NOU KA SONJÉ
Maxence ELIZE
Vign_max_elize
Maxence ELIZE 


1928-1998

Né en 1928. Fils de Maxence ELIZE, exploitant de salle de spectacle et de cinéma à Saint-Pierre, Max fait des études de droit et d'économie avant de prendre la succession de son père à la tête de l'entreprise qu'il développe à la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et Haïti.

En 1970, il préside avec rigueur et créativité, la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Martinique. Conseiller économique et social de 1974 à 1984, Max ELIZE fut aussi membre du comité de surveillance de l'Institut d'Emission des Départements d'Outre-mer.

Max F. ELIZE est le concepteur du Palais des Congrès de Madiana à Schœlcher, qu'il ne connaîtra pas puisqu'il meurt en février 1998, quelques mois avant l'ouverture de ce complexe moderne d'une capacité de près de 3000 personnes.




Armand Nicolas
Armand Nicolas

Né en 1925. Etudes supérieures de Lettres et d'Histoire à l'Université de Paris (Sorbonne). Aeffectué toute sa carrière de Professeur dans les lycées de la Martinique.
Il a beaucoup œuvré à la connaissance et à la diffusion de l'histoire et à la promotion de la culture martiniquaises (articles, conférences, cours, recherches archéologiques, publications historiques).



HISTOIRE DE LA MARTINIQUE
Tome 3
De 1939 à 1971
Armand Nicolas
HISTOIRE DE LA MARTINIQUE
Tome 1
Des Arawaks à 1848
Armand Nicolas
HISTOIRE DE LA MARTINIQUE
Tome 2
De 1848 à 1939
Armand Nicolas

///////////
Promotion et reconnaissance du 22 mai en Martinique – historique d’une lutte pour le droit à la mémoire

par Ulrike Zander


Le 22 mai – date à laquelle les Martiniquais commémorent l’abolition de l’esclavage dans leur île – n’est reconnu par l’Etat français comme jour férié et chômé que depuis une vingtaine d’années. Le décret du 23 novembre 1983, émis par François Mitterrand, déclarant le 22 mai comme journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique – comme d’ailleurs d’autres dates pour les autres départements d’outre-mer – fut l’aboutissement de plusieurs années de luttes populaires acharnées, promues par les mouvements nationalistes et souvent réprimées dans la violence.
Dans cet exposé, je vais tout d’abord essayer de restituer un peu ce processus de réappropriation de la mémoire qui s’est déroulé essentiellement dans les années 1960/70 et dans lequel les organisations nationalistes (partis politiques et syndicats) ont joué un rôle prépondérant. D’ailleurs, pour cette restitution, je m’appuie avant tout sur des entretiens avec d’anciens nationalistes qui ont été acteurs ou témoins de ces événements, mais aussi sur des documents divers de l’époque.
Dans un deuxième temps, je vais dire quelques mots sur la signification symbolique de cette date du 22 mai, par opposition à celle du 27 avril, date à laquelle, en 1848, les décrets d’abolition de l’esclavage dans les quatre vieilles colonies furent signés par le Gouvernement provisoire de la Deuxième République à Paris.
Par ailleurs, quels étaient les objectifs – culturels et politiques – de ceux qui revendiquaient le 22 mai ?
Et enfin, aujourd’hui, qu’est devenue la commémoration du 22 mai et que représente-elle pour les Martiniquais ?

Le point de départ de la revendication du 22 mai comme date commémorative essentielle en Martinique semble être la publication d’une brochure intitulée « La révolution anti-esclavagiste de mai 1848 à la Martinique » par Armand Nicolas en 1960. Armand Nicolas était alors professeur d’histoire et membre du Parti communiste. Avant lui et dès 1944, un autre membre du PC, Gabriel Henry, avait fait des recherches sur les événements du 22 mai, sans pour autant les publier. C’est donc à partir de 1960 – au moment où les premières contestations politiques par rapport à l’assimilation se faisaient entendre – que cette revendication fut vraiment lancée. C’est à partir de cette révélation d’un fait historique qui était rentré dans l’oubli collectif, un fait historique jusque-là occulté, selon mes interlocuteurs, que le mouvement revendicatif s’est enclenché. Y prirent part le PC, le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) dont Aimé Césaire est le fondateur, des syndicats, et puis dans les années 70 plusieurs organisations à tendance indépendantiste comme la « Parole au Peuple » qui devint en 1978 le MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais), puis le GRS (Groupe Révolution Socialiste) et Combat Ouvrier. Un de mes interlocuteurs, un ancien nationaliste raconte : « Nous nous sommes battus – contre la répression – en faisant des grèves tout le temps afin de faire reconnaître ce 22 mai. (…) Les municipalités de droite s’opposaient farouchement. (…) Il y avait quand même un mouvement populaire qui se faisait et personnellement j’organisais beaucoup de conférences-débats. »

En 1978, le 22 mai fut commémoré dans plusieurs communes de gauche : Fort-de-France, le François, le Lamentin, Macouba, Morne-Rouge, Rivière-Pilote, Trinité. A l’époque, les maires avaient le droit d’accorder au personnel municipal ainsi qu’à celui des écoles publiques une journée chômée et payée, c’était la « journée du maire ». Les maires de ces communes avaient donc choisi à cette occasion la date du 22 mai afin de commémorer la révolte des esclaves. Il y avait tout un programme culturel et sportif, avec des expositions, conférences, spectacles et tournois.

Lorsque François Mitterrand fut élu Président de la République en 1981, il décida finalement d’accorder une journée commémorative pour l’abolition de l’esclavage aux peuples des DOM. Mais quelle date choisir entre le 27 avril et le 22 mai ? Le 27 avril 1848, le décret d’abolition de l’esclavage établi sous la pression des abolitionnistes menés par Victor Schoelcher fut signé à Paris ; le 22 mai, c’était la révolte des esclaves laquelle provoqua l’abolition immédiate le lendemain, 23 mai, alors que le décret était encore en voyage sur le bateau. Il y eut beaucoup de débats passionnés entre ceux qui revendiquaient le 27 avril, généralement situés à droite de l’échiquier politique et ceux qui luttaient pour la reconnaissance du 22 mai comme unique date correspondant à la réalité des faits. Ces derniers réclamaient avant tout la reconnaissance d’un fait historique dont les Martiniquais pouvaient en quelque sorte être fiers. Les insurgés de 1848 faisaient alors office de héros collectif, comme écrit Marie-José Jolivet (1987 : 302), un héros qui jusqu’alors avait fait défaut dans la conscience collective des Martiniquais. Car jusqu’alors, c’était Schoelcher que les Martiniquais avaient considéré comme le libérateur des esclaves. Mais c’était un personnage extérieur, faisant partie même du peuple colonisateur. Ce n’étaient d’ailleurs pas seulement les partis de droite qui étaient attachés à la mémoire de Schoelcher, mais aussi les partis de gauche pour lesquels ce démocrate et humaniste constituait l’élément de référence, comme l’explique un de mes interlocuteurs : « Tous les combats qui avaient été menés pendant le 20ème siècle par la gauche – combats syndicaux et luttes politiques – avaient été menés sous la figure de Schoelcher, donc il y avait quand même des réticences à abandonner complètement cette figure.» Le camp même des nationalistes était partagé entre ceux pour qui les deux faits historiques étaient liés et faisaient tous les deux partie de l’histoire martiniquaise, et ceux pour qui seule la révolte du 22 mai, témoignant de l’émergence d’une vraie conscience politique à l’intérieur du peuple d’esclaves comptait. Car si pendant un siècle, le mouvement anti-esclavagiste en Martinique et les événements du 22 mai avaient été ignorés ou occultés, la tentation était alors grande d’inverser la situation et de dénigrer la part active que Schoelcher et d’autres abolitionnistes avaient joué.

Mais de toute façon, il fallait choisir entre les deux dates celle qu’on voulait commémorer, et ce fut finalement le choix du 22 mai qui s’imposa, à la grande satisfaction de tous les acteurs ayant contribué à sa promotion pendant les vingt années précédant le décret du 23 novembre 1983. C’était l’aboutissement d’une lutte pour la reconnaissance et le droit à la mémoire collective, une lutte avant tout culturelle. Cependant, certains acteurs avaient aussi des objectifs politiques plus concrètes. Dans une déclaration datant du 22 mai 1978, le premier secrétaire de la Parole au Peuple, Alfred Marie-Jeanne, écrit :

« La connaissance de l’histoire est le ferment révolutionnaire du peuple. (…) Le 22 mai 1948 a pour nous valeur d’exemple. Il montre que quelles que soient les difficultés qui peuvent paraître à certains insurmontables à un moment donné, des hommes mûrs par un idéal arrivent toujours à gagner. »

Et plus loin :

« Le 22 mai 1848 doit nous apporter un regain d’espoir, de courage, de volonté, de fierté et même d’insolence.
Le 22 mai 1848 les esclaves ont brisé leurs chaînes mais les responsabilités essentielles sont restées dans les mêmes mains, et de nos jours encore l’homme martiniquais est dépouillé de tous les attributs de la souveraineté.
Une nouvelle date reste à inscrire dans notre histoire désormais, celle qui verra tout le pouvoir martiniquais passer aux mains du peuple martiniquais. »

Pour les militants du MIM et d’autres groupements indépendantistes, la reconnaissance du 22 mai, qui marque la revalorisation d’un passé héroïque jusqu’alors ignoré ne pouvait pas être une fin en soi. Cette « révolution culturelle » constituait plutôt un petit pas vers une véritable révolution politique, un petit pas sur le long chemin vers la libération complète du peuple martiniquais, c’est-à-dire l’indépendance nationale.

Nous allons maintenant voir assez brièvement l’évolution du 22 mai après 1983. On peut tout d’abord dire que les Martiniquais dans leur ensemble se sont très rapidement appropriés cette commémoration qui se fêtait désormais dans toutes les communes, quelles soient de gauche ou de droite. Elle donnait alors lieu à une véritable promotion du patrimoine culturel, avec contes, danses, expositions, manifestations artistiques et théâtrales, conférences etc. A part cela, les fameux tournois sportifs du 22 mai sont devenus une vraie tradition.
Ces dernières années, et plus particulièrement à partir de 1998, année du 150e anniversaire de l’abolition, d’autres revendications liées à ce processus de valorisation de la mémoire collective, et partant de la date centrale du 22 mai, ont vu le jour. Ce fut notamment la revendication lancée par la députée guyanaise Christiane Taubira pour la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité ou celle pour la réparation justement de ce crime. Cette dernière est revendiquée en Martinique par plusieurs organisations nationalistes, en première ligne le MODEMAS (Mouvement des Démocrates et Ecologistes pour une Martinique Souveraine) de Garcin Malsa et l’ASSAUPAMAR, une association qui lutte pour la sauvegarde de l’environnement et du patrimoine martiniquais. Mais ceci est encore un autre sujet que je ne vais pas aborder dans les détails ici.

Reste la question comment la population elle-même perçoit le 22 mai. C’est aujourd’hui une fête capitale pour les Martiniquais, même pour ceux qui à l’origine étaient contre cette commémoration. Un de mes interlocuteurs parle même de récupération de cet événement par les partis politiques de droite. Il est vrai que la population tout entière s’est appropriée ce moment historique qui lui fournit un héros collectif. D’ailleurs, tous les ans sont organisées un nombre important de manifestations culturelles et artistiques autour de la thématique de l’abolition de l’esclavage. Finalement, le 22 mai fait aujourd’hui pour les Martiniquais quasiment office de fête nationale, une fête qui rassemble toute la population sous le signe de la mémoire des ancêtres héroïques.
Cependant, il existe aussi une tendance à banaliser cette fête, surtout parmi les Martiniquais de moins de 20 ans, en effet ceux qui ont toujours connu le 22 mai comme jour de commémoration. Les événements historiques qui sont à l’origine rentrent alors à l’arrière plan au profit d’une simple occasion de s’amuser, comme pour toutes les autres fêtes.

En conclusion on peut dire que ce processus de valorisation de la mémoire collective, et en quelque sorte de réécriture de l’histoire est le résultat d’un mouvement revendicatif de contestation politique qui avait émergé dans le contexte de la décolonisation et de déception par rapport au processus d’assimilation. A l’arrivée des socialistes au pouvoir en France, ce fut l’aboutissement d’une véritable émancipation culturelle et avec celle-ci, paradoxalement, un affaiblissement de la revendication nationaliste réclamant une émancipation politique. Depuis lors, la plupart des mouvements indépendantistes et tout particulièrement le MIM ont reporté leurs aspirations à la souveraineté politique nationale dans un avenir lointain et indéfini et se contentent d’une sorte de souveraineté culturelle et de petits espaces de pouvoir local qu’ils ont conquis dans la dernière décennie. De toute façon, la population dans son ensemble n’est pas du tout prête à les suivre dans leurs objectifs d’émancipation politique. Elle reste au contraire très attachée au statut départemental comme le montre encore l’issue de la consultation populaire du 7 décembre 2003.


Bibliographie :

HENRY Gabriel, « 1848-1998 – 150e anniversaire de l’abolition », Actes du colloque du 21 mai 1997 : 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, coordonné par Gilbert Pago, Université des Antilles et de la Guyane, Campus de Schoelcher, Martinique, pp.15-24.

JOLIVET Marie-José, 1987, « La construction d’une mémoire historique à la Martinique : du schoelcherisme au marronisme », Cahiers d’Etudes africaines, 107-108, XXVII-3-4, pp. 287-309.

LANDI Elisabeth, 1997, « 27 avril, 22 mai, 23 mai : la construction d’un événement historique », France Antilles, 21 mai 1997.

MAUVOIS Georges, 1978, « Mai 1848 : Nonm pété chin-n ! », Chimin libèté. Histoire des Antilles, Ligue d’Union Antillaise (ouvrage collectif).

NICOLAS Armand, 1960, La révolution anti-esclavagiste de mai 1848 à la Martinique, Fort-de-France.



Articles de presse :

Programme de la commémoration mai 1848 révolution anti-esclavagiste de Martinique, samedi 19 mai au mardi 22 mai 1978, La Parole au Peuple, mai 1978.

« Bilan d’une fête et signification de la commémoration du 22 mai 1848 », La Parole au Peuple, 15 juin 1978.

« Un 22 mai dans tout son ampleur », France Antilles, 23 mai 1986.



Déclarations politiques :

« 22 mai 1978 – Déclaration du 1er secrétaire de la Parole au Peuple ».



Lois et décrets :

Loi n° 83-550 du 30 juin 1983 relative à la commémoration de l’abolition de l’esclavage.

Décret n° 83-1003 du 23 novembre 1983 relatif à la commémoration de l’abolition de l’esclavage.




