NOU KA SONJÉ
Roger LISE
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Roger LISE


Roger Lise, pilote du port de Fort de France, pilotin d'origine, candidat UNR est élu maire de Case Pilote en 1965.
Réelu maire en 1971, puis en 1977.
Devient sénateur en 1980
En 1983 il abandonne la mairie à son adjoint Frantz BEROSE.

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INAUGURATION DE L'ESPLANADE GASTON MONNERVILLE
Mardi 5 septembre 2006
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Discours prononcé par M. Roger LISE,
Président de la Société des Amis du Président Gaston Monnerville




Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Maire de Paris,
Monsieur le Maire du VIe arrondissement,
Mesdames, Messieurs,



Lorsque Gaston MONNERVILLE nous a quittés le 7 novembre 1991, l'idée s'est tout de suite imposée : la disparition de l'ancien Président du Sénat ne devait pas entraîner la fin de son influence morale. Aussitôt un très grand nombre de personnalités, dont beaucoup de sénateurs, ont institué une « association du souvenir », dont le but est de rappeler la vie de ce grand homme, afin de les présenter en exemple à la jeunesse de France et tout particulièrement à la jeunesse de l'outre mer.

La SOCIETE DES AMIS DU PRESIDENT GASTON MONNERVILLE ayant bien voulu me porter à sa présidence, c'est en son nom que je prends la parole, puisque l'inauguration de ce jour résulte très largement d'initiatives et d'efforts inlassables de tout un chacun, durant plus de 12 ans, et, pour satisfaire à la vérité, je dirai qu'il faut les mettre principalement à notre actif, mais également à celui d'autres associations, telle le COLLECTIF de Patrice KARAM.




Tout d'abord, je ne manquerai pas de remercier Monsieur Jean-Pierre LECOQ, maire du Sixième arrondissement, à qui nous savons gré d'avoir approuvé et toujours soutenu notre démarche.

J'exprimerai aussi toute notre gratitude à Monsieur Bertrand DELANOE, qui a choisi l'emplacement idéal pour honorer MONNERVILLE, aussi, bien sûr, au Conseil de Paris qui a pris, à l'unanimité, la décision dont résulte la cérémonie de ce jour.

Monsieur Christian PONCELET, quant à lui, il sait très bien pourquoi il a droit lui aussi à notre vive reconnaissance ; il veille avec constance sur les travaux de notre association ; et son aide ne nous a jamais manqué.

En présence de tant de femmes et d'homme d'outre-mer, je veux souligner que MONNERVILLE est un modèle pour le combat politique. Car il a fondé toute sa vie sur des principes. Et ces principes, il les a, non seulement exaltés par la parole, mais aussi défendus, quand il le fallait, les armes à la main.

Le combat de sa vie fut celui des Droits de l'Homme ; dont il voulut qu'ils fussent réellement appliqués, partout ou flottait le drapeau tricolore. Sa vie durant, MONNERVILLE s'est attaché à tenter de faire réformer le régime de l'Empire français, cet ensemble de terres, dont il considérait qu'il était essentiel pour la puissance de la France, mais aussi il voyait trop bien que les peuples étaient soumis à l'arbitraire, aux injustices et aux excès de l'ordre colonial.

MONNERVILLE a toujours rappelé qu'il avait des ancêtres africains, déportés comme esclaves aux Antilles. Les deux hommes qu'il a le plus admirés étaient l'abbé GREGOIRE, auteur de la première abolition de l'esclavage et Victor SCHOELCHER auteur de la seconde. Ces deux « combattants de l'Idéal », ces deux grands libérateurs furent ses modèles politiques ; car tous deux montraient qu'un décret peut changer la vie.

C'est par l'action de tels hommes, que la France n'est pas seulement une terre et une nation. Elle n'est pas exactement un pays comme les autres. Elle est aussi, et peut-être surtout, le lieu symbolique des Droits de l'Homme.

Aussi, le patriotisme d'un MONNERVILLE s'attachera à défendre autant le pays qui consacre ces valeurs, que de s'opposer à l'invasion du territoire géographique. Il ne fut pas le seul ; n'oublions pas que Maghrébins, Africains, et autres composèrent le gros des troupes qui ont libéré la France du joug hitlérien. Et que beaucoup en sont morts.

MONNERVILLE ne cessa de lutter contre le racisme, tous les racismes, Il fut l'un des premiers, dès 1933, à dénoncer vigoureusement la politique antisémite d'HITLER, comme à mettre en garde la classe politique contre les visées du dictateur sur l'Empire français.

MONNERVILLE est ce même homme qui, en 1938, a convaincu Georges MANDEL, ministre des colonies, de nommer Félix EBOUE, un noir descendant d'esclaves, au gouvernement du Tchad, car le Tchad était la plaque tournante de l'Afrique. Qui tenait le Tchad, tenait la clef stratégique. L'épopée du Général de GAULLE a pu, dès le départ, disposer d'une base purement française et la reconquête de la France commença à FORT-LAMY.

Si MONNERVILLE jugeait que les quatre vieilles colonies devaient être assimilées, en revanche, pour les possessions de l'Empire, il préconisait la suppression du régime colonial et proposait la plus large indépendance : dans une sorte de fédération, (un COMMONWELLS à la française), où chaque pays associé, libre de régler toutes ses affaires intérieures, n'aurait en partage avec la France, que la gestion des intérêts communs.

L'UNION FRANCAISE, instituée en 1946, ne fut qu'un premier pas. En 1958, MONNERVILLE approuva la Constitution nouvelle, car elle créait la COMMUNAUTE, une fédération de pays autonomes, liées à la France selon les règles dont il rêvait depuis si longtemps.

Mais par l'affranchissement rapide et total de ses membres, cette Communauté s'est désagrégée en moins de quatre ans. Nous constatons le résultat actuel.

MONNERVILLE est, en 1947, élu président de la seconde Assemblée ; et constamment réélu, durant vingt-deux ans. La Cinquième République en fait, en 1958, le second personnage de l'Etat, lui un homme de couleur !

Comment ne pas admirer, et c'est tout à l'honneur de notre pays, qu'un descendant d'esclaves, un sang-mêlé, ait occupé l'une des charges les plus prestigieuses de la République. Et cela, je le souligne, en vertu de ses seuls mérites : dès l'enfance, il est un excellent élève, puis un étudiant boursier remarqué de ses maîtres, plus tard, il devient un grand avocat, il se révèle un orateur dont l'éloquence est célèbre... Dès la première heure, il s'engage dans la Résistance...

Pour conclure, je résume.

Autant par ses qualités d'homme politique que par l'éclat de sa carrière, Gaston MONNERVILLE est digne d'être cité en exemple, tout particulièrement aux enfants et jeunes d'outremer. Puisqu'il fut l'un des leurs.

Il est indispensable d'en faire un modèle, au moment où nous voyons renaître les racismes les plus hideux, au moment où la France s'interroge sur elle-même.

Nous devons également rappeler aux enfants de l'outremer, les efforts et le courage, qui ont mis en lumière, le lutteur en quelque sort emblématique, que fut l'ancien Président du Sénat.

Il est donc judicieux, il est donc opportun, il est juste qu'aujourd'hui, tout près d'un grand lycée où se rendent quotidiennement quantité de jeunes, nous inaugurions l'esplanade qui portera désormais le nom de Gaston MONNERVILLE.

Gaston MONNERVILLE, un caractère, une conscience.

Je vous remercie.

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ROGER LISE : JE NE PEUX FAIRE CONFIANCE A UN GOUVERNEMENT QUI NE ME RECONNAIT PAS L’EGALITE.

