman m’a dit, mi bach, etc.)
Homme de foi, MONA exprimait souvent dans ses chansons sa quête de spiritualité, en replaçant l’homme face à sa propre nature, face à la Nature, à la vie, à la Lumière (Tant pis pour moi, Agoulou sé lanmò, Energie vibration positive, Oui je finirai, etc.) “Je me situe comme un homme à la recherche de lui-même, comme un homme qui doit gravir la montagne qu'il est lui même, qui doit aller beaucoup plus loin que le sommet. Toutes les embûches que je peux rencontrer fortifient mon âme, mon corps.” Eugène MONA La quête spirituelle, liée à un contact rapproché avec la Nature, occupait une grande partie de sa vie. Avec son ami musicien Pierre-Louis MICHALON, il consacrait de longs moments à la méditation et à la prière. Chanter, jouer, étaient pour lui une mission sacrée et divine. Il puisait son énergie de la Terre qu’il vénérait tant qu’il refusait de porter des chaussures (d'où son surnom de l'homme aux pieds nus). Sur scène MONA était un vrai phénomène. Il avait une présence exceptionnelle, presque magnétique. Il se préparait physiquement et spirituellement plusieurs jours avant ses spectacles, faisait du sport avec ses musiciens, priait et méditait beaucoup, en restant en contact direct avec la nature.
“Quand je monte sur un podium, sé mo obyen viv » disait-il, « Fòk ou rèd épi kò'w !”. Il fit quelques apparitions au cinéma, tantôt en tant que comédien (dans La rue Cases-nègres d’Euzhan PALCY), tantôt en tant que compositeur. Après 7 ans d'absence et de silence, MONA revient sur la scène musicale en 1990 avec un 10ème album longuement mûri pendant sa retraite : “Blan manjé”. On y retrouve cette même pulsation des percussions, avec de nouveaux apports blues, africains et caraïbes, mais aussi au-delà des mots, le blues de l’homme qui a traversé des expériences de vie difficiles. “Chaque mélodie doit être un voyage dans une contrée différente (…). Je suis un enfant du Marigot, qui veut toucher à l'universel… C'est possible, non ?” disait-il. Samedi 21 septembre 1991, Eugène MONA meurt terrassé par une congestion cérébrale, après une altercation qui l'a opposé à un voisin : “Le matin du 21 septembre, le chanteur au pieds nus (…) conduisait (…) une amie à l'hôpital, quand il traversa le terrain d'un voisin qui l'a mal pris. Eugène Mona aussi, qui s'énerve. Pour la dernière fois” (Libération). En apprenant la nouvelle, la Martinique est stupéfaite et pleure MONA comme un héros perdu. Ses obsèques bloquent la Martinique du Marigot au Vauclin en passant par Fort-de-France pendant plusieurs heures. Un cortège de tambours et de flûtes accompagne la procession. Dans des veillées mortuaires, le pays entier pleure son nègre authentique disparu, avec son dernier refrain en tête : “Lé moniman yo ké ritapé yo, lé èstati yo ké déplasé yo, An tjè félé pa fasil pou djéri, mé sa ki sav sav, sa ki pa sav pa sav…” Discographie :
TI BOUCHON, 1976
MI BACH / DOUDOU MÉNARD, 1978
TI MILO / MI MOIN MI OU, 1980
MA MAMAN M'A DIT,1981
PA FE LANG FO, 1984
TANBOU SERYE, 1985
TÉMOIGNAGE, 1986
BLAN MANJE (Prix de la Sacem), 1990 Récompenses :
1975 : Disque d'argent Martinique w 1976 : Festival Carifesta en Jamaïque w 1978 : Festival Mondial de la Jeunesse à Cuba w 1979 : Tournée inter-Amérique w 1980 : Grand Prix Maracas d'Or à Paris w 1982 : Grand concert à la Mutualité à Paris w 1990 : Prix SACEM


Documentation :
- Dominique CYRILLE, Louis-José LANCRY, Mona Maestro Creole, collection Sim'Ekol, 1999
- Antilla, n°453, sept. 1991
- Karibèl, spécial MONA, n°2, 1991
- Dossier de presse d'Eugène MONA