Ulrike Zander
Journée d'études doctorales sur la Caraïbe 2004


Journées d'études doctorales sur la Caraïbe

Espaces de l'immigration haïtienne en Guyane française
La diaspora haïtienne à Paris : significations, visibilités et appartenances.
L’imaginaire de L’esprit-d’esclave-au-trésor en Haïti et en Martinique et son rapport différencié à la mémoire collective de l’esclavage : du témoignage à la “compensation”.
Problématique pour une redéfinition de la figure du métis dans la société martiniquaise comme objet ethnographique
Promotion et reconnaissance du 22 mai en Martinique – historique d’une lutte pour le droit à la mémoire
Quelques réflexions sur les associations haïtiennes de Guyane
Conscience nationale et identité en Martinique au tournant du millénaire
EXISTE-T-IL DES AFRO-MEXICAINS ?
La mise en scène théâtrale du conteur créole : attributs et rôle social
Le Bateau négrier ou l’anticipation du « Paradis cauchemardesque » dans les caraïbes à travers Canto Gemido de Eliseo Altunaga
Quelques pistes de lecture de la page de manuel scolaire costaricien « Azúcar, caramelo y miel ». Les représentations des Afro-descendants : des descendants rayés
Update a Story

///////




Le secrétariat de notre Parti a jugé utile, car instructif, la publication de l'allocution prononcée le 13 DECEMBRE 1985, par le Secrétaire général de notre Parti, à
la Maison de Culture du LAMENTIN, à l'occasion de l'hommage rendu à René MENIL, Victor LAMON, Georges GRATIANT, ces 3 pionniers de l'action des communistes au sein de notre patrie.

A travers eux, c'est bien une tranche de vie, une partie de l'histoire de
la MARTINIQUE, qui se déroule.

C'est succint même bref, mais combien riche d'enseignements. Très certainement ce ne sont que les jalons principaux qu'Armand NICOLAS a voulu placer. Nos lecteurs pourront à loisir se référer aux documents de l'époque (notamment à notre journal «JUSTICE », ou à notre revue «ACTION » pour approfondir leur connaissance sur les points soulevés.

Cela peut aussi inspirer nos étudiants en histoire, comme en sociologie, pour leurs thèses et surtout inciter notre jeunesse à prendre conscience que chaque amélioration de la classe ouvrière martiniquaise, du peuple travailleur martiniquais a été arrachée par l'aboutissement de luttes âpres, difficiles au cours desquelles le Parti communiste martiniquais a joué son rôle d'avant-garde et de premier plan.

André CONSTANT


///***///***///

Allocution d'Armand NICOLAS, Secrétaire général
du Parti” Communiste martiniquais à l'occasion des 50 ans de combat et de fidélité de:

Georges GRATIANT Victor LAMON
René MENIL




Très chers camarades Gratiant, Lamon, Menil,

Camarades et amis,

Gratiant, Lamon, Ménil, trois hommes qui ont marqué puissamment un demi- siècle de la vie, de l'histoire de notre pays.

Ces trois hommes sont de ceux qui ont fait notre Parti. Trois militants communistes:

GRATIANT, l'élu exemplaire au service du peuple, r avocat défenseur des causes populaires. LAM 0 N, l'organisateur des luttes ouvrières, bâtisseur et figure de proue du mouvement ouvrier, du syndicalisme martiniquais. MENIL, homme de réflexion et écrivain, intellectuel marxiste, à la source du combat pour la culture martiniquaise, pour l'identité martiniquaise.

Trois hommes qui sont chers au cœur des communistes, au cœur de notre peuple.

L’hommage que nous leur rendons ce soir, à l'occasion de leurs 50 années de combat au Service de leur peuple et de notre Parti, cet hommage n'est en aucune manière une cérémonie rituelle d'un quelconque culte de la personnalité ou la simple évocation d'une page de notre histoire.

Cet hommage est certes un témoignage de gratitude et d'affection mais aussi l'occasion de dégager le message dont ils sont porteurs, message qui a une importante signification pour notre lutte d'aujourd'hui et pour demain.

Il ne saurait être question pour moi de retracer ici dans le détail la vie de chacun d'eux. Mon propos sera donc:

1°) de montrer le rôle qu'ils ont joué ensemble, l'importance de la tâche accomplie ensemble aux principaux moments de notre histoire, pour faire avancer notre classe ouvrière, notre parti et notre peuple.

2°) de dégager, à travers leur action et par l'image d' eux- mêmes qu'ils présentent aux yeux des Martiniquais, une leçon en mesure de nous aider à mieux mener notre combat

Tous les trois se sont engagés dans l'action communiste au lendemain du coup de tonnerre que fut l'assassinat du journaliste et militant communiste André ALIKER en janvier 1934, à l'heure où le fascisme effectue son inquiétante montée en Europe.

En janvier 1933, HITLER et le nazisme accèdent au pouvoir en Allemagne. La poussée fasciste en France menace la démocratie Parlementaire bourgeoise. C'est la riposte puissante des masses populaires de France et l'union des forces de gauche dans le Front Populaire qui, de février 1934 à 1935 portent le coup d'arrêt aux fascistes français.

Dans le climat du fascisme montant, d'un anticommunisme délirant, les puissances d'argent, la féodalité usinière de
la Martinique étalent leur insolence et vont jusqu'au crime pour intimider et mettre à genoux tous ceux qui osent s'opposer à elles.

Mais les exploiteurs se trompent Leur crime fait se lever de nouveaux combattants. En 1935 se constitue en Martinique un groupe marxiste qui s'appelle «Front Commun». Parmi les fondateurs de ce groupe, il y a Georges GRATIANT, Victor LAMON, René MENIL Très tôt le nouveau groupe constate que rien ne le sépare du groupe «Jean JAURES» qui depuis 1920, avec Jules MONNEROT, Léopold BIS SOL, Juvenal LINVAL, Joseph DEL mène le combat communiste.

Dès 1936 c'est la fusion des 2 groupes pour constituer
la Région Communiste de
la Martinique, affiliée au P.C.F., qui affirme: « Notre programme est l'action ouvrière syndicale, sociale et politique en liaison avec nos camarades du Front Populaire de
la Métropole ».


Georges GRATIANT est commis d'économat au Lycée Schoelcher. René MENIL est professeur de philosophie. Il arrive de Paris où il a commencé le combat pour l'identité et la culture martiniquaise aux côtés de Thélus et Etienne LERO, Auguste THESEE en lançant dès 1932 le cri passionné de « Légitime Défense », cette revue d'étudiants martiniquais qui n'aura qu'un seul numéro mais qui fera date.

Le jeune Victor LAMON, est déjà engagé dans l'action syndicale après avoir bourlingué dans
la Caraïbe comme marin-navigateur, il a jeté l'ancre dans son pays pour créer des syndicats.

Tous les trois se jettent résolument dans l'action pour appliquer le mot d'ordre communiste« Classe contre classe. Tous aux syndicats ».

1935-1936 c'est la puissante vague des luttes ouvrières en Martinique. Tous les secteurs, toutes les catégories de travailleurs de
la Martinique, s'appuyant sur les grandes conquêtes de la classe ouvrière française due à la victoire du Front Populaire, déclenchent grève sur grève.

Aux côtés de BISSOL, J. DEL et autres, V. LAMON, G. GRATIANT, R. MENIL renforcent les syndicats. Et dès 1936 c'est l'union de ces syndicats dans l'U.D.C.G. T.,

Première centrale syndicale de l'histoire du mouvement ouvrier martiniquais. Comme on le voit, les communistes ont joué le rôle décisif dans l'union des forces syndicales, pour doter la classe ouvrière de moyens de défense et de lutte contre le patronat et le capitalisme. Oui, la devise Syndicale «L'union fait la force» a été bien comprise des communistes. La classe ouvrière martiniquaise arrache les conventions collectives, les congés payés, etc.

C'est cette même volonté d'union que l'on retrouve lorsque sera créé en Martinique en janvier 1936 « le Front Populaire antiusinier» rassemblant le groupe J. JAURES, le Front commun et les groupes laïques «
La Lumière» et « Libre Pensée ».

C'est encore l'union des forces de progrès qui fera élire en 1937 conseiller général de Fort-de-France, Léopold BISSOL, candidat du Front Populaire, le premier ouvrier de notre pays à accéder à l'Assemblée locale.

Quelle belle leçon n'est-ce pas pour ceux d'aujourd' hui ! Nous sommes heureux et fiers d'avoir suivi l'exemple des combattants de 1936-1937, en signant le 27 novembre 1985 le Pacte d'unité du P.C.M., du P.P.M., du P.S.,du Renouveau de Sainte-Marie.Comme nos ancêtres ont gagné en 1937,nous gagnerons en 1986,car l’union est notre force.


Puis voici le temps de Vichy, l'époque sinistre de l'Amiral Robert Les Communistes, interdits par le Gouvernement fasciste de PET AIN, deviennent les combattants de l'ombre, de la clandestinité.

Malgré une surveillance étroite de la police, ils parviennent à publier quelques numéros dactylographiés de « Justice ».

Menil et Gratiant, avec Césaire, dans l'équipe de la revue littéraire « Tropiques» affrontent les foudres de l'Amiral Robert qui interdira
la Revue.

Juin 1943, c'est la «Libération », le ralliement de
la Martinique à la «France Libre ». Les Communistes ont tenu leur place dans le soulèvement populaire qui a balayé le régime raciste et fasciste de l'Amiral Robert Gratiant et Auguste Duféal participent à la préparation du soulèvement populaire lié à la rébellion de l'armée de terre du Colonel Tourtet Ils seront chargés d'assurer la liaison entre le Comité de Libération et le Colonel Tourtet

Dès le lendemain de la victoire, les communistes agissent à nouveau au grand jour. «Justice» reprendra sa parution.

Et s'engagent alors les grandes luttes pour l'Egalité des Droits, pour les droits sociaux des travailleurs. C'est la lutte pour les salaires, pour
la Sécurité Sociale, pour la dignité des travailleurs. Lamon est à la tête de cette lutte. C'est lui que les travailleurs désignent pour aller en France discuter avec les ministères et pour cela ils lanceront une souscription destinée à couvrir les frais du voyage de notre camarade.

Cette souscription est déjà une victoire, car le patronat Béké avait tout fait pour dissuader les travailleurs d'accepter un prélèvement sur leurs salaires pour la cotisation ouvrière.

La mission de Lamon obtiendra plein succès. 1948:
la Sécurité Sociale est installée en Martinique. C'est une grande conquête de notre classe ouvrière pour laquelle Lamon et les communistes ont joué un rôle de premier plan.

Bien sûr, Lamon se heurtera à la rage du patronat; il perdra son travail d'employé de commerce.

Les colonialistes français et les capitalistes locaux associés veulent mettre au pas la classe ouvrière. La répression est sanglante: 2 ouvriers agricoles, les frères Jacques sont abattus au Carbet lors d'une grève. A Basse Pointe, 16 ouvriers agricoles sont arrêtés, pris comme otages, par suite de la découverte du cadavre du géreur de Fabrique. Ces faits témoignent de l'intensité de la lutte des classes. Les trois la mènent ensemble.

lamon, au plan syndical, à la tête de la

C.G. T., mais aussi comme conseiller général de Fort-de-France, au sein de l'assemblée


locale où sa grande connaissance des problèmes est précieuse pour que le groupe communiste défende les intérêts des travailleurs et du pays.

Menil, rédacteur en chef de «Justice» contribue à la mobilisation et à la clarification.

Gratiant se bat sur le front de la répression.

Il est l'un des avocats des 16 de Basse- Pointe, la cheville ouvrière de la défense. Il arrachera l'acquittement des 16 au terme d'un puissant mouvement de solidarité et de sympathie des travailleurs des Antilles et de France.

Gratiant contribue aux grands succès électoraux des communistes, à partir de 1945. Césaire et Bissol sont députés communistes. Au conseil général il y a une bonne douzaine d'élus communistes et plusieurs municipalités seront gagnées par les communistes, notamment Fort-de-France et Lamentin, les 2 principales villes du pays.

Gratiant sera élu Président du Conseil Général où il agit pour l'égalité des droits et pour le développement économique du pays. C'est le groupe communiste qui proposera un plan de développement, le premier du genre en Martinique.

En même temps, Gratiant est 1 er adjoint au Maire de Fort-de-France, et contribue aux profondes mutations de notre capitale.

L'activité d'élu du peuple, à de hauts niveaux de responsabilité, devient l'activité principale de G. Gratiant Tous les trois sont aussi des dirigeants du Parti: ils ont par leur autorité une grande influence dans la défmition de la ligne politique du Parti, aussi bien que dans l'action quotidienne. Ils ont fait de
la Fédération communiste de
la Martinique la 1 re force politique du pays ( aux législatives de 1956 les communistes obtiennent 65 % des suffrages).

Mais les communistes se heurtent au refus gouvernernemental d'appliquer loyalement et pleinement les lois de départementalisation. Dans le monde c'est la puissante vague de libération nationale qui met en branle les peuples colonisés. Dans l'empire colonial français, c'est la lutte héroïque du peuple vietnamien. C'est la lutte armée au Maroc, en Tunisie, en 1954 le début de l'insurrection algérienne.

Les empires coloniaux craquent de toutes parts. En 1955, les chefs d'Etat des colonies libérées se réunissent à
la Conférence de Bandoeng, lançant l'appel à la solidarité de tous les peuples opprimés pour arracher la décolonisation.

Tous ces événements exercent un impact sur les peuples antillais et poussent les communistes martiniquais à procéder à une analyse plus profonde du fait colonial: c'est l'émergence de la conscience nationale. Mais voici venir le temps des scissions, des difficultés et des épreuves.

Avec la démission de Césaire en 1956, alors que de toutes parts l'assaut est lancé contre le mouvement communiste martiniquais, Lamon, Gratiant, Menil et la direction du Parti organisent la résistance.

C'est dans l'épreuve, au bord de l'abîme parfois, que l'on reconnaît le courage et la valeur des hommes. Non seulement ils restent fermes sur les positions du marxismeléninisme, mais encore ils continuent à organiser et à mobiliser les masses populaires contre le capitalisme et le colonialisme.

La confusion qui règne dans l'esprit des masses amènent des échecs et reculs de notre Parti. Il faut garder la tête froide, colmater les brèches, regarder devant soi. U ne nouvelle ligne politique s'impose qui prend en compte le fait national martiniquais et qui va dans le sens du mouvement mondial de décolonisation, de libération nationale, des immenses progrès du socialisme à l'échelle mondiale.

En 1957 Lamon, Gratiant, Menil sont résolument pour la fondation du P.C.M., parti qui définira désormais' en toute indépendance sa ligne politique et le sens de ses actions.

A situation nouvelle,orientation nouvelle.En 1955 les communistes martiniquais lancent un nouveau mot d’ordre : « Participation plus large des Martiniquais à la gestion de leurs affaires ».



Les trois compagnons mènent une intense activité. A la mort de Fernand GUILON, la population laborieuse du Lamentin appelle Gratiant pour prendre en mains la direction de la commune. Et aujourd'hui, 25 ans après, n'est-ce pas, Lamentinois, que vous avez fait le bon choix, lorsque vous considérez le développement et la modernisation de votre commune?