SOUVENIRS SOUVENIRS
Quel est le souvenir le plus lointain que vous ayez de votre père ?
Roger LISE : En réalité, je n’ai pas été élevé par mon père. C’était un mécanicien d’usine, ma mère, femme de ménage à Saint-Pierre a eu un enfant avec ce monsieur puis est revenue à Case- Pilote où elle s’est mariée à un marin-pêcheur, C’est ce dernier qui a été mon vrai père. C’est lui qui m’a élevé, et nous habitions à Fond Bouchet dans une petite maison en bois avec devant, une pièce devant de 5x2 mètres et, derrière, la chambre de 5x 3 mètres, séparée en deux par un rideau. Chaque fois que la mer était houleuse, il fallait envelopper nos affaires dans des draps, aller chez le voisin dans la savane, puis revenir après le mauvais temps. Alors, nous recollions les débris. A l’âge de sept ans, nous sommes venus habiter à Case- Pilote, où je fus scolarisé. J’ai connu des jours difficiles où le matin je n’avais qu’un café avec de la farine le plus souvent sans sucre et rien à midi. A seize heures, mon père étant pêcheur, nous avions une langouste pour le goûter et le souper. A l’époque, cela ne se vendait pas, cela se donnait.
J’étais âgé de vingt deux ans et officier de marine lorsque que mon père m’a reconnu, j’ai protesté. De toute façon, c’est la première personne qui reconnaît l’enfant qui est le père. Par contre, cela a été très important pour ma mère. Lorsque je lui ai annoncé la nouvelle, elle s’est exclamée : A i wikonètou mwen byen kontan ! ll faut bien comprendre le contexte de l’époque. En effet, souvent la femme avait un enfant d’un homme, mais c’était un autre homme qui s’en occupait, parce que le premier s’en était allé. Si les gens ne vous avouent pas cela, c’est qu’ils mentent, car la plupart des familles se sont constituées ainsi. C’est le suivant qui devient le vrai père et prend en charge l’enfant. Lorsque le vrai père reconnaissait l’enfant, pour la femme, cela signifiait qu’aux yeux de tous l’homme reconnaissait qu’elle n’était pas femme de mauvaise vie, qu’elle n’était pas femme volage, qu’elle n’était pas allée avec plusieurs hommes en même temps, que son fils n’était pas an yich kon’. Alors, oui, pour les femmes c’était important.
Quel est le souvenir que vous conservez de votre mère ?
Roger LISE : Elle était comme les autres femmes de L’égal de l’autre ? Qui est cet autre ?
Roger LISE : S’ils étaient chez le béké, l’égal du béké, s’ils étaient chez un patron l’égal de ce patron, si la femme travaillait chez un instituteur, et il n’y en avait pas beaucoup à l’époque, son rêve était que son rejeton soit également instituteur. Etre l’égal de celui de condition supérieur était un sentiment partagé par la majorité des Martiniquais de l’époque. On voulait parler d’égal à égal.
C’est le terreau d’où émerge la volonté de l’Assimilation de I946 ?
Roger LISE : J’ai côtoyé beaucoup de gens, je peux témoigner qu’ils voulaient surtout être l’égal de l’autre. Il y a eu la guerre du Mexique, chaque fois qu’un Martiniquais partait, c’était pour montrer qu’ayant les mêmes devoirs, ils voulaient les mêmes droits. Je n’ai pas eu de témoignages des acteurs eux-mêmes, mais le souvenir était encore proche. D’ailleurs, lorsque l’on croisait un homme estropié, on disait : « tala i fè la diè Mexique » Parce que, en effet, ceux qui étaient partis sont revenus amputés de quelque chose. Les mêmes devoirs pour avoir l’égalité des droits ! C’était une volonté généralisée, même au niveau des plus humbles. Je vous donne un exemple : Jadis, le transport se faisait par canot. Vous montiez dans un canot pour aller à Saint-Pierre et on vous y conduisait à la rame : un jour, un pécheur de Case-pilote venant de débarquer un passager, bien habillé et tout, est en train de discuter avec celui-ci. Un passant, également bien habillé, l’interpelle et l’insulte. Le pécheur, lui dit seulement : « rété-là mwen ka vini » Et, il remonte dans son canot, retourne à Case- Pilote, revêt le seul bon vêtement qu’il avait, son linge d’enterrement, retourne à Saint-Pierre, retrouve celui qui l’avait insulté, et lui remet insulte pour insulte. Lorsque le policier est arrivé, pour mettre de l’ordre, celui a dit : « Mais non, messieurs, des gens comme vous ne peuvent agir, ainsi entendez-vous » Si notre homme était resté avec ses haillons de pêcheur, yo té ka fouteye lajole. Etant bien habillé, il était sur un pied d’égalité, et dans cette affaire il a pu se faire entendre et démontrer qu’il avait raison.
Il y avait donc une atmosphère propice à cet état d’esprit. D’où venait-elle ?
Roger LISE : Des premiers enseignants. Vous savez que Jules Ferry était franc-maçon, après la première république ratée, la deuxième ratée également, à la troisième, il se dit qu’il doit faire en sorte que la population ne se laisse plus avoir aussi facilement. Il crée donc l’école laïque et obligatoire. Pour lui, le pays devait être divisé en autant de départements et que les instituteurs d’un département ne devaient pas enseigner dans un autre département. Ces instituteurs avaient donc pour vocation de former les jeunes dans leur département, de les attacher à leur terroir et à leur patrie. la Martinique, on a crée l’IUFM, cette école d’instituteurs ! j’ai dit au Président de Région, « mais monsieur Marie-Jeanne, c’est la première chose à démolir, on est en train de faire instruire de jeunes Martiniquais par des métropolitains, des gens qui n’ont pas connu l’esclavage, ni le reste. Il faut revenir à l’idée de Jules ferry que dans chaque département, les enseignants doivent être des locaux qui pourraient rappeler l’esprit de l’esclavage, l’esprit de sacrifice. Gaston Monnerville, dans son livre, rappelle ce que lui ont enseigné ses instituteurs qui, pratiquement, lui rappela les motivations des esclaves et des fils esclaves : Libérez le noir, donnez lui du travail, il est l’égal du blanc. C’était ça les motivations.
J’ai une fois, en plénière au conseil général de Roger LISE : Ce n’est pas tout à fait exact. Je n’étais pas dans la Marine Marchande, je travaillais pour des privés. Les officiers locaux en place, ont leur syndicat, il y a donc un tableau d’avancement où on attend son tour en fonction de ses diplômes, de ses compétences et de son ancienneté. Dans la Transat, je n’ai pas pu être commandant, mais j’étais second capitaine.
EN ROUTE VERS Comment êtes-vous entré en politique ?
Roger LISE : Au cours d’une escale à la Marine Marchande et le blanc lui, capitaine au long cours ? Ce n’était pas possible, je devais être son égal. Alors, j’ai repris les mathématiques, je suis retourné en France, j’ai fait élève officier aux longs cours, lieutenant et capitaine. En principe, ce cursus se fait en trois ans, je l’ai réalisé en une année, puisque j’avais déjà une formation et les matières nautiques. Tout cela pour être l’égal de l’autre. Alors, capitaine au long cours, je navigue à la Guyane et la Martinique. Donc, au cours d’une escale à Qui avait refusé le bon AMG, le maire ?
Roger LISE : Le maire ou le personnel, le bon AMG était, c’est vrai, un instrument de propagande, mais qu’importe les responsabilités ! une femme avait accouché sur le banc d’un marché ! Cela m’a décidé à entrer en politique.
Donc, vous entrez en politique, comment cela se passe-t-il, qui était votre adversaire ?
Roger LISE : Mon adversaire était monsieur Sarrotte. Il était maire, moi président du club de foot. Nous étions toujours ensemble. Je trouvais inconvenant que nous nous affrontions, mon objectif n’était pas de prendre sa place mais la commune avait besoin d’un sang nouveau. Il y avait dix sept conseillers, j’avais huit personnes avec moi. Il en avait neuf. Je lui ai dit qu’il n’avait rien à craindre pour sa réélection. Mais le premier adjoint, lui, craignait pour son poste. Alors il a persuadé les anciens que c’était un coup monté, qu’ayant un oncle dans les neuf partisans du maire, ma tante persuaderait celui-ci de voter pour moi, son neveu. J’ai voulu signer un engagement disant que je ne serais pas candidat au poste de maire, ce que je voulais c’était lui apporter mon soutien, je n’ai pas pu convaincre. Alors, nous nous sommes affrontés et j’ai été élu.
LE MOMENT DU CHOIX IDEOLOGIQUE
Il y a eu la loi d’assimilation de 1946, entre-temps apparaît l’affirmation de l’autonomie par celui-là même qui avait présenté le rapport de 46. Comment vous déterminez-vous, face à cette aspiration nouvelle ?
Roger LISE : Pour moi, c’est clair. Au lendemain de mon élection, je suis allé voir Aimé Césaire à la route de Redoute, je lui ai dit : « monsieur le maire vous êtes dans une opposition stérile, qui ne nous rapporte rien. Je ne suis plus avec vous. Je suis maire de Case-Pilote, j’ai connu la misère, je ne veux pas que Case-Pilote connaisse cette misère que j’ai connue. » Jusqu’à aujourd’hui, nous sommes restés en bons termes. Je lui rends visite, mais nous ne parlons jamais politique. Au début, je le suivais politiquement, j’ai cessé de le suivre lorsqu’il a parlé d’autonomie. Ma philosophie et ma conviction sont les suivantes : Je suis dans un pays où je dois défendre mes droits. Je veux avoir l’égalité des droits. Ce n’est pas en allant ailleurs que j’aurais cette égalité. D’autant qu’en regardant autour de moi, il n’y a rien qui pourrait nous convenir.