 
 
 
 
 
 
KARIBEL MAGAZINE N.2
 
Vign_22
Eugène MONA
Musicien (MARTINIQUE)

Né au Vauclin, au sud de la Martinique, Eugène MONA apprend la musique auprès de son père accordéoniste, tout en s'initiant au chant et à la danse.
Révélé en 1968 lors d'un concours de chanson créole, MONA s’engage, dès le début de sa carrière, sur le chemin de la musique traditionnelle, héritée des campagnes martiniquaises.
En 1973, son premier album BWA BRILÉ, rencontre un grand succès auprès des médias et du public.
Son succès grandira au fil des ans auprès d’un public multi-générationnel qui reconnaissait en MONA le digne successeur de tous les piliers de la musique traditionnelle martiniquaise : Ti-Emile, Vava, Didi, auprès desquels il avait beaucoup appris. C’est auprès de Max CILLA, qui
 
perfectionne son maniement de la flûte.
L’originalité de sa musique réside en une rencontre créative entre le chœur poly-rythmique des percussions traditionnelles (tanbou bèlè, tanboudibas, tibwa, chacha, triangle), et les instruments mélodiques modernes tels que la basse, la guitare ou le clavier. Cette orchestration nouvelle des instruments traditionnels, alliée aux apports modernes, donnaient à la musique de MONA un style unique.
Il accordait également les rythmes martiniquais de la biguine, de la mazurka, du bèlè, à ceux de la Caraïbe, comme le calypso, et même de l'Amérique, comme le blues, ou le negro-spiritual. Ce mariage s’entend nettement sur son dernier album "Blan Manjé" (1990).
Les paroles de ses chansons font également sa force : ses textes sont autant de messages qui veulent « provoquer la réflexion chez les auditeurs, les informer, et les édifier » (Dominique CYRILLE, Maestro Créole).
Les chansons de MONA se nourrissent de beaucoup d’images et de paraboles, et sont rarement à prendre au premier degré. C’est au-delà de ses mots qu’il faut creuser, pour arriver à la source du vrai message qu’il voulait transmettre.

Certains thèmes l’inspirent particulièrement : la défense du patrimoine (Tanbou séryé, Mango vè-a), la dénonciation des injustices (ralé ralé’y, bwa brilé, bibon dachine, yo lé’w touni an tèt, misyé kriminel, pa touché lou-a, etc.), la satire sociale ou politique (mi mwen mi ou, ma maman m’a dit, mi bach, etc.)
Homme de foi, MONA exprimait souvent dans ses chansons sa quête de spiritualité, en replaçant l’homme face à sa propre nature, face à la Nature, à la vie, à la Lumière (Tant pis pour moi, Agoulou sé lanmò, Energie vibration positive, Oui je finirai, etc.)

"Je me situe comme un homme à la recherche de lui-même, comme un homme qui doit gravir la montagne qu'il est lui même, qui doit aller beaucoup plus loin que le sommet. Toutes les embûches que je peux rencontrer fortifient mon âme, mon corps." Eugène MONA

La quête spirituelle, liée à un contact rapproché avec la Nature, occupait une grande partie de sa vie. Avec son ami musicien Pierre-Louis MICHALON, il consacrait de longs moments à la méditation et à la prière. Chanter, jouer, étaient pour lui une mission sacrée et divine. Il puisait son énergie de la Terre qu’il vénérait tant qu’il refusait de porter des chaussures (d'où son surnom de l'homme aux pieds nus).

Sur scène MONA était un vrai phénomène. Il avait une présence exceptionnelle, presque magnétique. Il se préparait physiquement et spirituellement plusieurs jours avant ses spectacles, faisait du sport avec ses musiciens, priait et méditait beaucoup, en restant en contact direct avec la nature.
"Quand je monte sur un podium, sé mo obyen viv » disait-il, « Fòk ou rèd épi kò'w !".

Il fit quelques apparitions au cinéma, tantôt en tant que comédien (dans La rue Cases-nègres d’Euzhan PALCY), tantôt en tant que compositeur.