Menil,de son côté, apporte au Parti l'efficacité de son esprit d'analyse, sa capacité à être attentif aux changements qui s'opèrent dans notre société. Il faut se dégager des schémas, du dogmatisme.

Le monde change,
la Martinique change. Il faut constamment ajuster la ligne du Parti. Chacun sait que René MENIL ajoué un rôle déterminant dans le tournant politique fondamental que constitue la revendication d'autonomie lancée par le P. C.M. à partir de 1960.

Lamon, quant à lui, fait souffler sur le mouvement syndical l'esprit nouveau qui affirme que le peuple martiniquais doit assumer son destin. Qui donc, sinon la classe ouvrière, doit prendre la tête de cette lutte de libération nationale, pour que celle-ci débouche sur le socialisme?

C'est pour mieux assumer cette mission que la classe ouvrière martiniquaise doit avoir une organisation syndicale ancrée dans

le sol martiniquais et guidée par des objectifs martiniquais associant la lutte de classes et la lutte contre le colonialisme.

Alors Lamon mettra tout en œuvre pour bâtir une puissante C. G. T. M., la 1 re centrale martiniquaise, indépendante, affiliée directement à la centrale syndicale mondiale. Il y parvient avec succès. Aujourd'hui
la CG TM est la centrale syndicale martiniquaise la plus influente, associant combativité, sens des responsabilités, souci de la défense intransigeante des intérêts des travailleurs.

Oui, cette grande conquête historique de nos travailleurs qu'est
la CGTM, Lamon en a été le tenace et patient architecte.

Mais être communiste n'est pas tâche de tout repos. C'est le combat permanent, ce qui veut dire ici la menace permanente des forces réactionnaires dont l'objectif principal est d'éliminer le parti de la classe ouvrière. Mais avec l'explosion de décembre 1959, les colonialistes comprennent que s'ouvre une nouvelle phase de la lutte de notre peuple.

1960 à 1965 : c'est un nouvel assaut des colonialistes, du pouvoir gaulliste contre la classe ouvrière et le P.C.M. 24 mars 1961, dans les rues du Lamentin, les forces policières mitraillent les ouvriers agricoles en grève: 3 morts, 25 blessés. Gratiant, maire du Lamentin, Lamon, Secrétaire général de
la CG TM sont là, au moment de la tuerie, aux côtés des


travailleurs. Ils ont assisté au drame et ils dénoncent

Prononçant son inoubliable discours « sur 3 tombes », Gratiant l'élu des Lamentinois, ne mâche pas les mots et cloue au pilori les responsables de cette nouvelle tuerie. Debré, Messmer, ceux-là mêmes qui patronnent le R P. R de Chirac, veulent faire taire la voix qui s'est élevée avec courage et dignité pour fustiger le crime. Ils engagent des poursuites contre Gratiant et veulent le faire chasser du Barreau.

Mais les colonialistes se casseront les dents devant la puissance de la protestation populaire. Cependant ils sont déchaînés: ils veulent briser notre Parti et engagent une cascade de procès contre nos dirigeants: lourdes condamnations et amendes, saisies incessantes de «Justice », perquisitions au domicile des dirigeants, ordonnance du 15 octobre 60, toute la panoplie de la répression est utilisée.

Gratiant est poursuivi, mais cela ne l'empêche nullement d'être à la barre aux côtés de tous les militants traînés devant les tribunaux, d'être aux côtés des jeunes anticolonialistes de l'O.J.A.M.

Le talent de l'avocat, la fermeté politique du militant s'intégrant bien sûr au puissant mouvement de protestation des forces démocratiques animé par le P.C.M., vont



contribuer à faire échouer le complot des colonialistes et de leurs valets locaux.

La tempête est passée. Mais les flots sont toujours agités et tous ceux qui ont vécu ces 20 dernières années de lutte contre le capitalisme et le colonialisme, pour r autonomie démocratique et populaire, pour la défense des intérêts des travailleurs, le savent bien.

Ils le savent, ceux qui ont vécu la tragédie de Cholvet, en février 1974, lorsque les forces de répression sur ordre de Chirac, ministre de l'agriculture, ont mitraillé les ouvriers agricoles en grève. 2 nouveaux martyrs IImany et Marie- Louise, sur la longue liste des combattants de l'émancipation ouvrière. Gratiant et Lamon étaient là encore aux avants-postes. Et chacun se souvient que c'est le Maire du Lamentin qui depuis le lieu du drame a escorté le cadavre du jeune Marie-Louise pour que la vérité soit connue sur l'identité des assassins, tandis que le Maire de droite de Basse- Pointe se cachait et fuyait lamentablement ses responsabilités.

C'est avec la plume, une arme qui peut être d'une redoutable efficacité, que, dans ces temps troublés, René Menil tient son poste de combat Il est le Directeur de la revue « Action », revue politique et idéologique du P.C.M. Là il mène la lutte sur le terrain des idées: il souligne les limites de la négritude, le danger du gauchisme, la nécessité d'approfondir


la réflexion sur le développement historique du marxisme à
la Martinique ou sur les données d'une culture authentiquement martiniquaise.

C'est que sur tous les terrains la lutte est dure surtout que de nouvelles épreuves frappent notre Parti. Là encore il faut colmater les brèches. Il faut tenir ferme le gouvernail pour ne pas heurter les rochers.

Gratiant, Lamon, Ménil ont beaucoup aidé à tenir ferme le gouvernail. Ainsi pour les communistes les années ont passé avec leur cortège de luttes quotidiennes, de progrès ou de reculs, face au pouvoir R P. R Giscardien. Et notre Parti Communiste n'a pas abandonné un seul instant la tâche ardue de mobiliser notre peuple contre toutes les injustices, contre l'exploitation et le chômage pour faire triompher les légitimes revendications des travailleurs. Nous connaissons tous l' opiniatreté de Victor. Lamon et de
la C. G. T.M. pour faire appliquer ici les lois sur le chômage, afin de soulager la détresse des chômeurs et de leurs familles. Nous savons qu'ils ont gagné, obtenant ainsi un titre nouveau à la reconnaissance des travailleurs.

Voilà bien 50 années, un demi- siècle que nous avons traversés à les suivre, Gratiant, Larnon, Menil, dans leur vie de militants communistes. A l'heure où, à leur âge, beaucoup d'hommes

cherchent un repos bien gagné, eux, Gratiant, Lamon, Menil continuent inlassablement, tout naturellement, tout simplement, sur la voie qu'ils ont choisie au service de leur peuple.

Gratiant, Maire, conseiller général, entouré de son équipe dynamique, transforme le Lamentin, donne à la ville de
la Martinique un visage moderne avec ses quartiers nouveaux, son urbanisme en rénovation, ses installations sportives, ses remarquables réalisations sociales (crèches, maison de personnes âgées, etc.)

Gratiant, le Vice Président du Conseil Régional, apporte par sa sagesse, par son expérience, une efficace contribution à la cohésion et à la réussite de la coalition de gauche.

Les petits farceurs qui parlent du « Vieux Gratiant» ne connaissent pas cet homme d'une honnêteté exemplaire à l'esprit jeune, ouvert, à la démarche rapide, toujours occupé le jour et souvent la nuit, toujours soucieux de faire ce qu'il doit faire, non pas pour lui, mais pour ses compatriotes, pour que les gens du peuple vivent mieux.

Lamon, devenu Président d'honneur de la

C.G. T.M., continue d'apporter au mouvement ouvrier le fruit de son irremplaçable expérience, entouré du respect et de l'estime de milliers et de milliers de Martiniquais.

Menil, travaille à rassembler les fruits de sa réflexion sur les grands problèmes de la


Littérature antillaise. Il a publié récemment, outre plusieurs articles dans des revues littéraires françaises, un remarquable ouvrage: «Tracées, identité, négritude, esthétique aux Antilles ». Il y a toujours dans ses analyses une approche créatrice, à l'opposé du dogmatisme, bref une approche véritablement marxiste. Il est justement considéré comme un des grands intellectuels antillais de notre époque. Il a été, à Cuba, membre du Jury du Prix International de littérature de la « Casa de los Américos » et a participé comme invité à d'importantes rencontres d'intellectuels d'Amérique Latine.

Voilà donc devant nous 3 hommes, différents de caractère, mais, comme ils se ressemblent! C'est la même fermeté idéologique, la même fidélité à leur parti, le même dévouement à la cause du peuple; c'est aussi leur haute conscience civique, leur générosité, leur honnêteté, cette discrétion, cette modestie, cette simplicité qui suscitent estime et respect

Je me souviens de ce jour où Menil est venu me trouver et m'a remis un chèque d'un million de centimes en me disant: «c'est pour le parti mais n'en parles à personne », alors que certains hommes de droite fêtent leur premier milliard de centimes, eux les 3, ils fêtent leurs 50 années de coups reçus, de sacrifices consentis, de travail inlassable.

Comme vous les voyez, ces 3 militants communistes ont créé une certaine image de l'honneur politique qui n'a rien à voir avec les gesticulations de ces politiciens creux et prétentieux qui jouent à la vedette, spécialistes

de la magouille, qui se servent du peuple pour satisfaire une ambition effrénée. Voyez-les se battre becs et ongles pour le partage des sièges aux prochaines élections de 1986. Gratiant; Lamon, Menil n'ont jamais demandé de postes ni d'hommes. Ils n'ont jamais écrasé personne pour se livrer à une quelconque prébende. Ils sont allés au combat, en militants


Disciplinés, chaque fois que le Parti l'a voulu, même lorsque l'échec était au bout Et ils ont accompli leur longue et lourde tâche, avec abnégation. Certes ils ont des ennemis, parce qu'ils sont communistes. Mais je suis sûr qu'ils ont gagné le respect des Martiniquais y compris de nos ennemis.

Aujourd'hui que s'ouvre une page nouvelle de l'histoire martiniquaise avec l'union des forces de gauche, notre peuple a besoin d'hommes politiques de cette stature.

Dans quelques mois, les forces populaires de
la Martinique auront à livrer une bataille électorale d'une immense importance. Il faut en Martinique barrer la route aux politiciens de droite dont la malfaisance n'est plus nécessaire à démontrer. Face au retour possible au pouvoir de la droite en France, il faut créer ici une force de résistance et de lutte, capable de

s'opposer aux entreprises réactionnaires RP.R, U.D.F., une force capable de poursuivre le travail de redressement économique, de progrès et de promotion culturelle commencé au Conseil Régional par la coalition de gauche.

Notre Parti a beaucoup fait pour que se réalise, pour la première fois dans notre pays, une large union de toutes les forces de gauche. Nous sommes heureux que nos efforts aient porté leurs fruits, car nous savons qu'avec cette union nous avons toutes les chances de


gagner les élections de 1986. A chaque élection, il y aura une liste unique de la gauche avec un programme électoral commun. Mais il faudra se battre, partout convaincre nos compatriotes de la justesse de notre politique, bref mobiliser toutes nos énergies.

Nous savons que dans ce combat nous aurons avec nous Gratiant, Lamon, Menil. Et le plus bel hommage que nous pourrons rendre à ces vaillants militants, c'est de remporter une grande victoire en 1986.

Le plus bel hommage que nous puissions leur rendre, c'est de renforcer constamment notre Parti en renforçant notre cohésion, notre unité idéologique, notre organisation, en étant toujours attentifs aux préoccupations des masses populaires et actifs dans la défense de leurs revendications.

Renforcer notre Parti, c'est aussi lui gagner de nouveaux adhérents, notamment des jeunes. Au cours de ces dernières semaines, de nombreux jeunes ont demandé à entrer au P. C. M. Plusieurs d'entre eux recevront ici même leur carte 1986 des mains de nos 3 camarades. Je lance un appel aux Martiniquais présents dans cette salle pour qu'ils rejoignent les rangs du Parti de Gratiant, Lamon, Menil.

Que la remise des cartes 86 soit dans toutes les sections l'occasion de gagner de nouveaux adhérents.

Jeunes communistes, jeunes Martiniquais, pensez toujours à ces trois hommes debout Leur vie, leur exemple vous aideront à mieux affronter les difficultés et à marcher d'un pas assuré sur la route du progrès, de la justice sociale et de la liberté.

Au nom de vous tous, permettez- moi d'associer dans cet hommage les courageuses épouses de nos camarades qui les ont aidés et accompagnés à tout instant de leur combat

Au nom de vous tous, au nom de milliers de Martiniquais et de Martiniquaises, permettez moi d'exprimer à Gratiant, Lamon, Menil, notre admiration et notre fraternelle affection.

Vive Gratiant, Lamon, Menil!

Vive le Parti communiste martiniquais!

Fort-de-France,le 13 décembre 1985.

Léopold Bissol
Vign_2222222
BISSOL (Léopold)

Né le 8 octobre 1889 au Robert (Martinique)

Décédé le 18 septembre 1982 à Fort-de-France (Martinique)


Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Martinique)

Député de la Martinique de 1946 à 1958


Léopold Bissol est né le 6 octobre 1889 à la Augrain, commune du Robert (chef-lieu de canton sur la côte Nord de la Martinique). Il est de père inconnu, sa mère, Nelcine Nelsina Bissol, étant cultivatrice. A l'àge de deux ans, il perd celle-ci dans un cyclone qui ravagea la Martinique en 1891. Après le certificat d'études primaires, Léopold Bissol entre au cours complémentaire de Fort-de-France (Martinique), puis devient artisan ébéniste. Ses activités professionnelles s'accompagnent, à partir de 1922, d'une importante action syndicale auprès des ouvriers agricoles, et, plus tard, il déclarera notamment à ce sujet : "Syndicaliste, j'ai formé plusieurs syndicats, et éveillé ceux qui étaient en sommeil en 1936". De fait, Léopold Bissol est pratiquement considéré comme le fondateur du parti communiste martiniquais. Il sera également conseiller des prud'hommes pendant une douzaine d'années.

Proche du parti communiste, Léopold Bissol aura rapidement des responsabilités politiques importantes aux niveaux régional et local. Elu conseiller municipal, puis conseiller général de Fort-de-France en 1937, il participe activement à la Résistance pendant la guerre, et reçoit la médaille de la résistance. En 1945, il est élu au conseil municipal de Fort-de-France, et nommé adjoint au maire de la ville. Il sera par la suite conseiller municipal de Rivière-Pilote, dans l'intérieur, et, à partir du 24 avril 1955, conseiller général de Vauclin (sur la côte Nord de l'île). Il dirige en outre l'hebdomadaire Justice.