En 2006, avec le recul que vous avez, à votre avis, d’où vient l’idée de la rupture soit par un concept d’autonomie, soit par un concept d’indépendance, par des aînés qui, comme vous le rappelez, se battaient surtout pour l’égalité ?
Roger LISE : J’ai une idée, sur la question. Celui qui a suivi Césaire comme moi, sait quoi que l’on dise, quoi que l’on pense, que celui-ci a voulu l’assimilation, comme tout le monde le souhaitait à cette époque. Le Martiniquais, et c’est peut-être là le plus important de cet entretien, le Martiniquais a fait confiance au blanc. Et, c’est là l’erreur ! Il faut que le Martiniquais comprenne qu’il y a deux catégories de blancs. Il y a Victor Schoelcher et l’Abbé Grégoire. Et puis, les autres. Dont François Mitterrand ! Lui, parle du droit à la différence. A partir du moment où l’on parle du droit à la différence, c’est que nous ne sommes plus pareils. Il faut que les Martiniquais fassent la différence entre Victor Schoelcher et l’Abbé Grégoire qui eux, savaient que le noir avait les mêmes possibilités que l’homme blanc. A côté de cela, il y a l’autre homme blanc qui se croit toujours supérieur, même si vous êtes dans la même université que lui et que vous êtes major de la promotion, il ne le reconnaît pas. Il se croit supérieur, alors qu’il doit venir chez nous avec l’idée, non pas de dominer, mais d’apporter un complément. Même Clemenceau, après 14-18, avait compris que des combattants pareils méritaient d’être l’égal des Français.
Oui, mais alors pourquoi y a-t-il des Martiniquais, face à ce comportement finalement raciste, demandent plus de pouvoir à travers l’autonomie et d’autres continuent à réclamer cette assimilation ou cette départementalisation ?
Roger LISE : Mettons-nous d’accord, il s’agit de réclamer l’égalité des droits, ensuite nous entrerons dans le spécificités. Quand j’entends madame Michaux Chevry, et c’est malheureux, dire à la télé « la Corse, on a, d’abord, déterminé ce dont ce pays avait droit ! Les droits et les services. Or, vous, vous vous voulez voter tout de suite. Alors, demain, le blanc vous dira : « Voilà ce que je vous donne » Après vous avoir promis, c’est encore lui qui vous donnera ou qui vous donnera pas, ce qu’il veut. Lui un homme blanc qui n’a pas confiance en vous. C’est-là que je me sépare de Marie-Jeanne et de tous les autres. Je ne peux pas moi, faire confiance à quelqu’un ou à un gouvernement qui ne me reconnaît pas l’égalité. Je suis français, j’ai donc droit à. On n’a pas à me concéder. C’est un du. Donc, voyons d’abord, ce auquel j’ai droit. Je suis d’accord pour changer de statut, mais ce que l’on me propose doit être fait sur la base de l’égalité.
En 2006, l’idée de l’intégration n’est-elle pas, petit à petit, supplantée par celle de l’émancipation, les autonomistes sont de plus en plus nombreux, non ?
Roger LISE : Non, en réalité tant que le métropolitain qui vient pour servir aux Antilles se croira supérieur, l’Antillais se sentira frustré. Il a l’impression qu’on lui impose beaucoup de choses. Ce qui est possible, c’est d’obtenir dans le cadre des lois françaises, la possibilité de prendre nos propres décisions. Pour cela, nous n’avons besoin ni de l’Assemblée Unique, ni de l’Autonomie. C’est le comportement arrogant du fonctionnaire qui prédispose ces aspirations d’autonomie, mais cela ne va rien améliorer. Je prends un cas : lorsque Tchibaou, en Nouvelle Calédonie a obtenu les pouvoirs qu’il voulait, il n’était pas entouré de Canaques, mais d’autres personnes qui n’avaient pas la même culture que lui. Vous connaissez le résultat, quand on s’est aperçu qu’il ne faisait pas ce que l’on pensait qu’il ferait, on l’a supprimé, estimant qu’il avait trahi. Il n’avait pas, trahi. Il subissait une influence. C’est exactement cette influence que nous devons éviter en formant des gens à nous. Il ne faut pas que l’influence de la culture française, à travers l’école, prenne le pas sur notre culture, il faut que nos fonctionnaires formés restent avec la notion de culture antillaise. Comment voulez-vous appliquer dans un pays, des lois qui n’ont de valeur que chez les autres ? Le fond de notre culture est simple, bien qu’ayant côtoyé les plus grands, je veux rester moi-même, l’esclavage et la colonisation nous ont nécessairement marqués. Cette époque a développé la solidarité, car s’il n’y avait pas la solidarité des coupeurs de cannes, des hommes de la terre les plus illettrés aux côtés des plus instruits ! Nous ne serions pas arrivés au 22 Mai. Tant que la solidarité sera le maître mot, tout sera possible. Si c’est l’égoïsme qui l’emporte, nous nous écarterons de notre culture. Qu’est-ce qui peut justifier, dîtes-moi, au niveau où nous sommes aujourd’hui, le maintien des 40% ?
40% qui donnent à celui qui a déjà la garantie de l’emploi des avantages supplémentaires, qui donnent aux métropolitains qui viennent ici des avantages supplémentaires et une espèce de prime ? C’est une mesure qui ferme les débouchés pour nos enfants. Lorsque l’on se dit Caribéens, il faut se mettre sur le même plan que les gens de la Caraïbe. Qu’est-ce qui nous empêche de vivre comme les gens de Sainte-Lucie ? Je me souviens de la grève pour les 40 %, comme beaucoup de Martiniquais en passant devant UNE MANIERE DE BILAN
Vous avez été le maire de Case-Pilote, que vous doit Case Pilote ?
Roger LISE : J’ai été maire pendant dix huit ans, faites le tour de Case-Pilote et citez-moi quelque chose d’important qui n’aurait pas été fait par moi. J’ai trouvé Case Pilote avec une petite rue qui la traversait, il y avait 1800 habitants, quand je l’ai laissée il y en avait 3.800, les lotissements, les routes, le stade, la maison des pompiers, et tout le reste, aidé en cela par les fonds de chômage ont été faits par moi. J’ai été président de l’association des maires et en tant que tel j’ai œuvré pour la création du port de pêche. Ayant l’autorité de l’association Emile Vié, ancien préfet et directeur au ministère des DOM, m’a donné un million de francs. La commission départementale de Pourquoi le port de pêche n’a-t-il pas marché ?
Roger LISE : Mais il fonctionne, mais c’est toujours la même histoire ! Je n’ai rien contre le blanc, je lui demande seulement de comprendre. Lorsque nous avons fait la digue, j’ai dit à l’ingénieur que les roches étaient trop faibles. On ne m’a pas écouté. Conclusion ? la digue a cédé et les bateaux qui étaient à l’intérieur ont été engloutis. J’ai recommencé une nouvelle digue, cette fois en dur. Allez donc voir, le port est rempli de bateaux et fonctionne très bien.
Et l’usine de poissons ?
Roger LISE : Mais, là aussi, c’est toujours la même histoire ! Les gens ne font pas la différence entre politique et gestion. Les syndicats de la pêche voulaient entraver les règles de gestion installées par le directeur de l’époque. Le marin-pêcheur ne comprend pas qu’il ne peut pas s’amuser à vendre son poisson quand il trouve des acheteurs et n’amener à la conserverie que les restes qu’il ne peut vendre. Il n’a pas compris qu’il fallait apporter le poisson tous les jours. Lè i twouvé vandli i ka vandli lè i pa twouvé vandli I ka potéy. Et souvent, lorsqu’il arrive le poisson est avarié.
Que faudrait-il faire, à votre avis, pour développer la pêche ?
Roger LISE : Les surfaces cultivables disparaissent de jour en jour, il n’y a qu’une seule zone où la Martinique à la disposition des pêcheurs. Je travaille avec la Région a commencé à faire, mais il en faudrait beaucoup plus.
Roger LISE : Rien n’empêche monsieur Marie-Jeanne, monsieur Claude Lise et tous les maires de Il faut quand même être assez riche, répondent certains maires.
Roger LISE : C’est faux, soyons sérieux ! Quand Marie-Jeanne et Claude Lise veulent préserver des terrains pour faire ce qu’ils ont à faire. Non seulement ils ont les moyens, mais ils peuvent faire des prêts, pour acheter toute la Martinique. Quand les békés se sont rendus compte qu’il fallait tout liquider, c’est à ce moment-là qu’il fallait tout acheter. Il est encore temps de dire, nous achetons tous les terrains libres à partir d’aujourd’hui avec notre droit de préemption. Il faut faire l’effort qu’il faut et les emprunts nécessaires. Pour la vente des terrains de la sucrerie, par exemple, j’ai fait un deal avec le propriétaire, je lui ai dit la : je fais les aménagement nécessaires, la partie droite des terres vous pouvez la vendre à qui vous voulez, mais la partie gauche vous vendez aux ouvriers agricoles à deux millions l’hectare, pas un sou de plus. Aujourd’hui, vous pouvez monter dans ce quartier, les propriétaires sont des ouvriers agricoles.
Propos recueillis par Martinique Editions