Après 7 ans d'absence et de silence, MONA revient sur la scène musicale en 1990 avec un 10ème album longuement mûri pendant sa retraite : "Blan manjé". On y retrouve cette même pulsation des percussions, avec de nouveaux apports blues, africains et caraïbes, mais aussi au-delà des mots, le blues de l’homme qui a traversé des expériences de vie difficiles.

"Chaque mélodie doit être un voyage dans une contrée différente (…). Je suis un enfant du Marigot, qui veut toucher à l'universel… C'est possible, non ?" disait-il.

Samedi 21 septembre 1991, Eugène MONA meurt terrassé par une congestion cérébrale, après une altercation qui l'a opposé à un voisin : "Le matin du 21 septembre, le chanteur au pieds nus (…) conduisait (…) une amie à l'hôpital, quand il traversa le terrain d'un voisin qui l'a mal pris. Eugène Mona aussi, qui s'énerve. Pour la dernière fois" (Libération).

En apprenant la nouvelle, la Martinique est stupéfaite et pleure MONA comme un héros perdu. Ses obsèques bloquent la Martinique du Marigot au Vauclin en passant par Fort-de-France pendant plusieurs heures. Un cortège de tambours et de flûtes accompagne la procession. Dans des veillées mortuaires, le pays entier pleure son nègre authentique disparu, avec son dernier refrain en tête : "Lé moniman yo ké ritapé yo, lé èstati yo ké déplasé yo, An tjè félé pa fasil pou djéri, mé sa ki sav sav, sa ki pa sav pa sav…"

Discographie :
TI BOUCHON, 1976
MI BACH / DOUDOU MÉNARD, 1978
TI MILO / MI MOIN MI OU, 1980
MA MAMAN M'A DIT,1981
PA FE LANG FO, 1984
TANBOU SERYE, 1985
TÉMOIGNAGE, 1986
BLAN MANJE (Prix de la Sacem), 1990

Récompenses :
1975 : Disque d'argent Martinique w 1976 : Festival Carifesta en Jamaïque w 1978 : Festival Mondial de la Jeunesse à Cuba w 1979 : Tournée inter-Amérique w 1980 : Grand Prix Maracas d'Or à Paris w 1982 : Grand concert à la Mutualité à Paris w 1990 : Prix SACEM

Documentation :
- Dominique CYRILLE, Louis-José LANCRY, Mona Maestro Creole, collection Sim'Ekol, 1999
- Antilla, n°453, sept. 1991
- Karibèl, spécial MONA, n°2, 1991
- Dossier de presse d'Eugène MONA

POUR EN SAVOIR PLUS
     CLIQUE ICI
http://www.acaga.net/artistes/html/mona.html

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Vign_ok-merci
Mona, c 'était le jouet personnel de chaque Martiniquais, personne ne pensait qu 'on pouvait le perdre ». (Pierre-Louis Michalon, ami et musicien d'Eugène Mona)


Le samedi 21 septembre 1991, à l'âge de 48 ans disparaissait brutalement, Eugène Mona. La Martinique semblait ce jour-là, avoir perdu la voix. Né Georges Nilécam, « le chanteur aux pieds nus », «l'homme à la flûte de bambou », est sans doute, l'artiste qui, en cette fin de siècle a le plus imprégné le peuple martiniquais.

Pierre-Louis Michalon, 47 ans, un des ses amis de jeunesse, qui l'a accompagné pendant toute sa carrière, comme choriste et joueur de Tambou di bass, nous livre quelques témoignages sur la puissance artistique et physique de celui que l'on surnommait dans sa jeunesse au Marigot: « Solo », « Bilo » ou encore « De Gaulle

« I TOUJOU TE KA MÂCHE EPI AN TOUTOUNE BANBOU »


« La première fois que je l'ai vu, c'était près du cinéma Rex au Marigot. Les jeunes s'y rassemblaient. Je savais qu'il travaillait chez un béké comme apprenti ébéniste. A l'époque j'avais un « Solex ». Je l'ai abordé en lui demandant : « Ou sé jan koté ? » Il m'a répondu Mani sé jan tout patou. » je lui ai payé un sandwich au saucisson et une carte de cinéma. A la MJC, nous avions un petit groupe de danses traditionnelles « Les Alizés » formé notamment de Marceau Chéry et Félix Fleury et que Mme Marie-flore Renard dirigeait.