Le 21 octobre 1945, aux élections pour la première Assemblée nationale Constituante, il est élu au deuxième tour député communiste de la 2e circonscription de la Martinique, avec 8 185 voix sur 14 825 suffrages exprimés (mais 47 418 inscrits). Membre de la Commission des territoires d'outremer, il dépose notamment, le 17 janvier 1946, une proposition de loi demandant que la Guadeloupe et la Martinique soient départements français, et intervient largement dans la discussion qui s'y rapporte : " L'Assemblée (...) aura, j'en suis sûr, le mérite de réaliser les souhaits formulés par Victor Schoelcher depuis 1848 (...). Que ce soit en 1870-1871, en 1914--1918, en 1939-1945, les fils et les filles des vieilles colonies ont toujours eu un élan spontané, volontaire vers la France envahie et meurtrie. Pas un bourg des Antilles qui n'ait payé son lourd tribut à la lutte de la France contre les invasions ennemies... " La loi d'assimilation est votée à l'unanimité le 19 mars 1946.

Le 2 juin 1946, Léopold Bissol, candidat communiste dans la même circonscription de la Martinique, recueille au deuxième tour 9 100 voix sur 17 295 suffrages exprimés (47 858 inscrits), et devient membre de la seconde Assemblée nationale Constituante. Il siège à nouveau à la Commission des territoires d'outremer.

Lors des élections du 18 novembre 1946 pour la première législature, Léopold Bissol figure en seconde position sur la liste présentée par le parti communiste dans le département de la Martinique. Cette liste, conduite par le maire de Fort-de-France, Aimé Césaire, réunit 34 659 voix sur 55 007 suffrages exprimés (119 467 inscrits), et remporte deux des trois sièges à pourvoir. Léopold Bissol devient donc député de la Martinique pour la première législature. L'élection ne pourra cependant être validée que le 22 mai suivant, le 5e bureau déposant un rapport tendant à l'annulation, sans être cependant suivi par la majorité de l'Assemblée. Celle-ci conclut toutefois à la nécessité d'une révision intégrale des listes électorales à la Martinique.

Léopold Bissol siège dans de nombreuses commissions parlementaires. Outre celle des territoires d'outremer (1946), et celle de la marine marchande et des pêches (1947 à 1951), évidemment importante pour l'élu d'une île, il est également membre de la Commission du travail et de la sécurité sociale (1947), et de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique (1948, 1949, 1950, 1951).

Léopold Bissol intervient souvent dans les discussions parlementaires, et notamment lorsqu'elles couvrent des questions relatives à l'outremer : ainsi, le 18 juillet 1947, pour déplorer que la loi de départementalisation de mars 1946 n'ait pas été suivie des décrets d'application correspondants. De même, il intervient à plusieurs reprises dans les discussions budgétaires. Le 8 juin 1950, à propos du budget de la marine marchande, il s'étonne des tarifs appliqués vers les Antilles et souligne que la départementalisation s'est accompagnée d'une augmentation très importante du prix du passage, alors que la Compagnie générale transatlantique jouit d'un monopole absolu. Il déplore également qu'il soit fait de moins en moins appel à des marins antillais. Le 12 juin suivant, il présente, à propos du budget de la santé publique, des observations sur la lutte contre la lèpre dans les territoires d'outremer. Enfin, il dépose le 22 novembre 1950, une proposition de résolution invitant le gouvernement à attribuer un premier secours de 15 millions de francs aux victimes de l'incendie de Marin, chef-lieu de canton du Sud de la Martinique.

Léopold Bissol vote pour la candidature de Léon Blum comme président du gouvernement provisoire (12 décembre 1946) et contre la question de confiance à la suite du vote de laquelle Paul Ramadier se séparera de ses ministres communistes (4 mai 1947), et il s'abstient volontairement lors du vote du 27 août suivant sur le statut de l'Algérie.

Le parti communiste présente à la Martinique, pour les élections législatives du 17 juin 1951, une liste toujours conduite par Aimé Césaire, maire de Fort-de-France. Ses engagements électoraux insistent tout particulièrement sur le fait que les communistes, écartés du pouvoir depuis 1947, ne peuvent être tenus pour responsables de l'aggravation de la situation, qu'ils décrivent. La liste communiste obtient 41 231 voix sur 65 626 suffrages exprimés (107 432 inscrits), et remporte deux des trois sièges à pourvoir. Léopold Bissol, en seconde position sur la liste, est donc réélu député de la Martinique pour la seconde législature.

Il est à nouveau nommé membre de la Commission de la marine marchande et des pêches (1951, 1953, 1954, 1955), et dépose un très grand nombre de textes qui concernent pratiquement tous la Martinique, les Antilles, ou, plus largement, la France d'outremer. Il s'agissait notamment, à la suite de la départementalisation, de faire appliquer outremer certaines dispositions régissant la France métropolitaine. Ainsi, sa proposition de loi du 13 novembre 1951 vise à introduire à la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion, les dispositions de la lot du 5 avril 1884 sur l'organisation municipale qui n'y sont pas encore en vigueur. Le 27 mai 1952, il demande que l'on commémore officiellement le cent-cinquantième anniversaire de la mort, survenue le 28 mai 1802 à la Guadeloupe, du colonel Louis Delgrès, qui aurait résisté aux troupes du général Richepanse, "chargées par Bonaparte de rétablir l'esclavage".

Léopold Bissol intervient en outre très largement dans les discussions. Le 14 septembre 1951, il dépose une demande d'interpellation à propos des violences exercées par les gendarmes à Fort-de-France, puis une autre, le 19 février 1952, à propos des incidents graves qui s'étaient déroulés au Moule, chef-lieu de canton de la côte Nord de la Guadeloupe. Il intervient également sur les questions budgétaires lorsqu'elle intéressent les Antilles ou les affaires maritimes.

Léopold Bissol vote contre la ratification du traité de Paris sur la CECA (13 décembre 1951), contre l'ordre du jour gouvernemental lors des débats sur l'Indochine (27 octobre 1953), pour l'adoption de la question préalable opposée à la ratification du traité de Paris sur la CED (Communauté européenne de défense), vote équivalant au rejet du traité (30 août 1954), contre la confiance au gouvernement à propos de la politique et de la situation en Algérie (18 décembre 1954), et contre la confiance à Pierre Mendès France (5 février 1955). Le 31 mars suivant, il vote contre la loi d'urgence en Algérie, puis, le 29 novembre, contre la confiance à Edgar Faure.

Lors des élections du 2 janvier 1956 pour la troisième législature, Léopold Bissol figure à nouveau en seconde position sur la liste communiste conduite par Aimé Césaire à la Martinique. Ses engagements électoraux insistent sur les difficultés très grandes de la Martinique : "La plupart des distilleries ont cessé toute activité (...), la Martinique est devenue une terre de misère et de marasme". Avec 46 915 voix sur 75 868 suffrage exprimés (121 668 inscrits), la liste communiste conserve ses deux sièges, et lui--même est donc réélu député de la Martinique. Il est à nouveau nommé membre de la Commission de la marine marchande et des pêches (1956-1957). Député particulièrement actif, il ne dépose pas moins de onze textes au cours de cette brève législature. Sa proposition de loi du 7 février 1956 tend à normaliser les rapports entre les usines à sucre ou les distilleries et les petits planteurs qui les fournissent habituellement, et celle du 13 mai 1958 à développer la lutte contre la lèpre.

Il vote contre la confiance au gouvernement sur sa politique générale et la situation à Suez et en Algérie (25 octobre 1956), contre la confiance à Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957), contre la ratification des traités instituant la CEE et l'Euratom (9 juillet 1957), et contre la loi-cadre sur l'Algérie (30 septembre 1957). S'il se prononce pour l'état d'urgence (16 mai 1958) et la révision constitutionnelle (27 mai 1958), il vote contre la confiance au général de Gaulle (1er juin 1958) contre les pleins pouvoirs et la loi constitutionnelle (2 juin 1958).

Léopold Bissol s'était marié à Fort-de-France (Martinique) le 23 juin 1917 avec Marie-Marguerite Marie-Joséphine, dont il eut 8 enfants. Il est décédé à Fort-de-France le 18 septembre 1982

pour en savoir plus clique ici

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/IVRepublique/bissol-leopold-08101889.asp 

-------------------------------------////////////////////////---------------------
---------------------------------------------------------------------------------------------
Né le 6 octobre 1889 au Robert (Martinique). Décédé le 18 septembre 1982 à Fort-de-France (Martinique) Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Martinique) Député de la Martinique de 1946 à 1958


Léopold Bissol est né le 6 octobre 1889 à la Augrain, commune du Robert (chef-lieu de canton sur la côte Nord de la Martinique). Il est de père inconnu, sa mère, Nelcine Nelsina Bissol, étant cultivatrice. A l'âge de deux ans, il perd celle-ci dans un cyclone qui ravagea la Martinique en 1891. Après le certificat d'études primaires, Léopold Bissol entre au cours complémentaire de Fort-de-France (Martinique), puis devient artisan ébéniste. Ses activités professionnelles s'accompagnent, à partir de 1922, d'une importante action syndicale auprès des ouvriers agricoles, et, plus tard, il déclarera notamment à ce sujet : « syndicaliste, j'ai formé plusieurs syndicats, et éveillé ceux qui étaient en sommeil en 1936 ». De fait, Léopold Bissol est pratiquement considéré comme le fondateur du parti communiste martiniquais. Il sera également conseiller des prud'hommes pendant une douzaine d'années.

Proche du parti communiste, Léopold Bissol aura rapidement des responsabilités politiques importantes aux niveaux régional et local. Elu conseiller municipal, puis conseiller général de Fort-de-France en 1937, il participe activement à la Résistance pendant la guerre, et reçoit la médaille de la Résistance. En 1945, il est élu au conseil municipal de Fort-de-France, et nommé adjoint au maire de la ville. Il sera par la suite conseiller municipal de Rivière-Pilote, dans l'intérieur, et, à partir du 24 avril 1955, conseiller général de Vauclin (sur la côte Nord de l'île). Il dirige en outre l'hebdomadaire Justice.

Le 21 octobre 1945, aux élections pour la Première Assemblée nationale Constituante, il est élu au deuxième tour député communiste de la 2e circonscription de la Martinique, avec 8 185 voix sur 14 825 suffrages exprimés (mais 47 418 inscrits). Membre de la Commission des territoires d'outre-mer, il dépose notamment, le 17 janvier 1946, une proposition de loi demandant que la Guadeloupe et la Martinique soient départements français, et intervient largement dans la discussion qui s'y rapporte : « l'Assemblée (...) aura, j'en suis sûr, le mérite de réaliser les souhaits formulés par Victor Schoelcher depuis 1848 (...). Que ce soit en 1870-1871, en 1914-1918, en 1939-1945, les fils et les filles des vieilles colonies ont toujours eu un élan spontané, volontaire vers la France envahie et meurtrie. Pas un bourg des Antilles qui n'ait payé son lourd tribut à la lutte de la France contre les invasions ennemies... » La loi d'assimilation est votée à l'unanimité le 19 mars 1946.

Le 2 juin 1946, Léopold Bissol, candidat communiste dans la même circonscription de la Martinique, recueille au deuxième tour 9 100 voix sur 17 295 suffrages exprimés (47 858 inscrits), et devient membre de la seconde Assemblée nationale Constituante. Il siège à nouveau à la Commission des territoires d'outre-mer.

Lors des élections du 18 novembre 1946 pour la première législature, Léopold Bissol figure en seconde position sur la liste présentée par le parti communiste dans le département de la Martinique. Cette liste, conduite par le maire de Fort-de-France, Aimé Césaire, réunit 34 659 voix sur 55 007 suffrages exprimés (119 467 inscrits), et remporte deux des trois sièges à pourvoir. Léopold Bissol devient donc député de la Martinique pour la première législature. L'élection ne pourra cependant être validée que le 22 mai suivant, le 5e bureau déposant un rapport tendant à l'annulation, sans être cependant suivi par la majorité de l'Assemblée. Celle-ci conclut toutefois à la nécessité d'une révision intégrale des listes électorales à la Martinique.

Léopold Bissol siège dans de nombreuses commissions parlementaires. Outre celle des territoires d'outre-mer (1946), et celle de la marine marchande et des pêches (1947 à 1951), évidemment importante pour l'élu d'une île, il est également membre de la Commission du travail et de la sécurité sociale (1947), et de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique (1948, 1949, 1950, 1951).

Léopold Bissol intervient souvent dans les discussions parlementaires, et notamment lorsqu'elles couvrent des questions relatives à l'outre-mer : ainsi, le 18 juillet 1947, pour déplorer que la loi de départementalisation de mars 1946 n'ait pas été suivie des décrets d'application correspondants. De même, il intervient à plusieurs reprises dans les discussions budgétaires. Le 8 juin 1950, à propos du budget de la marine marchande, il s'étonne des tarifs appliqués vers les Antilles et souligne que la départementalisation s'est accompagnée d'une augmentation très importante du prix du passage, alors que la Compagnie générale transatlantique jouit d'un monopole absolu. Il déplore également qu'il soit fait de moins en moins appel à des marins antillais. Le 12 juin suivant, il présente, à propos du budget de la santé publique, des observations sur la lutte contre la lèpre dans les territoires d'Outre-mer. Enfin, il dépose, le 22 novembre 1950, une proposition de résolution invitant le Gouvernement à attribuer un premier secours de 15 millions de francs aux victimes de l'incendie de Marin, chef-lieu de canton du Sud de la Martinique.

Léopold Bissol vote pour la candidature de Léon Blum comme président du Gouvernement provisoire (12 décembre 1946) et contre la question de confiance à la suite du vote de laquelle Paul Ramadier se séparera de ses ministres communistes (4 mai 1947), et il s'abstient volontairement lors du vote du 27 août suivant sur le statut de l'Algérie.

Le parti communiste présente à la Martinique, pour les élections législatives du 17 juin 1951, une liste toujours conduite par Aimé Césaire, maire de Fort-de-France. Ses engagements électoraux insistent tout particulièrement sur le fait que les communistes, écartés du pouvoir depuis 1947, ne peuvent être tenus pour responsables de l'aggravation de la situation, qu'ils décrivent. La liste communiste obtient 41 231 voix sur 65 626 suffrages exprimés (107 432 inscrits), et remporte deux des trois sièges à pourvoir. Léopold Bissol, en seconde position sur la liste, est donc réélu député de la Martinique pour la seconde législature.

Il est à nouveau nommé membre de la Commission de la marine marchande et des pêches (1951, 1953, 1954, 1955), et dépose un très grand nombre de textes qui concernent pratiquement tous la Martinique, les Antilles, ou, plus largement, la France d'outre-mer. Il s'agissait notamment, à la suite de la « départementalisation », de faire appliquer outre-mer certaines dispositions régissant la France métropolitaine. Ainsi, sa proposition de loi du 13 novembre 1951 vise à introduire à la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion, les dispositions de la loi du 5 avril 1884 sur l'organisation municipale qui n'y sont pas encore en vigueur. Le 27 mai 1952, il demande que l'on commémore officiellement le cent cinquantième anniversaire de la mort, survenue le 28 mai 1802 à la Guadeloupe, du colonel Louis Delgrès, qui aurait résisté aux troupes du général Richepanse, « chargées par Bonaparte de rétablir l'esclavage ».