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ROGER LISE
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LE BON EXEMPLE
Invité:ROGER LISE
Le Samedi-19-Octobre-2002
Vol:01
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ROGER LISE
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Raphaël Confiant
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Raphaël Confiant
Raphaël Confiant, né le 25 janvier 1951 au Lorrain

Biographie
Diplômé de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence[1], il fait ses études supérieures à l'université d'Aix-en-Provence.

Écrivain reconnu tant en créole qu'en français, il écrit dans les deux langues. Il est actuellement maître de conférence à l'université des Antilles et de la Guyane.

Créole
Militant de la cause créole dès les années 1970, il participe avec Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau à la création du mouvement de la créolité. Il est aujourd'hui membre du comité directeur du mouvement Bâtir le pays Martinique.

Engagement politique
Il se fait remarquer fin 2006 en publiant des textes dans lesquels évoque le rapprochement opéré par Dieudonné en direction de Jean-Marie Le Pen, et désigne les Juifs comme « innommables » puisque, dit-il, il est interdit de les nommer sous peine de tomber sous le coup de la loi.

Proche du mouvement des Indigènes de la République, il soutient en 2008 leur appel à la Marche décoloniale du 8 mai[3] et appelle en janvier 2009 les « différents gouvernements à rompre sans délai toute relation diplomatique avec l’entité sioniste » suite à la guerre de Gaza de 2008-2009.

Il s'illustre après un référendum en Martinique (10 janvier 2010) en signant un pamphlet contre les électeurs ayant rejeté à une large majorité (80 %) une évolution institutionnelle conduisant à plus d'autonomie.

Œuvres
En langue créole
Jou Baré, poèmes, 1977
Jik dèyè do Bondyé, nouvelles, 1979
Bitako-a, roman, 1985
Kòd Yanm, roman, 1986
Marisosé, roman, 1987
Dictionnaires des titim et sirandanes, 1998
Jik dèyè do Bondyé, 1998
Le Galion, 2000
Dictionnaire des néologismes créoles, 2001
Dictionnaire créole martiniquais-français, 2007
En langue française
Le Nègre et l'Amiral, roman, 1988, Prix Antigone
L'histoire se déroule aux Antilles, à l'époque du gouvernement de Vichy
Eloge de la créolité, essai, 1989 (avec Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau)
Eau de café, roman 1991, Prix Novembre
Lettres créoles: tracées antillaises et continentales de la littérature (1635-1975), essai, 1991
Ravines du devant-jour, récit, 1993, Prix Casa de las Americas
Aimé Césaire, une traversée paradoxale du siècle, essai, 1993
Un voleur dans le village, récits, traduit de l'original anglais (Jamaïque) de James Berry, 1993, Prix de l'International Books for Young People
L'Allée des Soupirs, roman, 1994, Prix Carbet
Commandeur du sucre, récit, 1994
Bassin des ouragans, récit, 1994
Les maîtres de la parole créole, contes, 1995
Contes créoles, contes, 1995
La Savane des pétrifications, récit, 1995
Contes créoles des Amériques, contes, 1995
Le Gouverneur des dés, récit, 1995
La Vierge du Grand Retour, roman, 1996
Le Meurtre du Samedi-Gloria, roman , 1997, Prix RFO
La baignoire de Joséphine, récit, 1997
Mamzelle Libellule, roman, 1997
L'archet du colonel, roman, 1998
Aventures sur la plante Knos, récit, traduit de l'original anglais (Jamaïque) d'Evan Jones, 1998
Régisseur du rhum, récit, 1999
La dernière java de Mama Josépha, récit, 1999
Le Cahier de Romance, récit, 2000
Le Galion, Canne, douleur séculaire, ô tendresse!, album, en collaboration avec David Damoison 2000, Prix du livre insulaire, catégorie beaux-livres
Brin d'amour, roman, 2001
Nuée ardente, récit, 2002
Le Barbare enchanté, récit, 2003
La panse du chacal, roman 2004, Prix des Amériques insulaires et de la Guyane
Adèle et la pacotilleuse, roman 2005
Trilogie tropicale, roman, 2006
Nègre marron, roman, 2006
Chronique d'un empoisonnement annoncé, (Collectif), 2007
Chlordécone 12 mesures pour sortir de la crise, (Collectif), 2007
Case à Chine, roman, 2007
Les ténèbres extérieures, roman, 2008
Black is Black, roman, 2008
Le chien fou et le fromager, roman, 2008
L'Hôtel du Bon Plaisir, roman, 2009
La jarre d'or, roman, 2010

Créolité
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La créolité est l'attribut des Créoles ou de ce qui est créole, c'est un mouvement littéraire antillais.

Le mouvement littéraire
Le mouvement de créolité n'a rien à voir avec le mouvement de la négritude, ce sont deux choses différentes. A l'origine on appelait les créoles, les enfants blancs nés sur une île pour les différenciés de la métropole à laquelle ils appartiennent. Comme par exemple, les personnes vivants sur l'île de la Réunion, appelés couramment "les réunionnais" avec des cultures bien distinctes portant également des noms différents. Pour les réunionnais blancs se sont "les créoles".Pour les indiens se sont "les malabars ou malbars"...[Encyclopédie Larousse]

Le mouvement de la créolité est né à la Martinique dans les années 1980 sous la plume de Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant et Jean Bernabé. Le trio publie ainsi en 1989, L'éloge de la Créolité.

Comprendre la négritude, mouvement né dans les années 1930 et porté par Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor ou encore Léon Damas. Ces écrivains prônent une redéfinition de l'homme noir à partir de ses racines permettant de dépasser la meurtrissure historique, rejetant le colonialisme, l'hégémonie culturelle, intellectuelle, raciale et morale de l'Occident et des Européens sur le continent et l'homme africain. Le mouvement de la négritude rapproche tous les hommes noirs, d'Afrique et de la diaspora africaine, autour d'un héritage nègre commun.

Plus tard, certains auteurs martiniquais, à l'instar d'Edouard Glissant, contestent la vision monolithique de la négritude. Ainsi, au début des années 1980, Glissant propose le concept d'antillanité pour décrire l'identité antillaise en ne s'appuyant pas uniquement sur l'expérience des descendants d'esclaves africains, mais intégrant l'apport des Caraïbes, des colons européens, des Indiens d'Indes, des Chinois et des Syriens. Glissant et les autres adhérents au mouvement de la créolité : les créolistes n'appliquent leur réflexion qu'au vécu des peuples de la Caraïbe repoussant la domination des anciens colons. Ainsi, selon Confiant, le concept de créolité fait référence au terme Créole, qui vient de l'espagnol criollo (lequel dérive du latin creare) et signifie simplement "né aux Amériques" par opposition d'une part aux autochtones, dits plus tard Amérindiens, et d'autre part aux nouveaux arrivés, Européens et Africains, puis Asiatiques et Levantins."

Pour les auteurs de l'Éloge de la créolité : La créolité est une annihilation de la fausse universalité, du monolinguisme et de la pureté

MANO RCI

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TI RAOUL
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GRIVALLIERS Raoul dit Ti Raoul
Né le 3 août 1934 à Sainte-Marie, Raoul GRIVALLIERS dit Ti Raoul ou Ti Ayoul est issu d’une famille qui s’investit depuis plusieurs générations dans la tradition bèlè. Depuis enfant, il allait à des soirées. A chaque fois qu’il rentrait chez lui, c’était pour recevoir une raclée, qui ne l’éloignait pas de cette passion. Dès l’âge de 12 ans, son oncle Stéphane le laisse chanter pendant les soirées. Sa voix nasillarde se prête à ce style, ainsi que sa pertinence, qui lui permet de composer sur le champ une mélodie avec des paroles acerbes afin d’évoquer les problèmes de la société.

Vers les années 50, la notoriété de Ti Raoul arrive à Fort-de-France où il est invité à rejoindre le ballet folklorique de Loulou BOISLAVILLE. Ils partent en tournée en France en 1952. En 1953, Ti Raoul repartira avec le groupe de Raphaël PROSPA. Après sa prestation de 1955, il restera en métropole jusqu’en 1975. Au cours de ce long séjour, il obtiendra un CAP de peinture en bâtiment. Mais Raoul se consacre entièrement à sa vocation de chanteur.