Quand Mona est arrivé le premier jour, elle lui a demandé : « Qu'est-ce que tu sais faire ? ». Il a rien dit et puis, il s'est mis à chanter. Mme Renard était estomaquée. Elle lui a donné quelques cours et puis l'a adressé à Mr Aubéry pour des cours de flûte et de chant. Il avait toujours « an toutoune bambou » (flûte en bambou), avec lui. Quelque temps après, Mona avait laissé l'ébénisterie pour travailler sur l'habitation où il a couvert la souffrance et la misère de la banane. Il continuait à jouer avec des amis comme Mano Versin, Paul Rastocle, Jean Lauretta, Emilien Darsia....

Alors que Marceau et moi, on préférait courir les filles, il m'arrêta un jour sur le terrain et me dit « Fréro, (il m 'appelait par ce surnom), nou ka joué Bambou Hôtel samdi, fok zot là! ». Le samedi nous partîmes du Marigot pour les Trois-Ilets en Solex. C'est la première fois, que j' ai véritablement joué avec le groupe... laquo



UN ENVOYE DE DIEU

Je crois que Mona était un homme que Dieu a envoyé pour le peuple martiniquais. Beaucoup, ne comprenaient pas ses paroles et se contentaient de prendre la vibration. Aujourd'hui, ils retournent aux paroles. Au début Mona n'a jamais été un spirituel qui priait tout le temps. Moi, au contraire, je le traînais à la messe. Et puis à un moment, il s'est décidé à chercher si Dieu existe ? Il est passé par plusieurs expériences religieuses et au plus fort moment de sa popularité, il a choisi le rastafarisme.

Il en est revenu quand les gendarmes ont découvert 60 pieds de cannabis qu'on avait déposé devant chez lui. Il a été dégoûté par ce complot. Le lendemain, c'est moi qui lui ai rasé sa tête en lui disant: « Si ou rasta, té an têt ou sa yé, sé pa an locks! » Il est resté deux mois avec un bakoua vissé sur sa tête.

« FOK OU RED EPI KO'W! »

Rien ne lui faisait rien. Il est né avec tout son corps tanné. Il prenait un tison avec sa main. A la montagne alors que j'avais un pull, il enlevait sa chemise pour chanter. Quand nous mangions un plat, il en prenait trois. Des fois, alors qu'il y avait des lits, il ouvrait une serviette sur le ciment et il se couchait. Au début du groupe, avant l'entraînement de musique, il nous faisait faire des tours de pistes sur le terrain de football. Quand on s'arrêtait, il continuait encore trois tours. Quand il voyait qu'on le regardait, il disait simplement: « Fok ou red épi ko 'w!.

C'est notre héritage. Agée de 38 ans, Julie a passé toute son enfance au Marigot puis plusieurs années à Paris avant de revenir dans sa commune natale, se souvient de ce « male boug. » « Je devais avoir 10 ans quand je le vis pour la première fois chez mes parents. L'intonation de sa voix et son rire m'impressionnaient. Je les entendais s 'entraîner chez Mme Lauretta mais cela ne m 'inspirait pas grand chose. J'ai été vraiment marquée par le chanteur quand j'ai été le voir bien plus tard dans une salle à Paris en juin 1983.

J'étais fière et je ne pensais pas que le Marigot pouvait avoir un artsite de cette trempe. Après le spectacle j'ai été me faire reconnaître. Il était dehors, et en plein hiver avec une petite chemise à cocotiers... Je crois que sa mort a créé le vide. J'ai participé aux différentes commémorations et depuis 1996 nous travaillons au service culturel de la commune, au projet d'un mémorial et d'un festival de la flûte. Beaucoup ont dit qu 'on ne l'avait pas assez reconnu de son vivant. Mais, je crois que c'est à la postérité de donner toute sa dimension à un artiste.