Léopold Bissol intervient en outre très largement dans les discussions. Le 14 septembre 1951, il dépose une demande d'interpellation à propos des violences exercées par les gendarmes à Fort-de-France, puis une autre, le 19 février 1952, à propos des incidents graves qui s'étaient déroulés au Moule, chef-lieu de canton de la côte Nord de la Guadeloupe. Il intervient également sur les questions budgétaires lorsqu'elle intéressent les Antilles ou les affaires maritimes.

Léopold Bissol vote contre la ratification du traité de Paris sur la C.E.C.A (13 décembre 1951), contre l'ordre du jour gouvernemental lors des débats sur l'Indochine (27 octobre 1953), pour l'adoption de la question préalable opposée à la ratification du traité de Paris sur la C.E.D. (Communauté européenne de défense), vote équivalant au rejet du traité (30 août 1954), contre la confiance au Gouvernement à propos de la politique et de la situation en Algérie (18 décembre 1954), et contre la confiance à Pierre Mendès-France (5 février 1955). Le 31 mars suivant, il vote contre la loi d'urgence en Algérie, puis, le 29 novembre, contre la confiance à Edgar Faure.

Lors des élections du 2 janvier 1956 pour la troisième législature, Léopold Bissol figure à nouveau en seconde position sur la liste communiste conduite par Aimé Césaire à la Martinique. Ses engagements électoraux insistent sur les difficultés très grandes de la Martinique : « la plupart des distilleries ont cessé toute activité (...), la Martinique est devenue une terre de misère et de marasme ». Avec 46 915 voix sur 75 868 suffrage exprimés (121 668 inscrits), la liste communiste conserve ses deux sièges, et lui-même est donc réélu député de la Martinique. Il est à nouveau nommé membre de la Commission de la marine marchande et des pêches (1956-1957). Député particulièrement actif, il ne dépose pas moins de onze textes au cours de cette brève législature. Sa proposition de loi du 7 février 1956 tend à normaliser les rapports entre les usines à sucre ou les distilleries et les petits planteurs qui les fournissent habituellement, et celle du 13 mai 1958 à développer la lutte contre la lèpre.

Il vote contre la confiance au Gouvernement sur sa politique générale et la situation à Suez et en Algérie (25 octobre 1956), contre la confiance à M. Bourgès-Maunoury (12 juin 1957), contre la ratification des traités instituant la C.E.E. et l'Euratom (9 juillet 1957), et contre la loi-cadre sur l'Algérie (30 septembre 1957). S'il se prononce pour l'état d'urgence (16 mai 1958) et la révision constitutionnelle (27 mai 1958), il vote contre la confiance au Général de Gaulle (1er juin 1958) contre les pleins pouvoirs et la loi constitutionnelle (2 juin 1958).

Léopold Bissol s'était marié à Fort-de-France (Martinique) le 23 juin 1917 avec Marie-Marguerite Marie-Joséphine, dont il eut 8 enfants. Il est décédé à Fort-de-France le 18 septembre 1982

POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://pyepimanla.blogspot.com/2010/12/leopold-bissol.html
--------------------------------------/////////////////////////---------------------------

----------------------------------------------------------------------------------------------
Anca et Alexandre BERTRAND
Vign_picto_177_ancab
Anca et Alexandre BERTRAND Imprimer Envoyer à un ami


Anita Ionsco dite Anca : 1921-1972
Alexandre BERTRAND : 1915

Anca et Alexandre BERTRAND furent deux amoureux de l'art et de la culture martiniquaise. Elle, Anita Ionesco dite Anca est née en Roumanie en 1921 et lui, artiste peintre est né à la Martinique en 1915. Ils se rencontrent à Paris et s'épousent en 1948.


Pendant de nombreuses années, Anca, journaliste cinéaste anima des émissions radiophoniques consacrées à l'histoire et à la culture populaire de la Martinique, sur les ondes de l'ORTF. Elle créa « la Gazette de la Martinique » et la revue « Parallèles » qui présentait différents aspects de la culture martiniquaise. Grande amie de Ti Emile Caserus, elle contribua au lancement du Groupe folklorique de Bezaudin à Sainte Marie tout en animant le ciné-club de la Martinique avec Roland Suvélor.

Anca Bertrand tourna plusieurs documentaires sur les activités culturelles et éducatives à la Martinique.
Quant à Alexandre, il voyagea longtemps entre la Martinique, les Etats Unis, Paris et le Canada avec ses toiles sous le bras. Peintre de renommée internationale, il fut l'ami d'Eustache BERTRAND, le Maire de Schœlcher qui décida de rendre hommage à ce couple exceptionnel en baptisant une ruelle à Fond Lahayé, de leur nom.

Anca BERTRAND mourut en 1972 à la Martinique.

POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://www.mairie-schoelcher.fr/default.asp?cont=6&param=726



VICTOR SABLE
Vign_sablevictor0214r4

SABLE (Victor)

Né le 30 novembre 1911 à Fort de France (Martinique)

Décédé le 24 août 1997 à Nice (Alpes-Maritimes)

Conseiller de la République de la Martinique de 1946 à 1948

Fils d'un clerc d'avoué, Victor Sablé part pour Paris après des études au lycée de Fort-de-France. Suivant les pas de son père, il entreprend des études de droit, passe son doctorat de droit et devient avocat à la Cour. Il sera secrétaire de la conférence des avocats au barreau de Paris.

Pendant la seconde guerre mondiale, Victor Sablé collabore au journal intitulé Libération au lendemain du ralliement des Antilles à la France combattante. Il découvre après la guerre les responsabilités politiques. En 1945, et jusqu'en 1949, il est conseiller général de la Martinique et entre également au conseil municipal de Rivière Pilote.

En 1946, Victor Sablé se présente aux élections sénatoriales et est élu au Conseil de la République pour y représenter le département de la Martinique. Attaché dans un premier temps aux valeurs communistes, Victor Sablé s'en éloigne pour rejoindre le groupe du rassemblement des gauches en 1948.

A son arrivée au Conseil de la République en 1946, Victor Sablé devient membre de la commission de l'intérieur et de la commission de la justice et de la législation civile, criminelle et commerciale. En 1947, il rédige son premier rapport au nom de la commission de la justice sur la nullité des actes de spoliation des biens effectués par l'ennemi et sur les conditions de leur restitution. Plus tard il écrira un rapport au nom de la commission de la justice sur la répression des crimes de guerre.

Néanmoins l'activité de Victor Sablé au Palais du Luxembourg est davantage consacrée à la défense des intérêts des populations des départements et territoires d'outre-mer. Il soumet ainsi en 1947 un rapport visant la création de postes préfectoraux pour les DOM et l'ouverture des crédits correspondants. Il présente par ailleurs une proposition de résolution invitant le Gouvernement à nationaliser l'industrie sucrière à la Martinique et dépose enfin un amendement tendant à abaisser le droit sur les rhums.

En 1948, Victor Sablé rédige une proposition de résolution invitant le gouvernement à maintenir le franc Antilles-Guyane au taux fixé par la réforme monétaire de décembre 1945 et dépose une proposition de loi pour rendre applicable aux DOM la loi sur le statut du fermage et du métayage. Une autre proposition de loi dans le domaine agricole vise à rendre applicables aux travaux agricoles des DOM les dispositions relatives aux congés payés. Il s'élève enfin contre la situation particulière faite aux fonctionnaires et agents en service dans les départements d'outre-mer.

Représentant des valeurs et des intérêts des territoires rattachés à la métropole pendant deux années, Victor Sablé quitte le Sénat en 1948, battu aux élections du 7 novembre 1948 alors qu'il se présentait sur la liste du RGR qui n'obtint aucun élu. Il échoua à nouveau lors du scrutin de juin 1955.
POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://www.senat.fr/senateur-4eme-republique/sable_victor0214r4.html

----------------------------------////////////////////////---------------------------
------------------------------------------------------------------------
Victor Sablé, né le 30 novembre 1911 à Fort-de-France (Martinique) et mort le 24 août 1997, était avocat, et député de la Martinique de 1958 à 1986.

Victor Sablé était le porte-parole de la droite martiniquaise dans les instances politiques parisiennes et un farouche adversaire de toute idée d’autonomie ou d’indépendance de la Martinique.

Assimilationniste et départementaliste convaincu, Victor Sablé déclarait1 : « C'est ce statut (DOM), malgré ses ambiguïtés et ses imperfections, qui a le mieux assurer la défense des libertés et des droits individuels, grâce à la sécurité des crédits qui nous reviennent par le jeu automatique des mécanismes du budget de l'État et nous a fait profiter des fruits de l'expansion d'une des premières puissances économiques européennes...C'est enfin ce statut qui a pu nous permettre de porter notre jeunesse au plus haut niveau culturel, grâce au prestige d'une langue mondialement parlée et admirée, aux facilités d'accès aux grandes écoles, aux contacts de civilisation et aux carrières ouvertes sur un large éventail de possibilités...C'est la langue française qui nous a élevés des bas-fonds de l'obscurantisme aux lumières de la culture universelle...Les Antilles ne veulent pas suivre le sort du tiers monde, dont elles encouragent le combat contre toutes les formes d'impérialisme, mais elles veulent rester avec la France à l'heure de l'occident. »

Victor Sablé était radical-socialiste puis membre de l'UDF.

A l'Assemblée nationale, il fut un défenseur opiniâtre des dossiers concernant la banane antillaise. Victor Sablé, alors qu'il n'a jamais été maire d'une grosse commune, a réussi l'exploit d'être député du sud pendant 28 ans, grâce certainement à son charisme et au soutien des békés.
POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Sabl%C3%A9
--------------------------////////////////////////////--------
--------------------------------------------------------------------
Victor Sévère
Vign_okok

Victor Sévère,

Ancien Maire de Fort-de-France 1867/1957

C'est certainement l'un des noms les plus connus au péyi Martinik avec les Césaire, Aliker, Schoelher etc... Fils de Case-Pilote, il fut avocat, député et conseiller général à Cayenne. Nommé maire de Fort-de-France en 1899, il le resta pendant 45 ans, et fut l'initiateur de l'assainissement des marécages aux Terres-Sainville afin d'agrandir la ville. Il modernisa le port de la ville, et initia l'électrification pour toute l'île. Les blancs créoles le détestaient, il s'opposa à l'Amiral Robert. Franc-Maçon et Résistant il reste une grande figures de la Martinique. Il meurt à 90 ans en Octobre
1957...

Une rue porte son nom : jadis rue du Gouverneur puis rue Amiral Gueydon. Au début du 19ième siècle la rue Victor Sévère concentre les services de l'état : administration préfectorale, la police et le théâtre municipal. La Cité Judiciaire s'érige aujourd'hui à la place de l'ancienne prison.

M.M.F.
POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI

http://pyepimanla.blogspot.com/2010/12/victor-severe.html
-----------------------------------///////////////////////-----------------------------
---------------------------------------------------------------------------------------


Informations générales

M. Victor SÉVÈRE

Né le 01/11/1867 à CASE-PILOTE (MARTINIQUE - FRANCE)

Décédé le 02/10/1957 à FORT-DE-FRANCE (MARTINIQUE - FRANCE)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés


20/05/1906 - 31/05/1910 : Martinique - Gauche radicale-socialiste

24/04/1910 - 31/05/1914 : Martinique - Républicains radicaux-socialistes


11/05/1924 - 31/05/1928 : Martinique - Radical et radical-socialiste


03/05/1936 - 31/05/1942* : Martinique - Républicain radical et radical-socialiste


Né le 1er novembre 1867 à Case Pilote (Martinique).

Député de la Martinique de 1906 à 1914, de 1924 à 1928 et de 1936 à 1942.

Avocat à la Guyane, puis à Fort-de-France, conseiller général de la Guyane de 1893 à 1896, puis de la Martinique en 1889, maire de Fort-de-France en 1900, Victor Sévère se présenta aux élections de 1906 dans la 2e circonscription de la Martinique. Sur 13.972 inscrits et 7.112 votants, il n'obtient au premier tour que 3.311 voix contre 3.476 à Clerc, mais devancera ce dernier au deuxième tour par 4.773 voix contre 4.223, sur 9.030 votants.

Inscrit au groupe des radicaux-socialistes de la Chambre, il participe aux travaux de diverses commissions.

En 1907, il dépose un ordre du jour motivé à la suite de l'interpellation de M. Puech sur les scandales de la Guinée française. En 1909, il demande à interpeller le ministre des Colonies sur l'instruction du meurtre de M. Siger, maire de Fort-de-France. Il prend part à la discussion du projet et des propositions de loi concernant les conseils de guerre. La même année, il demande à interpeller le ministre des Colonies sur l'administration de la justice dans les colonies. Il adresse une question écrite à ce même ministre sur l'application outre-mer de la loi sur les accidents du travail et une seconde sur les faits relevés à la charge de l'administration du Congo.

Victor Sévère interviendra également dans la discussion des budgets des exercices 1907, 1908 et 1909.

Aux élections de 1910, Victor Sévère retrouve son siège à la Chambre des députés, obtenant 9.158 voix contre 5.450 à Duquesnoy et 33 à Dorléans, sur 25.266 inscrits et 14.409 votants. Secrétaire du 8e bureau et membre de diverses commissions, il dépose une proposition de loi tendant à dégrever les cafés et cacaos des colonies françaises soumis au tarif général des douanes (1911) ; il est également l'auteur d'une proposition de loi relative au régime bancaire de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Réunion et de la Guyane.

Pendant cette même législature, Victor Sévère rapportera un projet de loi relatif à l'établissement du régime douanier colonial. Il sera entendu dans la discussion du projet de loi concernant l'exploitation des services maritimes postaux entre la France, les Antilles et l'Amérique centrale. Il prend part également à la discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 1912 et à la discussion du projet de loi portant prorogation du privilège des banques coloniales. Il intervient dans la discussion de la proposition de loi adoptée par le Sénat ayant pour objet d'assurer le secret et la liberté du vote (1912). Il demande, comme rapporteur, la déclaration de l'urgence du projet de loi relatif à l'établissement du régime douanier colonial et participe à la discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 1913.

Victor Sévère ne sollicitera à nouveau les suffrages de ses concitoyens que dix ans plus tard, aux élections de 1924. Il est élu sur la liste de l'union républicaine avec Alcide Delmont, par 24.444 voix sur 51.833 inscrits, 39.994 votants et 11.839 abstentions (majorité absolue : 19.971), battant la liste du parti de l'entente républicaine.

Victor Sévère concentre son activité sur les travaux de la commission des comptes définitifs et des économies et de la commission de la marine militaire. Les électeurs de la 1re circonscription de la Martinique apportent à nouveau leurs suffrages à Victor Sévère aux élections de 1936. Le maire de Fort-de-France obtient au premier tour, sur 24.967 inscrits et 7.316 6 votants, 5.456 voix contre 1.355 à Lapompe. Il est élu au deuxième tour de scrutin par 7.888 voix sur 8.376 votants.

A la Chambre des députés, le représentant de la Martinique siège sur les bancs de la commission de l'Algérie, des colonies et des pays de protectorat.