Il enregistre ses premiers disques avec la Maison des Méringués. En 1989, il enregistre son troisième disque avec Asé Pléré An Nou Lité. En 1998, la compagnie AUVIDIS l’enregistre en live chez lui au Morne-des-Esses. Il participera à plusieurs festivals avec sa formation : festival d’Avignon en 1978, festival de Sainte-Marie en 1987.
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TI RAOUL
Le Bon Exemple Ti Raoul
Raoul GRIVALLIERS ( Ti Raoul) -Voix En Or Paroles D'acier
Auteur-Compositeur
Mano Radio Caraïbes-Le Bon Exemple
Le 16 Mar 2003
PS:Un peuple qui a la mémoire court
est un peuple qui n'a pas d'avenir
Vol: 01

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ALBERT PLATON
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ALBERT PLATON

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LE BON EXEMPLE
INVITE: Albert PLATON
Le -03-Novembre-2001
Un Peuple qui a la mémoire courte
Est un peuple qui n'a pas d'avenir

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HECTOR SAE
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Hector Saé

Professeur Honoraire.
* Chevalier de la légion d'Honneur.
* Chevalier de l'O.N.M [Fondateur de la Section de l'Ordre National du Mérite de la Martinique). * Officier des Palmes Académiques.
* Officier du Mérite Public.
* Médaille d'Or de la Ligue Française de l'Enseignement de t'Education Permanente. * Médaille d'Or de la Jeunesse et des Sports.
* Croix d 'Honneur et de Mérite de la Fédération Interaméricaine de l'Education des Adultes. * Médaille de Bronze de la Grande Chancellerie.
* Ancien Directeur de l'Œuvre Départementale des Colonies de Vacances.
* Ancien Secrétaire Général et Président Fondateur de la Fédération des Oeuvres laïques
de la Martinique.
* Ancien Président Fondateur de t'Association des Anciens Elèves de l'École Normale. * Ancien délégué de l'Administration Préfectorale à la Révision de la Liste Electorale.
* Ancien Délégué Départemental des C.E.M.E.A. (Centre d'Entraiment Méthode Education Active) * Ancien délégué du Ministère de la Justice à la Présidence de la l'Association
SocioCulturelle et de Réintégration des Détenus de la Maison Centrale.
* Président Fondateur du Conseil Parents d'Elèves au C.E.S de Bordeaux (Année 1969-1970J. * Animateur de la Section A.M.I.T.A.G de Bordeaux Année (1969-1970J.
* Ancien Président du C.ID. - JM (Centre Information et de Documentation de la Jeunesse de la MARTINIQUE.
* Ancien Vice-Président du Comité Départemental de la Sauvegarde de l'Enfance de la Martinique. Témoignage de satisfaction du Ministère de la Santé publique et de la Population * Ancien Vice-Président du Conseil d'Administration du Comité Régional d'Education Physique et Sportive de la Guadeloupe.
* Ancien Vice-Président du Comité Départemental de lutte Contre la Faim. Diplôme d'Honneur du Comité National
* Ancien Vice-Président de C.A.R.C.A.E et la F.I.D.E.A (Caribbean Régional Concil for Adult Education & Fédération Interarnéricaine d'Education des AdultesJ.
* Président d'Hqnneur de l'UNIVERSITE POPULAIRE DE LA MARTINIQUE.
* Président d'Honneur de l'Association des Décorés et Médaillés de la MARTINIQUE.


Poème du départ
Halo et voie lactée
Mais où sont les plaisirs, qu'un soir sous la nuit brune les Muses me donnaient, alors qu'en LIBERTE dans le reflet opalin du rivage écarté
je les menais danser aux rayons de la lune.

Fil de l'eau de source Gais rayons de soleil Des matins dorés Flots bleus et étoiles de mer Etoiles filantes
Et, coccinelles, volant Cabris-bois aux cris irritants Lagghia de la mort de Joseph Zobel Veillées campagnardes de Médouze Et Belia du jour
Aux rhizomes de joie
Dans les bambous du champ Aux vibrations des cœurs
En communion des âmes ...

Rude vie des marins-pêcheurs Et des coupeurs de canne Chabines aux cheveux de mais Aux yeux de pâle émeraude Noires au regard de braise Rires éclatants,

Des dents nacrées ... Voilà que renaissent
Le soir
Les heures très riches et très belles De MADININA ...
Hector Saé
///////////

Le Samedi 12 Janvier 2002
Cérémonie de départ du Président-Directeur
Hector SAE


Lettre

Au Maire de Fort de France
Monsieur le Maire de la Ville de F.DE.F
Hôtel de Ville Boulevard du Général de Gaulle
97200 FORT DE France

Il Y a quelques mois, je subissais une double et rude épreuve: une délicate intervention chirurgicale d'une part et, d'autre part la perte de mon épouse, employée au Service Technique, puis aux Archives Municipales.
La simultanéité des faits fut telle, que je n'ai même pas pu l'accompagner à sa dernière demeure.
Le moment est venu pour moi de me retirer des différents terrains qui ont été, jusqu'ici, ceux de mes longues et dures préoccupations.
Plus d'un 1/2 Siècle de lutte acharnée contre l'illettrisme et l'analphabétisme; deux maux rédhibitoires anémiant le corps, déformant la colonne vertébrale, ramollissant l'âme, éclatant et détériorant la conscience d'un peuple ! ...
Permettez-moi, je vous prie, ces deux quatrains, respectivement de Charles PEGUY et de Victor HUGO:
" l'heure qui sonne est sonnée le jour qui passe est passé
Demain seul reste .
Et les après demain "
" Car personne ici-bas ne termine et n'achève
Les pires des hommes sont comme les meilleurs
Nous, nous réveillons tous au même endroit du rêve
Tout commence en ce monde, et tout finit ailleurs ... "

Le 13 Janvier 2002 sonneront pour moi 59 années de présence à ce Centre d'Education Populaire des Terres Sainville, créé par la Municipalité et appelé Cours d'Adultes des Terres Sainville, transformé au mois de Janvier 1983 en UNIVERSITE POPULAIRE DE LA MARTINIQUE. L.:institution, tout au long de son existence a toujours bénéficié de l'aide déterminante de la Municipalité.
C'est l'Ancien Maire, accompagné de son 1er Adjoint, qui dévoila le Marbre marquant la transformation.
Le Conseil d'administration, les collègues et les participants, n'ont pas déféré à mes souhaits de me retirer" sans bruit ni trompette ".

En conséquence de quoi, sera organisée une petite Cérémonie de circonstance
le Samedi 12 Janvier de 16h à 19h
Au Siège-Ecole d'application

---------------------
au Maire de Fort de France
Monsieur le Maire, par la présente,
J'ai l'honneur de vous donner les renseignements qui suivent et, je sollicite votre bienveillant concours pour:
1. Que la manifestation soit placée sous le patronage de la Municipalité, et soulignée par votre présence, ne serait-ce que de quelques instants,
2. La présidence d'Honneur confiée:
, Monsieur le 1er Adjoint SAINT-LOUIS-AUGUSTIN Raymond
, Monsieur Auguste ARMET - Ancien élève des Cours d'Adultes • Monsieur Le Recteur
, Monsieur Serge HONORE - Médiateur de la République
3. Parmi les invités d'Honneur:
• Le Député du Centre
• Le Conseiller Général du Canton
• Le Conseiller Municipal étant membre de droit du Conseil d'Administration
4. La mise à notre disposition du Restaurant Scolaire:
, Le Vendredi 11 Janvier de 15h à 19h pour la tenue de l'Assemblée Générale des membres
• Le Samedi 12 de 15h à 19h pour les discours de circonstance, les Adieux du président-directeur et la présentation de son remplaçant
• Offre, par la Municipalité, d'une petite collation pour une centaine de personnes environ.
Je solliciterai de notre Maire Honoraire et de l'Ancien 1er Adjoint, qui furent toujours présents aux grandes heures de la vie de l'Institution, de m'accorder un ultime signe de l'estime, qu'ils m'ont toujours accordée, par un instant de présence effective en ce samedi exceptionnel, mettant fin à une longue carrière.
Me tenant à votre disposition pour les renseignements complémentaires, que vous jugerez utiles, je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de ma haute et respectueuse considération.
Hector Saé


----------------------
Les Discours

Hector SAE

A VOUS TOUS

Le lundi 13 janvier 1943- samedi 12 janvier 2002 ! ..
Un jour de plus, encore une feuille qui tombe du laurier d'Or poussé sur la grande hécatombe.
Encore un pas du temps vers l'Eternel oubli.

" 0 Temps suspens ton vol! ... " s'était écrié le poète
o temps, gardien de l'Etemité, puisque" chaque fois que l'heure sonne tout ici-bas nous dit adieu", nous te supplions, allonge de quelques coudées la durée de ce jour agréable, qui me donne à la fois tant de joie et tant d'émotions ...

Monsieur le Maire Honoraire - Monsieur le Maire de la Capitale, Messieurs les Présidents d'Honneur - en vos grades et qualités, Mesdames - Messieurs les Invités d'Honneur,
Et vous, Hommes et Femmes participants, pétrole raffiné ayant sans cesse alimenté la flamme, de mon engagement! Et vous Chers Collègues de combat, de joie et de peine ... Amis sincères, courageux et loyaux.

A vous tous, à vous toutes, cette manière singulière de vous saluer respectueusement, et de vous dire merci, mille fois merci, de me témoigner par votre nombreuse et chaleureuse présence; et des nobles sentiments que représentent l'estime, la considération et surtout de fine saveur, l'amitié, que vous me prodiguez en la circonstance!