Pourquoi Mona? Le nom véritable d'Eugène Mona est Georges Nilecam. Pendant son apprentissage de l'ébénisterie, il fit la connaissance d'une femme qui était chez le béké. Cette dernière avait des enfants avec un monsieur Mona du quartier Plate-Forme au Marigot. Dans la commune, cette aventure se sut et les amis pour l'embêter l'appelaient Mona. Un nom qu'il mit à profit pour la postérité.

Pendant plusieurs mois après la mort de Mona, j' ai été harcelé de coups de téléphone de personnes me demandant de commenter pour eux telle ou telle parole qu'ils ne comprenaient pas. C 'était tellement envahissant que j'ai dû changer de numéro de téléphone.


Mais à partir de ce moment j'ai pensé qu'il fallait vraiment se remettre à travailler sur les textes de Mona et avec Duguet, nous avons monté une pièce qui s'appelle : Mon'la wo et qui devrait répondre à l'attente des Martiniquais (Propos de Pierre-Louis Michalon ami et musicien d'Eugène Mona.

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Interview de Max Mona
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Interview de Max Mona, football devenu musicien, par la force des choses.

"Mona a laissé une empreinte sur la Martinique"

Le fils d’Eugène Mona doit se faire un chemin et porter l’héritage de son père décédé en septembre 1991 à l’âge de 38 ans. Introduit en star sur la scène du Zénith, tout de blanc vêtu et les pieds nus à l’image des paysans de son ile, Max Mona, 36 ans, a marqué les esprits par le timbre de sa voix. Mais pour celui qui a commencé la musique, il y a seulement trois ans, du chemin reste à faire malgré un début prometteur.

Il y a quelques années vous étiez un footeux, aujourd’hui vous êtes sur la scène du Zénith. Qu’avez-vous éprouvé, vous le fils du maitre des flûtes des mornes ?

Cela fait bizarre de se retrouver là. Mais les choses arrivent comme elles doivent arriver et je ne me pose pas de questions. On m’a demandé de venir pour participer une fois de plus au concept « Eritaj Mona ». J’ai accepté. Ça change, le son est en place, les gens sont venus avec une bonne énergie. C’est impeccable. Sé son péyi là.

Vous arrivez sur scène en prolongeant la voix de votre père, qu’est ce que ca vous fait ?

C’est grâce à lui que je suis là. Ça marque. C’est un héritage qui donne beaucoup de responsabilités. Moi, je suis de passage sur terre, je ferai du mieux que je peux pour mettre ma pierre à l’édifice et porter son nom encore plus haut. Je suis monté sur la scène pour valoriser sa musique. J’espère qu’un jour je deviendrai aussi grand que lui.

Qu’est ce que votre père vous a légué ?

Le naturel, rester soi-même, avoir des ambitions, souffrir pour avancer.

Au décès de votre père vous aviez seize ans. De quoi vous souvenez-vous de sa vie ?

Avec le recul, je vois qu’on aurait jamais pu penser que son nom serait resté gravé dans la mémoire collective des gens. Il a laissé une empreinte sur la Martinique, les Antilles, les gens d’outre atlantique qui vivent en métropole. En le regardant, ils ne comprenaient pas. C’est peut-être maintenant, en cette vingtième année de sa disparition, qu’on a compris certaine chose. On va continuer à comprendre ses message et pourquoi qu’il était ainsi. Je crois qu’il était investi d’une mission. Il a donné son âme à la musique. C’est normal que plusieurs générations soient marquées par ça. On se souviendra toujours de Mona dans un coin de sa tête.

Quelle image vous reste-t-il de lui ?

Une fois, il s’amusait avec moi et il m’a fait mal et je me suis mis à pleurer. Et c’est avec son crachat qu’il m’a soigné... Etant tout petit, j’ai appris à jouer de la batterie et j’ai vite déchanté. Aujourd’hui ce n’est pas un hasard si je fais de la musique. J’ai 36 ans, j’ai envie de m’investir. Les souvenirs des souffrances de mon père ne m’ont pas donné une bonne image. Je disais si souffrir pour quelque chose doit donner ça et bien autant ne pas faire de musique. Et voilà, la musique m’a rattrapé, elle est en moi, elle est là. Je veux m’exprimer et donner, comme il a donné à la Martinique.

Propos recueillis par Alfred Jocksan (agence de presse GHM)

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