En 1936, il rapporte le projet de loi rendant applicable à la Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion les deux lois du 4 juillet 1908 sur la liberté de la presse. L'année suivante, il signe une proposition de loi tendant à l'établissement de l'inscription maritime à la Martinique. Il rapporte le projet de loi modifiant la loi du 10 juillet 1931 autorisant les gouvernements de la Réunion, de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane à contracter des emprunts. En 1936 encore, il demande à interpeller le Gouvernement sur la politique sociale qu'il entend suivre aux colonies et sur les dispositions qu'il se propose de prendre pour y appliquer les lois sur les conventions collectives du travail, la limitation de la durée du travail et les congés payés. Il prend part à la discussion du projet de loi relatif à l'exécution du plan de grands travaux destiné à lutter contre le chômage et à la discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 1937 et 1938.

Sévère ne prit pas part au vote du 10 juillet 1940 sur l'attribution des pouvoirs constituants au maréchal Pétain.


* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936
 POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=6815
-------------------------------------////////////////////////////---------------------
-------------------------------------------------------------------------------------------------

Victor Sévère
Victor Sévère, né le 1er novembre 1867 à Case-Pilote (Martinique) et mort le 24 octobre 1957, est un homme politique martiniquais et ancien maire de Fort-de-France.

Brillant élève, Victor Sévère poursuit ses études secondaires au lycée de Saint-Pierre où il obtient son baccalauréat. Puis, il entame des études de droit en France. Après avoir terminé ses études supérieures, titulaire de la licence, il s'inscrit comme avocat au barreau de Cayenne. En Guyane, il est élu conseiller général de 1893 à 1896. Ensuite, il retourne définitivement en Martinique son île d'origine et s'inscrit au barreau de Fort-de-France.
Carrière politique[modifier]
1900 : Victor Sévère est élu maire de Fort-de-France lors des municipales. Il occupera ce poste jusqu'en 1945 avec quelques interruptions de 1907 à 1908, de 1919 à 1924 et de 1941 à 1943. Sa présence à la tête de la municipalité est marquée par de nombreuses réalisations.
1906 : Victor Sévère est élu Député dans la circonscription Nord. À la Chambre des députés il s'inscrit au groupe des radicaux-socialistes.
1910 : Victor Sévère est réélu député mais cette fois-ci dans le Sud, mandat qu'il occupera jusqu'en 1914.
1924-1928 : Victor Sévère est député de la circonscription Sud.
1934-1940 : Victor Sévère est conseiller général à Fort-de-France.
1936-1940 : Victor Sévère est Député de la circonscription Nord.

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier]

Au début de l'Occupation, alors que la Martinique est administrée par l'amiral Robert, Victor Sévère s'oppose farouchement à ce dernier et au Régime de Vichy. En 1941, il est écarté de la mairie de la capitale et l'amiral Robert nomme à sa place Jean de Laguarigue. Son appartenance à la Franc-maçonnerie n'est pas étrangère à cette mesure. En 1942 il participe à la Résistance et se fait particulièrement remarquer après le débarquement en Afrique du Nord. En 1943, il contribue à la formation du Comité de libération nationale qui assure le ralliement des Antilles aux Forces françaises libres.
POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_S%C3%A9v%C3%A8re

--------------------------------------------////////////////////////////////////////////----------------------------
----------------------------------------------------------------------------------------------
Carrière politique[modifier]

Victor Schoelcher
Vign_mmp
Victor Schoelcher

Victor Schoelcher est un homme d'État français, né à Paris le 22 juillet 1804 et mort à Houilles le 25 décembre 1893. Il est connu pour avoir impulsé l'abolition définitive de l'esclavage en France, via le décret signé par Lamartine le 27 avril 1848.

Biographie
Enfance
Victor Schoelcher naît le 22 juillet 1804 à Paris dans une famille bourgeoise originaire de Fessenheim en Alsace. Son père est propriétaire d'une manufacture de porcelaine.

Il fait de courtes études au lycée Condorcet, côtoyant les milieux littéraires et artistiques parisiens, faisant connaissance avec George Sand, Hector Berlioz et Franz Liszt.

Son père l'envoie au Mexique, aux États-Unis et à Cuba en 1828-1830 en tant que représentant commercial de l'entreprise familiale. Lorsqu'il est à Cuba, il y est révolté par l'esclavage.

L'engagement
De retour en France, il devient journaliste et critique artistique, publiant des articles, des ouvrages, multipliant ses déplacements d'information. Il adhère à la franc-maçonnerie, à la loge « Les Amis de la Vérité » puis à « La Clémente Amitié ». En 1847 il rédige, pour le compte de la “Société pour l'abolition de l'esclavage” fondée en 1834, la “Pétition pour l’abolition complète et immédiate de l’esclavage” adressée à MM. les membres de la Chambre des pairs et de la Chambre des députés. Il revendra rapidement la manufacture dont il hérite en 1832 à la mort de son père pour se consacrer à sa carrière politique.

Le discours abolitionniste de Schoelcher évolue au cours de sa vie. En effet, au début de son engagement, il s'oppose à l'abolition immédiate de l'esclavage. En 1830, dans un article de la Revue de Paris, « Des Noirs », il demande ouvertement de laisser du temps aux choses. Cette vision de l'abolition se retrouve en 1833, dans son premier grand ouvrage sur les colonies : De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale. Pour lui, il serait dangereux de rendre instantanément la liberté aux noirs, parce que les esclaves ne sont pas préparés à la recevoir. Il souhaite même le maintien de la peine du fouet, sans laquelle les maîtres ne pourraient plus travailler dans les plantations. Il faut attendre un nouveau voyage dans les colonies pour qu'il se tourne vers une abolition immédiate.

Nommé sous-secrétaire d'État à la Marine et aux colonies dans le gouvernement provisoire de 1848 par le ministre François Arago, il contribue à faire adopter le décret sur l'abolition de l'esclavage dans les Colonies. Le décret signé par tous les membres du gouvernement paraît au Moniteur le 5 mars.

De 1848 à 1850, il siège à gauche comme député de la Martinique et de la Guadeloupe.

Article détaillé : Décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848.L'esclavage avait déjà été aboli en France à l'initiative de l'Abbé Henri Grégoire, pendant la Révolution française (4 février 1794, 16 pluviôse an II), puis rétabli par Napoléon Ier par la loi du 20 mai 1802. Victor Schoelcher, nommé par Lamartine président de la commission d'abolition de l'esclavage, il est l'initiateur du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l'esclavage en France.

Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, il fut un des députés présents aux côtés de Jean-Baptiste Baudin sur la barricade où celui-ci sera tué. Républicain, défenseur des droits de la femme, adversaire de la peine de mort, il est proscrit durant le Second Empire par le coup d'État de Louis Napoléon Bonaparte. Il s'exile en Angleterre où il rencontre fréquemment son ami Victor Hugo ; il y devient un spécialiste de l'œuvre du compositeur Georg Friedrich Haendel, rassemble une collection très importante de ses manuscrits et partitions et rédige une de ses premières biographies, mais celle-ci n'est éditée que dans sa traduction anglaise. En 1870, il revient en France suite à la défaite de Sedan. Après l'abdication de Napoléon III, il est réélu gràce aux réseaux maçonniques des Antilles député de la Martinique à l'Assemblée nationale (1871). Le 16 décembre 1875, il est élu sénateur inamovible.

En 1877, Victor Schoelcher dépose une proposition de loi pour interdire la bastonnade dans les bagnes. La commission d'initiatives refuse la proposition, mais les peines corporelles seront abolies en 1880. Sous la Troisième République, le gouvernement Ferry promulgua la loi du 30 juillet 1881, dite de « réparation nationale », qui allouait une pension ou rente viagère aux citoyens français victimes du coup d'Etat du 2 décembre 1851 et de la loi de sûreté générale. La Commission générale chargée d'examiner les dossiers, présidée par le Ministre de l'Intérieur, était composée de représentants du ministère, de conseillers d'État, et comprenait huit parlementaires, tous d'anciennes victimes : quatre sénateurs (Victor Hugo, Jean-Baptiste Massé, Elzéar Pin, Victor Schœlcher) et quatre députés (Louis Greppo, Noël Madier de Montjau, Martin Nadaud et Alexandre Dethou). En 1884 et 1885 il tente de s'opposer, sans succès, à l'institution de la relégation des forçats récidivistes en Guyane.

La fin de sa vie
À la fin de sa vie, comme il ne s'était jamais marié et qu'il n'avait pas eu d'enfant, il décida de donner tout ce qu'il possédait. Victor Schoelcher est mort le 25 décembre 1893 à l'âge de 89 ans dans sa maison au 24 rue d'Argenteuil, devenue depuis l'avenue Schoelcher, à Houilles dans les Yvelines. Enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise, ses cendres furent transférées par décision de l'Assemblée nationale et du Président du Conseil de la République, Gaston Monnerville au Panthéon le 20 mai 1949 en même temps que celles du Guyanais Félix Éboué (premier noir à y être inhumé).

Postérité

En hommage à son combat contre l'esclavage, la commune de Case-Navire (Martinique) prit le nom de Schœlcher en 1888.

En 1952, un billet de 5 000 francs à l'effigie de Victor Schoelcher est mis en circulation en Martinique.

La commune de Fessenheim a fait de la maison de la famille Schoelcher un musée qui porte son nom.

le 21 juillet : jour de Victor Schoelcher (commémoration de la naissance, le 22 juillet 1804 du député qui fut à l'origine de l'abolition de l'esclavage), en Guadeloupe et Martinique,
10 mai : Journée annuelle de la mémoire de l'esclavage, commémoration de la reconnaissance par le Parlement français de l'esclavage comme crime contre l'humanité ; elle s'ajoute à celles de l'abolition de l'esclavage dans les régions d'outremer
Œuvres
1830 : « Des Noirs », Revue de Paris, tome XX, 1830, pp. 71-83.
1833 : De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale 1833.
1840 : Abolition de l'esclavage. Examen critique du préjugé contre la couleur des africains et des sang-mélés, 1840
1842 : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage.- Publié par Pagnerre, 1842.- Exemplaire Université de Harvard.- Copie numérisée le 13 déc 2005.- Consulté le 11 avril 2009.
1843 : Colonies étrangères et Haïti. Résultats de l'émancipation anglaise : Colonies Danoises — Haïti — Du droit de visite — Coup d'œil sur l'état de la question d'affranchissement.- Tome second. Publié par Pagnerre, 1843.- Exemplaire la New York Public Library. Copie numérisée le 19 déc 2007.- Consulté le 12 avril 2009.
De la pétition des ouvriers pour l'abolition immédiate de l'esclavage. 1844
1847 : Histoire de l'esclavage pendant les deux dernières années.- Publié par Pagnerre, 1847.- Exemplaire de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, Copie numérisé le 7 fév 2008. Consulté le 11 avril 2009.
1857 : Life of Haendel, Londres : Trübner (traduction de son manuscrit français par James Lowe)
1874 : Le Deux décembre, les massacres dans Paris, Paris : Librairie de la Bibliothèque démocratique, 1874
Voir aussi
Bibliographie
Alexandre-Debray, Janine, Victor Schoelcher ou La mystique d'un athée, Perrin, 2006
Anne Girollet, Victor Schoelcher, abolitionniste et républicain : approche juridique et politique de l'œuvre d'un fondateur de la République, Éditions Karthala, 2000 www.girollet.com
Anne Girollet, Victor Schoelcher, républicain et Franc-Maçon, Paris, Éditions maçonniques de France, collection « Encyclopédie maçonnique », 2000 www.girollet.com
Schmidt Nelly, Victor Schoelcher et l’abolition de l’esclavage, Fayard, Paris, 1994
Federini Fabienne, L’abolition de l’esclavage 1848 : une lecture de Victor Schoelcher, L’Harmattan, Paris, 1998
Rodolphe Robo, L' Abolition de l'esclavage, la République et Victor Schoelcher, Cayenne, 1983
1995 : La correspondance de Victor Schoelcher. Présentée par Nelly Schmidt, Paris : Maisonneuve et Larose, 1995
1998 : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage, (1842).- Nouvelle édition, les Éditions du CTHS, 1998
Liens externes
Victor Schoelcher sur Commons
Dossier « Victor Schoelcher, sénateur philanthrope » sur le site du Sénat
Les tombeaux de Victor Schoelcher
Bicentenaire de la naissance de Victor Schoelcher
Transfert de Victor Schoelcher au Panthéon
 
Vign_9a_bissette-fa8c7


Cyrille Bissette
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Gilles FRANCOIS DIT CHRISTOPHE

Cyrille Bissette, le plus grand héros martiniquais de l'abolition

(Fort Royal 9juillet 1795- Paris 22 janvier 1858)

Cyrille Charles Auguste BISSETTE naît le 9 juillet 1795 à Fort Royal (ancien nom de Fort-de-France) d’une famille de gens de couleur libres. Il est de haute ascendance et sa famille est aisée. En effet, son père, Charles Borromée Bisette mulâtre du Marin épouse en 1794 Elizabeth Bellaine, une métisse libre fille du béké Joseph Tasher de la Pagerie, qui n’est autre que la demi- sœur de l’Impératrice Joséphine. Cyrille est l’aîné des six enfants
.

Cyrille se marie en 1816 avec Augustine Séverin et devient négociant à Fort-de-France. Peu préoccupé par la cause des esclaves à l’époque, il participera même à la répression d’une révolte d’esclave en 1822 au Carbet. Mais sa vie prendra par la suite une toute autre tournure. Il se fera bientôt connaître pour son appui invétéré à la cause anti-esclavagiste par le biais de l’affaire de la brochure qui le rendra célèbre, mieux connu sous le nom de « l’affaire Bissette ».



L’Affaire Bissette

A partir de décembre 1823 circule une brochure intitulée « De la Situation des gens de couleurs libres aux Antilles françaises » écrit pour le procureur par un certain Cyrille Bisette. On y dénonce les différentes injustices, les mauvais traitements, les humiliations et privations dont sont victimes les esclaves en terres françaises d’Amérique. Le ton contraste avec la relative modération des écrits des gens de couleurs libres en ce temps-là. On y réclamait l’application aux noirs des mêmes droits dont jouissaient les sujets royaux dans le cadre de la Charte octroyée par le Roi en1814. On alla même jusqu’à proposer un rachat progressif des esclaves, la gratuité des écoles pour les affranchis et la suppression des châtiments corporels.
Cette brochure, incendiaire pour l’époque, aurait été vraisemblablement ramenée par deux libres, riches commerçants de Saint-Pierre, Monlouis Thébia et Jos Eriché dans leurs bagages. Il existait à l’époque un puissant réseau de Libres de couleur réparti entre Paris, Nantes et Bordeaux.