LE COMMENCEMENT

Janvier 1943! ... Janvier 2002! ... 59 ans tout juste! ... Des noces plus que d'Or, avec la vie associative s'était écrié le collègue rencontré,
Tu as battu tous les records 1. .. " C'est plus que pour notre grand homme, à tous" ! Avait-il ajouté. L'allusion était nette, alors je lui ai rétorqué" Ton inconscience frôle l'impudence ami "!
Comment oses tu mettre en parallèle les pas d'un nain et ceux d'un géant, la simple boucharde du simple tailleur de pierre, à l'équerre d'onglet de l'architecte, au ciseau à bout d'acier au manche de rubis, du passionné sculpteur, ou au bistouri au tranchant de verre du prestigieux chirurgien!

Oublies-tu que les œuvres de la vie ne se mesurent pas seulement à la durée, mais surtout à leur variété, leur intensité, leur utilité, et au nombre de pulsations provoquées, ajoute, Honoré DE BALZAC.
Et dès lors, quoiqu'il en soit, l'important est d'essayer de quitter le monde meilleur qu'on y est entré. Et que" seuls ceux-là sont morts qui n'ont rien laissé d'eux"

Permettez-moi ici des citations venant de trois poids lourds de la pensée française:
Victor HUGO - Emile ZOLA• Albert CAMUS. " Personne ici-bas ne tennine et n 'acheve
Les pires des hommes sont comme les meilleurs Nous, nous réveillons tous au même endroit du rêve Tout commence en ce monde, tout finit ailleurs" Dit le premier.

" Notre œuvre, c'est notre chair, c'est notre sang, nous vivons pour elle et avec elle; nous souffrons pour elle, avec elle, et parfois, mourront pour elle "
Dit le second.
Que dit Albert CAMU: Tout simplement ceci:
" s'il n'y avait pas de passion, il n'y aurait pas de vertu"

Cérémonie de départ du Président Directeur Hector Saé

le samedi 12 Janvier --2002

" s'ilny avait pas de pasSIon, ilny aurait pas de vertu "



Donc dès le départ, sorti de l'E.N, J'étais, imprégné de la teneur de la lettre de Jules FERRY aux Instituteurs, à l'occasion de la création de l'École Laïque Républicaine d'une part et d'autre part de l'influence et des élans généreux des HURARD, des Clavius Marius, des Osman DUQUESNAY. LES DEPROGE - ALLEGRE - CLEMENT CESAR -LAURE KNIGH
Et des rayons de lumière projetés en direction des descendants d'esclaves enfin libérés, que j'avais retenu du petit 15
__ livre d'histoire de C.S, à couverture verte, écrit par le directeur Jules LUCRECE, que je revois encore, toujours de _

Blanc vêtu,mais chapeau et chaussures noirs sans cesse,et du souvenir aussi,de la joie indicible de ma grand-mère analphabète,le jour de mon succès au C.E.P.
j'avais enfin la conscience subjuguée par ce qui devint plus tard la devise de l'UP.M ; Gravée sur le petit marbre du préau:
"PAIN & INSTRUCTION - PAIX & LIBERTE"

J'avais pleine conscience du rôle, joué par la vieille école Perrinon, dont beaucoup d'anciens élèves ont déploré la démolition, avec une pensée pour les frères de PLOERMEL, les premiers instituteurs, appelés les hussards de la République.
Or, il est avéré que la conscience est la colonne vertébrale de l'âme, et tant que la conscience est droite, l'âme reste debout.
C'est ce qui m'a permis de tenir malgré les prédateurs, les requins, les ombres et les zombis rencontrés, chemin faisant, de tenir avec cette aristocratie de la force et la satisfaction intérieure, qu'on peut appeler la santé de l'âme, que donne le sentiment du devoir accompli. Sachant, avec 1. JAURES, que" que tous ceux qui désirent que l'humanité soit portée un peu haut, doivent s'attendre aux pires ennuis dans leur vie"
Fastidieux serait de dérouler ici le film et les différents scénarios de mon contrat avec la vie associative, je me contenterai d'en présenter une synopsis et un générique réduits;
De l'E.N. Sorti, incontinent, me voilà en 1940 sous les drapeaux - canonnier - servant de 1ère Classe à Gerbault. Armistice - démobilisation presque générale, incontinent me voilà sur la voie et le pavillon des premières Colonies de Vacances de la Martinique.
Cap sur ST PIERRE par une gabare de transport de sable, aménagée et mise à notre disposition par les Ets Gallet de StAURIN, sis à STE-THERESE.
Ô temps héroïque - Ô passage des Thermopyles- ...
Mais j'ai un credo - une boussole. Ma constellation astrale accrochée au zénith de ma conscience. L'École -l'Enfance -la Jeunesse de mon Pays.

LA GRANDE ET BELLE AVENTURE

1943 ! .. Début de la grande aventure. En ce qui concerne la cérémonie de ce soir.
Je suis jeune professeur au C.C des T.S.v. - dirigé par M. ROBINEL, appelé familièrement ROBI. Le Maire de la Ville est V. SEVERE. Il avait invité, quelques jours auparavant, les enseignants, tant des C.c. que ceux de l'École d'Application à une réunion à l'Hôtel de Ville.
Le but? Vous avez compris. Après avoir donné les tenants et aboutissants de son projet, les conditions matérielles de fonctionnement, il indique qu'une indemnité est prévue pour les maîtres qui accepteront la charge ... 0 mon dieu!
Il y avait parmi nous un véritable gentleman du nom de Gustave THOREL ! Eminent professeur à la fois de lettres, de mathématiques et de musique
De surcroît lieutenant de réserve! L'homme qui avait une voix de ténor de surcroît claironnante, se dressa comme un véritable automate, détendu par un ressort à boudin d'acier ....
C'est le mot qui convient, il tempêta, en ces termes:
" Monsieur le Maire, jusqu'ici vous m'aviez séduit par la noblesse et la générosité de votre projet... Mais vous venez d'assombrir le tableau par une insupportable insulte! Vous proposez des indemnités aux éducateurs du

peuple en leur demandant ce qui relève de leur devoir! ... " Et s'est assis ...
Monsieur SEVERE, serein et souriant presque, avait répondu qu'il partageait entièrement cette indignation, et que c'était justement une attitude contraire qui l'eût étonné ... Et l'incident était clos ... Conclusion: " Temps fait temps, temps quitté temps! ... "
Trois classes fonctionnent, une cinquantaine d'adultes .. Ils fréquentent avec une crainte frôlant la honte. Les railleries et les lazzis des inconscients et désœuvrés des abords sont démobilisateurs.
Les jours, les mois et les années passent, les habitudes s'installent, les vieux qui apprennent à lire et à écrire, les plus jeunes qui réussissent au C.E.P, puis au B.E, puis au Baccalauréat, font que l'institution tranche, avec netteté, sa place dans le concert de la vie sociale et culturelle de la cité, entraînant avec elle l'insertion et la promotion professionnelle de plus d'uns.
Durant ce plus d'un 112 siècle de lutte contre l'analphabétisme et l'illettrisme, ces deux maux rédhibitoires, ramollissant le corps, affaiblissant l'âme, désorientant la conscience d'un peuple, nous estimons que les actions menées se traduisent par les chiffres qui suivent:
Plus de 30.000 Hommes et Femmes de 16 à 80 ans ont appris à lire et écrire correctement, et parmi plus de 5.000 ne signent plus d'une croix.
Plus de 20.000 Hommes et Femmes de 17 à 60 ans ont élevé leur niveau moyen et plus de 3.000 à celui du C.E.P, dont un ancien employé de la c.G.T. - aujourd'hui Directeur d'Ecole, il a pour nom Elie dit Nelson. Une vingtaine de personnes ont obtenu le BAC.
La 1 ère s'appelle Pascal LAMARTINIERE. TI est Directeur d'École, aujourd'hui. Et sa nièce ici présente est sur la voie de l'oncle.
Nous estimons à 200 le nombre de personnes ayant obtenu soit le B.E.P.C le B.E.
Il n'existe pas à la Martinique un seul service, une seule administration, y compris celle de l'enseignement public, où ne se trouve quelqu'un, quelqu'une venant du Centre d'Education Populaire des T.S.V. et souventes fois, au poste de commande.
Ce n'est pas sans raison, qu'en 1983, qu'à l'occasion de la commémoration des 4 décennies d'existence les Cours d'Adultes des Terres-Sainville sont devenus l'UNIVERSITE POPULAIRE DE LA MARTINTIQUE.
Il nous est possible de donner des noms et des adresses d'hommes et de femmes venus du Marin au Morne¬Rouge, de Schoelcher à Sainte-Marie, et de s'en aller après avoir trouvé ce dont ils avaient besoin!.
Ce ne serait point la manifestation d'une sotte vanité, si depuis quelques années l'Institution était dénommée u.p Internationale
puisqu'aussi bien s'y rencontrent, ou y étaient hier: Palestinien et Syriens, Africains et Costa -Ricains - Cubains - Vénézuéliens -Russes et même" Français de France" - comme aimait dire notre Professeur de l'E.N. Fernand ROMANETTE.
Et puis ne sommes-nous pas, jusqu'à ce jour, membre de C.A.R.C.A.E (1), membre de la FI.D.E.A.(2) - dont nous occupons respectivement la 2ème et la 3ème Vice-Présidence?
Et enfin membre de l'A.U.P.F (3) dont, au mois d'avril prochain, nous accueillerons une des sections durant les vacances de Pâques.
Voilà qui est beau, voilà qui est bien, Voilà qui est réconfortant! ... Peut-on dire!
Alors que faut-il espérer de la récolte de cette moisson? ... Et des nouvelles semailles, à l'heure, où l'avenir du pays est marqué de points d'interrogation, si énormes, d'exclamation soudaine, de suspension sans fin!. ..