Bisette est dénoncé par un certain Morando. La police perquisitionne chez lui et l’on y retrouve plusieurs brochures ainsi qu’un projet d’adresse à la Chambre des députés. Bissette est arrêté le lendemain avec ses amis Volny et Fabien. Les Libres ne disposaient pas encore à Saint-Pierre du même statut de notabilité dont ils jouissaient à Fort Royal. Une quinzaine d’entre eux furent ainsi arrêtés par les forces de l’ordre même si les plus notables dont Papy (père du futur député Pory- Papy) ne furent pas inquiétés.

Les accusés passèrent tous en jugement de décembre 1823 à février 1824. Parmi tous ces procès, le plus retentissant fût celui de Bissette. Il nia vigoureusement fomenter une révolte d’esclaves (la crainte de l’haïtianisme était encore forte) : « ceux auxquels j’ai lu la brochure ont tous autant intérêt que moi, et tous propriétaires à maintenir l’ordre dans la colonie ». Si l’on ne pouvait prouver avec certitude que Bissette était l’auteur du papier, il fut tout de même convaincu de conspiration en tant que distributeur du libelle. Le 5 janvier 1824, il fut condamné en première instance à être marqué au bannissement de la Martinique et aux travaux forcés. Il fait appel de la décision ; le procureur par intérim de Lucy, fervent partisan des thèses racistes réussit à la faire condamner à être marqué au fer rouge de la mention « GAL » (pour galère). Il est transporté au fort de Brest avec quarante-six autres condamnés où il se pourvoit immédiatement en cassation. L’assignation au territoire métropolitain est cassée et il est renvoyé avec ses complices devant la Cour royale de la Guadeloupe qui le bannit pendant dix ans des colonies françaises.

La période à laquelle eut lieu ce procès est marquée par une lutte entre libres de couleur et békés, lutte qui se prolongera sous le régime suivant. La métropole cherchait à affaiblir le pouvoir dont jouissaient les blancs créoles en supprimant par exemple en 1826 la Cour prévôtale mais aussi en tentant de briser le recrutement créole de la Cour d’appel en 1828 : le procureur ne serait plus un créole et les juges de métropole seraient avantagés.

Cette affaire eut pour effet de renforcer la barrière de couleur. De nombreux blancs trouvaient le jugement trop clément, tandis que les soutiens pour les Libres de couleur incarcérés ne cessaient de se renforcer dans les deux villes principales de Martinique.





La lutte contre l’esclavage.

Loin de se contraindre au silence et à l’isolement, Bissette profite d’être en métropole pour être un relais aux thèses antiesclavagistes. L’avènement de la Monarchie de Juillet consécutif aux Trois Glorieuses marque une période de bouillonnement intellectuel et de multiplication des journaux. Bissette fonde la Revue des Colonies qui défend ardemment la cause des esclaves se rapprochant de l’abolitionniste britannique Macaulay.

L’opinion publique française était de plus en plus favorable à l’émancipation des esclaves. Bissette et Fabien s’estiment être les mandataires des hommes de couleur en métropole, ils bénéficient de plus en plu d’oreille très attentives. La Monarchie de Juillet préparait déjà dès 1830 la complète assimilation des Libres de couleurs aux colons de souches européennes pures. Bissette prépara quelques observations pour les commissions chargée de préparer la charte coloniale promulguée en 1833 : que toute personne libre de couleur de plus de vingt-cinq ans et résidant depuis plus de deux ans sur le territoire d’une commune puisse élire et être éligible. L’idée fut retenue mais le cens mis en place (car à l’époque le suffrage était censitaire car on pensait que les citoyens devaient être des personnes éclairées, les pauvres étant souvent influençables) était trop élevé pour que beaucoup d’hommes de couleur soient électeurs ou élus :il fallait payer 300 francs d’impôt et avoir un patrimoine de plus de 60000 francs. Aux cantonales de 1834, il n’y avait sur 725 électeurs que 25 gens de couleur et bien sûr aucun élu.

Les Antilles anglaises avaient elles, déjà procédées à l’abolition de l’esclavage depuis 1835 et la pression était de plus en plus forte de la part du Royaume-Uni pour que les autres empires (enfin surtout l’empire coloniale français) procèdent eux aussi à cette abolition, pas seulement pour des raisons humanistes mais avant tout parce que cela devenait de la concurrence déloyale, la France disposant d’une main d’œuvre servile qu’elle ne payait pas contrairement aux britanniques. Bissette, modéré rejoignait lui le combat du Duc de Broglie en faveur d’une abolition progressive. Il écrivit d’ailleurs à ce sujet :

« Avant que l’abolition entière ne sépare en deux partie le monde colonial, il faut préparer un lien entre les anciens et les nouveaux citoyens. Il faut que les anciens citoyens trouvent la sécurité et que les nouveaux trouvent liberté et profit. La révolution sociale s’accomplira ainsi sans violence et sans confusion ».

Schoelcher lui-même était au début partisan de la fin immédiate de la traite transatlantique, mais ne voyait l’émancipation totale avant soixante ans : il ne voyait pas « la nécessité d’infecter la société active de plusieurs millions de brutes décorées du titre de citoyen ». La suppression des châtiments lui paraissait prématurée. Ce n’est qu’à partir des années 1840 et un voyage aux Antilles qu’il réclame alors l’abolition totale et immédiate.

Le 5 janvier 1840 est votée la loi sur les patronages qui prévoit des enquêtes périodiques menées par l’autorité judiciaire afin de vérifier que les esclaves bénéficiaient de bons traitements sur les habitations. Ceci a le don de provoquer l’ire d’une bonne partie des colons qui voient réduire de plus en plus leur autorité sur les plantations. D’ailleurs, de plus en plus d’affaires sont portées devant les tribunaux.

Cinq ans plus tard est adoptée la loi Mackau qui représente une grande avancée pour les esclaves. Désormais la journée de travail est limitée à neuf heures (ce qui était bien moins qu’en métropole), le travail de nuit est interdit, les esclaves peuvent aussi racheter leur liberté ainsi que celle de leur famille, mais doivent en revanche demeurer cinq ans sur l’habitation comme salariés. Mais dans les faits il n’y aura que cinq cents esclaves à bénéficier de cette mesure en Martinique.



Une carrière politique marquée par une rivalité exacerbée avec Schoelcher.

Le 27 avril 1848, le gouvernement provisoire de la Seconde République adopte l’abolition immédiate de l’esclavage, mesure radicale étant donnée que beaucoup se satisfaisaient de l’émancipation progressive. Lors de la proclamation de la liberté en Martinique, c’est d’abord le nom de Bissette qui est acclamée par la foule. Bissette décide donc de se présenter aux législatives du 9 août suivant. Il est élu en compagnie de Pory Papy et Victor Schoelcher, avec une participation de près de 75% (chiffre qui ferait aujourd’hui rêver sous nos latitudes)mais son élection est aussitôt invalidée par l’Assemblée constituante pour incapacité personnelle due à la faillite qui avait été prononcée contre lui.

Heureusement pour lui, le Tribunal de Commerce de la Seine invalide cette décision ce qui lui permet de se présenter de nouveau et d’être élu largement en 1849. Il bénéficie du soutien des nouveaux affranchis, de la masse des cultivateurs et de blancs tandis que Schoelcher était plus l’homme des gens de couleur, les anciens affranchis. Bissette se prononce pour l’oubli du passé, pour une politique de réconciliation entre békés, anciens et nouveaux affranchis :
« Consentons donc à un mutuel oubli du passé et jetons loin de nous nos funestes divisions, nos préjugés d’un temps qui n’est plus, les vieilles récriminations qui ne font jamais l’affaire des partis et bien moins encore le bonheur du pays qui doit dominer et faire taire toutes les passions » .

Bissette pour gagner s’est associé avec le béké Pécoul ce qui a le don d’irriter considérablement une partie de son électorat mais sa victoire n’en demeure pas moins écrasante puisqu’il recueille 16237 voix et Pécoul 13482, Schoelcher, humilié ne recueillant que 3617 suffrages. Cette association Bissette-Pecoul achève selon Isambert, avocat de Bissette, d’accélèrer la formation d’un parti schoelchériste afin de contrer le parti bissettiste. On accuse Bissette d’avoir trahi sa race par son alliance contre nature avec un ancien colon. Schoelcher, battu en Martinique est en revanche élu en Guadeloupe(car à l’époque on pouvait se présenter dans plusieurs circonscritions mais on ne pouvait bien sûr occuper qu’un siège)après un séjour agité de Bissette où il est attaqué par la foule de mécontents dans plusieurs communes de l’île.

C’est une farouche bataille qui s’engage entre les deux camps. Schoelcher ne pouvant pardonner sa défaite en Martinique à Bissette. L’Alsacien ne cesse de dénoncer les ambitions politiques du mulâtre, sa compromission avec les anciens esclavagistes, parlant d’ « une vive répugnance à s’occuper aussi longtemps d’un personnage taré comme M. Bissette ». Chacun des deux hommes bénéficient de l’appui de leur organe de presse respectif, Schoelcher de La Liberté et Bissette du Courrier de la Martinique, à travers lesquels les deux parties n’hésitent pas à se fendre d’insultes.

Cette rivalité perd sa raison après le coup d’Etat du président de la République Louis Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851. Bissette s’éloigne alors de l’échiquier politique.



Bissette est l’un des grands oubliés de notre histoire. Tout le monde connaît Victor Schoelcher, Alsacien de naissance dont les manuels ont fait le héros de l’abolition. L’histoire ne retient que les vainqueurs et malheureusement, les intellectuels ont réussi à le faire disparaître de la mémoire collective. Il a cherché à concilier les différentes composantes de la période esclavagiste, anciens maîtres et anciens esclaves après l’abolition. Et c’est cette attitude de modération, de réconciliation qui lui a valu de passer pour un traître et de tomber dans les oubliettes de l’histoire. Et c’est pour cela qu’il mérite de recevoir les honneurs qui lui ont été refusés jusqu’à présent.
POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://www.antillespolitique.com/2009/04/cyrille-bissette/
------------------------------////////////////////////////////////----------------------------
----------------------------------------------------------------------
Gilbert Pago, sur Cyrille Bissette et l’abolition de l’esclavage

administrateur | 26 mai 2011

Comment expliquer que le rôle, et le nom, de Cyrille Bissette, soit aussi méconnu en Martinique ? Est-ce dû à sa rivalité avec Schoelcher ? Et au culte qui a été érigé à Victor Schoelcher ?

Gilbert Pago : Il y a un énorme débat. Avec lequel, sur beaucoup de points, je ne suis pas d’accord. Cyrille Bissette, c’est un libre de couleur. Avant l’abolition de l’esclavage il était libre. Parmi ses ancêtres il y a le père de Joséphine (Tascher de la Pagerie, ndr). Il est libre de couleur et propriétaire d’esclaves. En 1822, au moment de la grande révolte des esclaves du Carbet, il est de ceux qui participent à l’écrasement de cette révolte. Alors que sa mère est agonisante d’ailleurs. Sauf que, tout en étant propriétaire d’esclaves, les libres de couleur étaient tous Blancs. Et que l’année d’après, il y a cette brochure qui sort, sur la situation des hommes de couleur etc., dont on dit qu’il aurait été l’un des gens qui l’ont rédigée. On ne sait pas, mais en tous les cas il en est solidaire. Et il se fait arrêter. Et lorsqu’il se fait arrêter, on lui applique toutes les saloperies – excusez mon mot – qu’on applique aussi aux esclaves : il est marqué au fer rouge, il est déporté, avec plus de 300 personnes. Parce qu’on ne parle souvent que de Bissette, mais il y a Fabien, Volny, des gens qu’on a déporté à Saint-Martin, à Sainte-Lucie. Et il se rend compte d’une chose, c’est que, pour que les libres de couleur puissent obtenir l’égalité, finalement il faudrait supprimer le système esclavagiste. Et c’est à ce moment qu’il change de position, et qu’il devient partisan de l’abolition du système esclavagiste. Mais avec toutes les idées sociales qu’il avait. […] Et après alors, il y a la rivalité avec Schoelcher. Alors que Schoelcher, lorsque lui il découvre le système esclavagiste en 1830, il est tout jeune, il découvre le système esclavagiste dans un voyage qu’il a fait au Mexique. […] Et il revient en France en disant « Ah il faut abolir ce système, et il faut l’abolir au moins de manière progressive. » C’est la prise de position qu’il prend, au départ, alors que Bissette dit « il faut l’abolir totalement. » Et puis Schoelcher évolue. Et il décide une deuxième fois de faire un voyage en Martinique, en 1842 ; il se fait même inviter par les békés, et par le plus puissant des békés, à savoir celui de Saint-Pierre : Périnelle. Comme il est un Blanc, qui vient de France, il est reçu par tous les békés. Qui sont furieux contre lui, mais qui le reçoivent quand même. Ce qu’on n’aurait pas fait pour Bissette. […] Revenant de cela, Schoelcher dit « finalement toutes les positions que j’avais sont fausses ; il faut abolir définitivement. » Voilà la rivalité. Comme il a du poids Schoelcher – il est en France, il est riche –, il a plus de poids que le pauvre Bissette. Je dis « pauvre » Bissette, parce que le pauvre, on l’a démoli. En France il vit de petits expédients, il doit de l’argent à celui-ci ou à celui-là etc., alors que Schoelcher, lui, il a les moyens. Donc c’est une rivalité qui est terrible. […] Et là où Bissette va – et c’est ce qui va poser un problème dans l’Histoire martiniquaise – c’est qu’il va se rapprocher des békés et qu’il est opposé, en 1848, à l’abolition de l’esclavage et à Schoelcher. Il est opposé au comité d’abolition, il va dans des réunions avec les békés, et il revient ici, payé par le gouvernement et soutenu par les békés. Il est le candidat des békés. Ce qui fait que ça crée une scission ici. Et ce qui s’est passé dans la vie politique martiniquaise, c’est qu’une grande partie des libres de couleur ont rejeté Bissette après l’abolition de l’esclavage. Et pendant longtemps ils l’ont rejeté. Donc le pays a été divisé entre bissétistes et schoelchéristes. […] Ce qui fait que toute la classe politique martiniquaise, jusqu’à Aimé Césaire – il faut relire les textes d’Aimé Césaire sur Bissette, ce sont des textes terribles, anti-Bissette etc. –, les gens estimant que Bissette, c’est un peu le Pétain de la France. C’est-à-dire un gars qui a joué un grand rôle au moment de la première guerre mondiale, mais qu’au moment de la deuxième… C’est ce qui se passe dans l’Histoire. [...] il y a un débat, que je trouve extrêmement faux actuellement. On est en train de se battre, en présentant Bissette comme étant le Martiniquais, face au Blanc Schoelcher. Je ne défends pas toutes les positions de Schoelcher, mais j’estime que, dans l’Histoire, Bissette a pris des positions extrêmement graves…
 POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://www.antilla-blog.com/2011/05/26/gilbert-pago-sur-cyrille-bissette-et-l%E2%80%99abolition-de-l%E2%80%99esclavage/
-------------------------------------------------------////////////////////////////////////////////////////////////////-------------------------
-----------------------------------------------------------------------------------------------

Cyrille Charles Auguste Bissette est un homme politique martiniquais, né le 9 juillet 1795 à Fort-Royal (actuellement Fort-de-France) et mort le 22 janvier 1858 à Paris. Il fut un des grands artisans de l'abolition de l'esclavage en France. Antiesclavagiste dès 1823 en Martinique, il a été élu député de la Martinique en 1848 et de 1849 à 1851.
Biographie[modifier]

Son père, Charles Borromée Bissette, un mulâtre originaire du Marin épouse en 1794 une métisse libre Elizabeth Mélanie Bellaine, fille illégitime du béké Joseph-Gaspard de Tascher de La Pagerie, le père de Joséphine de Beauharnais. De cette union naîtront six enfants dont l'aîné Cyrille deviendra le plus célèbre.