Puisse le ciel, veuillent les dieux que les connaissances acquises et les lumières répandues, sur les esprits, aident à agir raisonnablement après profonde méditation de cette pensée de Marc AURELE:
" Seigneur, donnez-moi, la sérénité d'accepter ce qui ne peut-être changé. Le courage pour changer ce qui peut l'être.
Et la clairvoyance de discerner l'un de l'autre. "
LES COURS D'ADULTES
Ce sous-titre surprendra peut-être plus d'un parmi vous. Pourtant, c'est une séquence fondamentale et rigoureusement vraie de notre film. Ecoutez plutôt!
Alors que:
Albert BAYET, professeur à la Sorbonne par ailleurs, est Président de la L.F.E.E.p.( 1)
le 58e Congrès se tient, au début de juillet au Pays de" la douceur angevine ""préférée à l'air marin" par Joachim DU BELLAY, dans son fameux" Heureux, qui comme Ulysse! ... "Nous sommes en 1947.
Nous n'étions que quatre noirs dans ce vaste ensemble, dans ce Lycée, au nom du poète:
M. BENAMIN, représentant Hani, MAMADOU KONATE, OUENZI COULffiALY tous deux instituteurs et respectivement députés de la Côte d'Ivoire et du Soudan, et moi-même, jeune maître à l'École d'Application des Terres Sainville.
J'avais fait à la Tribune du Congrès une intervention, longuement applaudie.
Je me souviens qu'en témoignage de considération, au banquet de clôture, j'eus
l'honneur d'être placé à côté du ministre de l'Education Nationale, Monsieur Marcel NAEGELEN.
Je reviens au pays au mois d'octobre. Je suis nanti de quelques" papiers" qui me contèrent diverses responsabilités : Diplômé d'Etat pour la direction des colonies de vacances, délégué des C.E.M.E.A. (Centre d'entraînement aux Méthodes d'Education Active), premier correspondant de la Ligue de l'Enseignement" chargé de tout mettre en œuvre en vue de la création à la Martinique d'une section départementale". Ma délégation est signée par les représentants de Henri BELLIOT, Inspecteur général de l'Education Nationale, Secrétaire général de la Ligue de l'Enseignement. Je reste en liaison étroite avec André LESTAGE, Directeur des Services d'Outre-mer et des Relations Internationales, jusqu'à son affectation à la section de l'Education des Adultes de l'UN.E.S.C.O.
Le dimanche 13 décembre 1947 au Théâtre Municipal, à Fort-de-France, était signé l'acte de naissance de la Fédération des Oeuvres Laïques. - En présence des autorités civiles et académiques, avec à leur tête Monsieur Louis SABATIER, Inspecteur général de l'Education Nationale, que j'avais rencontré à ANGERS
Mon rapport avait duré près de deux heures! .. Ce fut une journée grandiose, pathétique!.
Le 1 er siège fut une méchante salle, oubliée au 2ème Etage de l'École PERRINON ... Tout seul, je mis près de deux années à lui donner une âme ! ...
Pour le concierge Monsieur SERBIN, j'étais" un jeune homme extraordinaire".
On comprend aisément qu'une affaire de cette nature, et de cette envergure ne saurait être réalisée en un temps si court, en partant de zéro.

C'est qu'il existait déjà une base solide, une structure convenable, des ouvriers, des artisans, des architectes déjà à l'œuvre!
Ils existaient déjà, en effet, ces hommes et ces femmes qui avaient créé et animaient ce Centre d'Education Populaire, appelé Cours d'Adultes des Terres Sainville.
En son sein l' A.S.C.A. T.( 1) a servi de base au lancement de l'U.F.O.L.E.P. Scènes et Culture à L 'U.F.O.L.E.A - Le premier C.P.E, présidé par Henri POPINCOURT - (Élève des Cours d'Adultes) avec sa Bibliothèque, sa Coopérative, avait amené les troupes d'hommes, de femmes, de jeunes.
Ce sont ces êtres-là, entraînant leurs enfants aux premières manifestations organisées au nom de la F.OL qui ont permis à celle-ci d'être ce qu'elle est aujourd'hui.
Le 30e Congrès, en décembre 1977, donna lieu à une grandiose manifestation avec la présence d'une importante délégation de la Ligue elle-même.
Dans son livre " CONTACTS DE CIVILISATIONS EN MARTINIQUE ET EN GUADELOUPE " réalisé pour le compte de l'U.N.E.S.C.O. à la page 88, on peut lire l'hommage que rend le grand ethnologue Michel LERIS,au simple pionnier que je fus.
On comprend aisément pourquoi, au mois de décembre 1977, année du Cinquantenaire de la Création de la Fédération des Oeuvres Laïques de la Martinique, fut jetée par l'une des fenêtres de l'immeuble N° 31 de la rue PERRINON, non pas un lourd voile de silence, mais tout simplement une épaisse chape d'acier plombé .... afin qu'on ignore .... et qu'on ignore tout, toujours!
C'est Abraham Lincoln qui a dit, je ne sais plus où :
" - On peut tromper une partie du monde tout le temps. - On peut tromper tout le monde une partie du temps
- On ne peut pas tromper tout le monde, tout le temps".

PAIX-FRATERNITE & AMOUR

Abordant la fin de mon propos, je ne puis passer sous silence la loyale et fructueuse collaboration de tous ceux, de toutes celles, qui m'ont aidé à mener le navire au port, pavillon haut, à l'aurore du siècle nouveau, trébuchant sur ses deux ans. J'oublie volontiers les ISCARIOTE, que j'ai rencontrés, morts de leur vivant...
Siècle donc pour lequel nous souhaitons que les dominantes DROIT - JUSTICE et PAIX soient fortement appuyées sur l'HONNEUR, LA DIGNITE, la LOYAUIE, L'AMITIE! ... Car Si " personne, ici-bas, ne termine, et n'achève", comme nous le dit, le géant des lettres, nulle part, quelque loin que l'on remonte le couloir du temps, nul ne peut se vanter d'avoir fait tout, tout seul, tout le temps, et quel que soit par ailleurs, l'étendue de son génie, la richesse de ses réflexions, la puissance ou la magnificence de son imagination.
Une pensée particulière à ceux de la passerelle du Commandant, à ceux du gaillard d'avant qui,en haute mer, en pleine manœuvre, ont été foudroyés par d'inattendus coups de tonnerre, d'hypocrites et féroces coups de vent et, dans le sillage, de voraces requins! ...


Raphaël GERMAIN,il y aura bientôt six ans;
Serge BELMAT, il Y a tout juste 15 jours ....
"Le souvenir, dit le poète, est la présence dans l'absence, la parole dans le silence, et le retour sans fin d'une sensation passée, à laquelle le cœur donne l'immortalité."
Alors, permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de vous demander d'observer en leur souvenir, une minute de silence. •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
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Permettez-moi aussi de saluer la mémoire des maîtres d'École qui ont fait de l'arrière, l'arrière-petit-fils de l'ancienne esclave Malaca SALLASSEE, le maître SAE, le front haut et l'âme debout, devant vous.

Entre toutes et tous: Melle Hortense BAUDE qui me fit répéter des dizaines de fois:
A.B.C.D. .. Mme Nelly INIMOD qui m'apprit à lire ; Robert BELROSE qui me présenta au C.E.P. - Alfred DONGAR et Gérard CAFE au B.E. et, enfin à l'E.N : Antoine DIMBOUR ¬Barthélemy MEZIN - Fernand ROMANETTE. Ils m'ont donné les armes nécessaires au bon combat, d'une bonne vie.

Et maintenant que" l'heure qui sonne est sonnée" je ressens plus encore les fortes vibrations que déterminent ces mots:
" Objet inanimé, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme, et la force d'aimer ".

De cette École d'Application, OÛ je fis le plus jeune maître à y être nommé, je verrai toujours l'ombre du Directeur lB. ROUAM-SIM ; entendrai toujours la sonnerie de la cloche qu'il actionnait avec amour et grande solennité. Dans ma classe située à quelques mètres d'ici la devise, que je rappelle aux quatre sympathiques anciens élèves présents dans l'assemblée, était: TRAVAIL ET DISCIPLINE - CAMADERIE ET JOIE.

La place des Terres Sainville d'hier, avec sa fontaine lumineuse, et Madame HENRIOL, tour à tour, au fil des soirs, élève des Cours d'Adultes ou marchande de pistaches. Cachant son syllabaire à l'approche de chaque acheteur, au point, que le bruit court avec, persistance que cette vieille femme est une quimboiseuse " qui récite des "lorésons " pour écouler ses cornets.

Je l'entends de sa voix gouailleuse affirmer, qu'à l'âge de 14 ans, alors qu'elle tirait la senne sur la plage du Carbet, une tortue a envoyé du sable dans ses yeux, et que c'est 40 ans après, aux Cours d'Adultes, qu'on lui a enlevé ce sable!

Je revois Julien DUCLOVEL, genoux en terre, bras tendus vers le ciel, ayant voltigé bien loin sa casquette de cuir, remerciant dieu, le seigneur et le directeur de lui avoir permis d'avoir ce C.E.P - dont la possession était la condition sine qua non de sa titularisation, après ses 17 années de bons et loyaux services, en tant qu'aide infirmier à l'Hôpital Civil de l'Ermitage.
Son nom venant d'être prononcé du balcon de l'École, où l'Inspecteur donnait la liste des lauréats.

Le sympathique M. GASPART AGOT disait qu'un miracle venait de s'accomplir:
Saint-Antoine lui avait donné au cours de la même année son c.E.P - et un enfant, après 17 ans de mariage!
Mais hélas! ... Tâche d'ombre de ce riant tableau! ... Le souvenir de Solis PINARAY - que nous appelions alors le Diogène de Trénelle - mort de chagrin, parce qu'insidieusement, il avait été écarté de la présidence de la lA.T, qu'il avait créée avec le concours des Cours d'Adultes, où il venait d'obtenir le c.E.P. Devant sa tombe au cimetière de Trabaut, j'avais prononcé le mot d'adieu, comme pour: CREVON -RAMON - Jean ECANVIL - Michel SEREIN - Henri POPINCOURT - Flora CLOE ; de vaillants pionniers! ... Paix à leur âme.
Comment aussi ne point garder l'image de ces petites rues au nom si grand, volonté si je ne m'abuse du plus grand présent ici: IJ.R - MARAT - BLANQUI - ST JUST, CREMIEUX -L'OUVRIER ALBERT et le NO 23 de la rue de la P.O.P d'où ma mère s'en alla après avoir reçu l'extrême onction de l'inoubliable Abbé LAVIGNE.
Et pour terminer la charmante place Abbé Grégoire d'aujourd'hui et sa belle église en mariage si harmonieux en forme et en couleur!
Ces souvenirs impérissables qui me parleront bas dans le silence des soirs et les heures de longues solitudes, parce qu'enfouis profondément dans tous les recoins du cœur et les replis de l'âme, ils m'inclineront, ces souvenirs avec plus de ferveur à répéter:
objet inanimé avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer? "
Alors quand on peut rendre témoignage que l'on a rempli ses devoirs, qu'on a fait tout le bien, qu'il était possible de faire, malgré le navrement de nos sottes vanités, et malgré les obstacles inhérents à la nature des choses et au comportement des hommes.
On est plus sereinement en mesure de savourer cette pensée de E. KANT:
" Les deux plus belles choses de la vie, ce sont: Le ciel étoilé sur nos têtes et la conscience du devoir accompli dans nos cœurs!"
Heureux donc ceux-là, femmes et hommes, dignes de leur pays, qui au crépuscule d'une longue vie, puissent s'en aller par delà" les voûtes azurées, rêvant encore d'un monde meilleur".
Un monde où seraient extirpées la misère et la peur, l'injustice et la guerre. Un monde tel celui des cités lointaines, chanté par BEETHOVEEN dans son hymne à la joie ...
Un monde qui oubliera le temps des pleurs ...

Un monde enfin, tel que le rêvait le poète Paul ELUARD où:
" l'homme délivré de son passé absurde, dresse devant son frère un visage semblable, et donne à la raison des ailes vagabondes".

Samedi 12 Janvier 2002

Hector Saé

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HECTOR SAE
Le Bon Exemple
Samedi-05-Avril-2003
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Emission "le Bon Exemple"
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Vol: o1


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SIMELINE RANGON
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Ciméline RANGON

1925-2008

Née à Sainte-Marie en 1925, dans cette commune rurale du Nord-Atlantique et vivant toujours au rythme de traditions ancestrales, Ciméline Rangon commence à travailler très jeune: à l'âge de treize ans sa mère l'initie au travail des tibands puis elle rejoint l'habitation Union, appar¬tenant aujourd'hui aux rhums Saint-James, ainsi qu'une année durant, l'habitation Depaz à Saint¬Pierre. Amarreuse et tailleuse de cannes à sucre, elle est considérée comme étant l'une des ouvrières les plus performantes jusqu'à ce qu'un accident ne l'éloigne des champs.
Le travail est pénible, dur pour une jeune fille, mais son amour pour le chant l'a toujours soute¬nue. Dès l'âge de douze ans, en effet, elle fréquente les soirées de bel-air car sa mère, madame Duline, possède ce que l'on appelait à
l'époque une case bèlè au quartier Bezaudin où toute la famille réside. Par la suite elle animera ces mêmes soirées de bel-air, dont les tambours battaient le rappel, chaque samedi de morne en morne. Elle a connu les plus grands noms de la musique traditionnelle rurale : Man Carmélite dite Bodo, Stéphane Blanchard, Galfétè, Ti Emile, Féfé Maholany, etc.
Les femmes chanteuses de bel-air ont été très rares. Aujourd'hui encore Cirnéline Rangon, par sa présence, rehausse les soirées bel-air qu'elle continue de fréquenter. Membre de l'association Belle Alliance qui a enregistré un disque en 1993, où elle interprète avec brio des bel-airs et notamment la vwa bèf(1e chant qui accompagnait le tra¬vail des bœufs dans les champs de canne à sucre et qui a depuis totalement disparu).
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Cimeline Rangon : disparition d’une grande figure martiniquaise
03-11-2008
Cimeline Rangon, l’une des plus grandes voix féminines du bèlè, musique martiniquaise a été inhumée lundi 3 novembre 2008 au cimetière de Sainte-Marie.
La mort de Cimeline Rangon fut l’objet du dernier et bref reportage consacré aujourd’hui par la principale chaîne locale. C’est dire le peu d’importance que les martiniquais apportent à la disparition de cette figure majeure du chant, de l’improvisation et de la poésie créoles. Mais il est vrai que dans nos obscures Outre-mer, les Unes des journaux ne sont généralement réservées qu’aux personnages illustres ayant reçu des titres ou autres médailles de l'État français.

Marchande de son état, héritière d’un savoir-dire et d’un savoir-faire ancestral Cimeline a participé à la reconnaissance de la musique martiniquaise. Fière héritière, improvisatrice hors pair elle a œuvré pour la reconnaissance du bèlé, un rythme né de la résistance au système esclavagiste.

Véritable personnage, cette femme au corps et à la voix libres du joug colonial a porté grâce à son charisme la langue et la culture créoles au-delà de l’asservissement.
Ce lundi 03 novembre, grâce au rassemblement des tambouyés et des musiciens, le cortège accompagnant le corps à sa dernière demeure a su retrouver une empreinte créole.
Si nous revenons en arrière, nous constatons que dans le système habitionnaire, les religieux et les chroniqueurs s’étonnaient des étranges coutumes funéraires des nègres. La musique et les chants étaient omniprésents lors du décès d’un nègre sur l’habitation. Non pas du chant lyrique mais une musique rythmée au son du tambour et de la voix qui permettait d’exprimer la philosophie, l’identité et la symbolique créoles.
Les membres de la communauté signifiaient ainsi au mort qu’ils lui rendaient l’hommage auquel il avait droit en le représentant à travers la fonction sociale qu’il a eue dans le groupe.
Manifestement, les anciens ne vivaient pas dans la crainte de la mort parce qu’elle n’accordait pas un rôle aussi important à l’individualisation de la personne. Les rites funéraires créoles d’antan permettaient d’apprivoiser la mort et de glisser le drame de la mort du plan du réel au plan imaginaire (déplacements, symboles, métaphores), de réorganiser la société que la mort perturbait mais aussi de consoler les survivants même quand on croyait servir le défunt.

Simeline Rangon s’en allée dans une dignité créole, loin des discours et de la reconnaissance politicienne. Les grands grecs locaux ignorant sans nul doute de la notion même de patrimoine immatériel.

Diana RAMASSAMY
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