En 1816, Cyrille Bissette épouse Augustine Séverin, ils auront ensemble quatre enfants. Bissette devient à partir de 1818 négociant à Fort-de-France. Il participe à la répression de la révolte d'esclaves du Carbet en 1822. A ce moment-là, il n'est pas encore engagé dans la lutte contre l'esclavage.

« L'affaire Bissette »[modifier]

Au début du mois de décembre 1823, circule à la Martinique un opuscule intitulé De la situation des gens de couleur libres aux Antilles Françaises écrit par Cyrille Bissette. L'objet de cette brochure est de dénoncer le système esclavagiste en exposant en détail les injustices dont sont victimes les esclaves. Outre l'obtention des droits civiques pour les Noirs libres des colonies antillaises, elle propose notamment le rachat progressif des esclaves, des écoles gratuites en faveur des nouveaux affranchis et la suppression des châtiments corporels à l'égard des esclaves1.

Un certain Morando va dénoncer Bissette auprès du Procureur du Roi. La maison de Bissette est alors perquisitionnée et l'on découvre plusieurs pétitions à son domicile. Il est immédiatement arrêté et écroué à Fort-Royal, en compagnie de supposés complices parmi lesquels figurent Louis Fabien et Jean-Baptiste Volny. Lors du procès en première instance Bissette est condamné au bannissement à perpétuité du territoire français2, il fait appel et la Cour Royale de Martinique, dont le procureur par intérim, Richard de Lucy, est un fervent partisan des thèses racistes, le condamne à la marque des lettres GAL et aux galères perpétuelles3. Le jugement est appliqué et il est marqué au fer rouge et exposé4. Bissette est alors transporté avec quarante-six autres condamnés pour le fort de Brest où il se pourvoit immédiatement en cassation. La Cour de Cassation casse l'assignation au territoire métropolitain de la Cour Royale de la Martinique et renvoie Bissette et ses complices devant la Cour Royale de la Guadeloupe. Cette même Cour le condamne à dix ans de bannissement des colonies françaises.

Sa lutte contre l'esclavage[modifier]

À Paris, la position de Bissette sur la question de l'abolition se radicalise. En 1832, il propose avec Louis Fabien et Mondésir Richard dans le Journal des débats une solution négociée qui éviterait toute effusion de sang5. Il fonde peu après une « Société des hommes de couleur » et, en 1834, la Revue des colonies dont il devient le directeur. Elle paraîtra jusqu'en 18436. Le but de la nouvelle revue est de combattre l'esclavage par une abolition immédiate dans les colonies françaises.

En 1844, il s'oppose au projet de loi Mackau sur l'esclavage, car il tend à violer la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

Carrière politique[modifier]

Quelques mois après l'application du décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, Bissette se présente aux élections législatives d'août. Il est élu député avec 19 850 voix7. Mais l'Assemblée nationale constituante invalide son élection pour cause d'incapacité personnelle, parce qu'il avait été condamné pour faillite. Pourtant, le 11 avril 1849, le Tribunal de Commerce de la Seine déclare nul et non avenu le jugement qui l'avait condamné en faillite, ce qui lui permet de briguer un nouveau mandat de député lors des législatives suivantes.

À partir de 1849, Bissette cesse de pourfendre la ploutocratie béké. Il se prononce pour la fusion des différentes composantes ethniques des Antilles, dont il est lui-même issu, et pour l'oubli du passé. Au mois de mars 1849, revenant de l'exil et de la guerre, il est accueilli à Saint-Pierre par une foule en liesse. Dans son discours il déclare : « Consentons donc à un mutuel oubli du passé et jetons loin de nous nos funestes divisions, nos préjugés d'un temps qui n'est plus, les vieilles récriminations qui ne font jamais l'affaire des partis et bien moins encore le bonheur du pays qui doit dominer et faire taire toutes les passions ».

Une alliance est conclue entre Bissette et le béké Auguste Pécoul en vue des élections législatives de juin. Les résultats consacrent l'écrasante victoire du tandem Bissette-Pécoul qui obtiennent respectivement 16 327 voix et 13 482 voix. Victor Schoelcher est battu et ne recueille que 3 617 voix.

L'association de Bissette et de Pécoul provoque la colère et l'indignation des gens de couleur libres qui accusent Bissette d'avoir trahi sa race et de s'être vendu aux blancs. Bissette fera l'objet d'une campagne de haine et de dénigrement de la part de la bourgeoisie mulâtre et plus particulièrement des partisans de Victor Schoelcher. Par contre, si l'on en croit sa popularité, le peuple continuait à lui faire confiance. Elu le 3 juin 1849, il occupe son siège jusqu'au 2 décembre 1851.

Rivalité avec et Victor Schoelcher[modifier]

La rivalité entre Bissette et Schoelcher commence véritablement après la parution du livre de Schoelcher8 intitulé Des Colonies Françaises que Bissette avait sévèrement critiqué.

Jusqu'au coup d'État de décembre 1851, la lutte entre les partisans de Bissette et de Schoelcher est une constante du débat politique martiniquais. Après l'élection à la députation de Bissette les deux hommes s'affrontèrent encore plus violemment, soutenus chacun par des organes de presse. Bissette se sert du Courrier de la Martinique et Schoelcher et ses alliés du journal La Liberté dans lesquelles ils échangent réciproquement insultes et injures.

À partir de 1852, Bissette entame sa retraite sur le plan politique et l'antagonisme entre le Bissetisme et le Schoelchérisme s'estompe. De cette rivalité entre les deux abolitionnistes, c'est Victor Schoelcher en fin de compte qui sortira gagnant, car c'est à lui qu'on attribua l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises des Antilles.

Bibliographie[modifier]

Cyrille Bissette est le Martiniquais qui a le plus combattu l'esclavage et ses effets néfastes au XIXe siècle. Au lieu de la vengeance, il prôna la réconciliation entre les races. Victime de l'édification du schoelchérisme de la part d'une bourgeoisie intellectuelle assimilationniste, Cyrille Bissette a été banni de l'histoire en raison de son alliance avec le béké Auguste Pécoul, que les mulâtres à l'époque qualifiaient de trahison. Son histoire est traitée dans très peu d'ouvrage et beaucoup de Martiniquais ignorent son existence. Paradoxalement, son nom a été donnée en 2008 à un rond-point de la commune de Schœlcher.

Ouvrages[modifier]
Calomnies devenues vérités, ou Réponse au pamphlet de MM. Lacharière et Foignet,... par Bissette : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1831, Paris, imprimerie de A. Mie, 1831.(notice BNF no FRBNF301081284)
A M. Jollivet,... 6 juillet 1842 : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1842, Paris, impr. de E.-J. Bailly, 1842. (notice BNF no FRBNF30108123d)
Réfutation du livre de M. V. Schoelcher sur Haïti, par C.-A. Bissette : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1844, Paris, Ébrard, 1844.(notice BNF no FRBNF30108165b)
Colonies. Esclavage. Lettre à M. le ministre de la Marine et des colonies, ce 9 janvier 1845 : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1845, Paris, imprimerie de Poussielgue, 1845.(notice BNF no FRBNF30108129g)
À mes compatriotes. Lettre de C.-C.-A. Bissette sur la question de la liberté politique et civile dans les colonies : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1850, Paris, imprimerie de Poussielgue, 1850.(notice BNF no FRBNF301081195)

Bibliographie[modifier]
Stella Pame, Cyrille Bissette, un martyre de la liberté, Editions Désormeaux, 1999, 279 p.www.crdp.ac-martinique.fr

Liens externes[modifier]
Lawrence C. Jennings, « Cyrille Bissette, Radical Black French Abolitionist » sur Oxford Journals French History, Society for the Study of French History, 1995
Le Blog pourpre, « Cyrille Charles Bissette, un activiste de la liberté » sur Le Blog pourpre, recrutement.over-blog.com, s.d. 2006 ?
Gilles Gauvin, Il était une fois...Cyrille Charles Auguste Bissette "marqué aux fers rouges pour son combat anti-esclavagiste" : XIXe siècle, Ile de la Réunion, - Témoignages, mardi 27 mai 2008.
Édouard de Lepine, Notes sur les paradoxes du néo-bissettisme(source MEETAW):XXIe siècle, Martinique, Montray Kreyol, samedi 11 avril 2009.
POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyrille_Bissette
----------------------------------
Auguste-François Perrinon
Vign_sans-titre
Auguste-François Perrinon,
député abolitionniste


Né à Saint-Pierre (Martinique) le 28 août 1812, il est le fils de Roise dite « Piquion », affranchie sous le Consulat. Il reçoit le nom de Perrinon suite au mariage de sa mère avec Pierre dit « Perrinon » en 1826. Certains (Pierre Dessalles), prétendraient que son père serait en réalité un Blanc. En outre sa marraine semblerait être Caroline Carrère, petite fille et épouse de gros négociant de la place de Saint-Pierre (ce qui s’avèrera à un moment un soutien non négligeable).

Envoyé en France, il devient élève de l’École polytechnique (promotion X 1832). Il se spécialise dans l’artillerie de Marine à l’Ecole d’application de Metz. . Il est nommé Capitaine en second le 31 janvier 1840 et en 1841, il est affecté au Service de l’Inspection générale du matériel de l’Artillerie de Marine à Paris.

En 1842, il est envoyé en Guadeloupe comme capitaine en second puis en premier. Son attitude « distante » au service du système esclavagiste provoque l’ire de Schœlcher (qui ne le connaissait pas d’ailleurs). L’Alsacien déplore dans un passage de son ouvrage Des Colonies françaises, abolition immédiate de l’esclavage l’attitude des gens de couleur élevés en France, qui « ne savent point se suffire avec l’élite de leurs semblables ( …) et peu à peu quittent leur pays pour ne plus y paraître (…) Ils désertent une cause sacrée. On nous a cité un officier d’artillerie sang-mêlé qui, envoyé à la Martinique demanda vite à permuter, ne pouvant tolérer la situation gênante que lui faisait sa couleur de peau. ». Perrinon se contentera d’une simple note technique en guise de réponse à Schœlcher.

On découvre qu’il est Franc-maçon et il est chargé par la loge abolitionniste de l’Union de Saint-Pierre d’obtenir à Paris la lettre de constitution auprès du Grand Orient de France.

En mission à Saint-Martin en 1844, il se lance dans des expériences innovantes pour démontrés que les esclaves et les affranchis pouvaient travailler avec des stimulants matériels. Il rédigera d’ailleurs en 1847 une brochure intitulée Résultats d’expérience sur le travail des esclaves où il s’emploie à démontrer que le travail libre est possible. De retour en France il est nommé à la tête d’une fonderie et reçoit la Légion d’Honneur.

La discrétion de sa réponse à Schœlcher, le succès de son expérience à Saint- Martin et son rôle actif auprès de la loge de l’Union ont étendu l’audience de Perrinon dans les hautes sphères. Lors de la Révolution de Février 1848, les Blancs propriétaires dans les cercles schœlcheristes à Paris appuient la candidature de Perrinon pour contrer Bissette. Il est au côté du comité des colons qui demande l’abolition immédiate à Arago. Schœlcher le fait entrer dans la Commission d’émancipation le 4 mars.

A la suite du décret d’abolition de l’esclavage, il est envoyé comme commissaire d’abolition, puis commissaire général à la Martinique (juin-novembre 1848). La Commission prévoit le versement aux propriétaires d’une indemnité destinée, non pas à compenser la perte des esclaves mais à payer le salaire des ouvriers et cultivateurs. En réalité, elle servira surtout à payer les dettes énormes des propriétaires. A cause du manque d’argent il faudra un autre moyen de retenir les travailleurs : c’est ainsi que l’on proposera le recours au système de l’Association.

Le système de l’Association visait à intéresser les travailleurs au produit de la terre, la crainte étant que ceux-ci aillent monnayer leur talent au plus offrant créant une instabilité pour les petits propriétaires. Il évitait en outre le déblocage de fonds. Il est donc évident que ce système le soutien des propriétaires et surtout de Perrinon.

« Art. III. La mise de fonds du propriétaire consiste dans la terre de l’habitation(…), les bâtiments et manufactures, les animaux attachés à l’exploitation, les plantations, les ustensiles(…),
La mise de fonds des travailleurs consiste dans le travail de l’industrie de chacun d’eux sur ladite habitation.
Art. IV. (…) La durée de la société est annuelle.
Art. V. (…) Les travailleurs conserveront la jouissance des cases qu’ils habitent et des jardins qu’ils cultivent pour leur compte, sur l’habitation.
La journée de samedi est affectée à la culture desdits jardins et à la vente des produits appartenant aux travailleurs.
Art.VII. La journée sera de 9 heures. Elle commencera au lever du soleil et se terminera à son coucher.
Art. VIII. Les travailleurs malades sont soignés au frais de la société.
Art. IX. Les produits de toute nature du fonds spécial seront partagés en trois portions égales, dont l’une ira au propriétaire, l’autre pour les dépenses et la dernière pour les travailleurs.
Art. X. Le partage entre travailleurs se fera après la fabrication ou la vente des denrées. Chaque associé recevant une part proportionnelle au nombre de journées de travail effectuées.
Art. XI. Le partage ne pouvant se faire qu’après la vente, chaque travailleur pourra demander une avance sur salaire de deux francs. ».

Sa compagne en faveur de l’Association est mal perçue par la population, surtout chez les noirs. Malgré tout il est élu député de la Constituante pour la Guadeloupe en novembre. Il préfère néanmoins conserver le poste de Commissaire Général de la République à la Martinique. Il siègera en compagnie de Schœlcher le montagnard, Pory Papy et Louisy Mathieu à l’Assemblée Constituante. Schœlcher et lui sont élus en Guadeloupe pour la première assemblée de la IInde République. L’élection est invalidée à cause d’un climat de terreur oblige à convoquer de nouveau les électeurs en 1850.
Le Coup d’Etat du 2 décembre 1851 de Louis Napoléon Bonaparte provoque la dissolution de l’Assemblée. Bonaparte demande à Perrinon de prêter serment au régime qui refuse. Il se réfugie à Saint Martin où le double statut de l’île et surtout sa fortune personnelle lui permettent de finir ses jours paisiblement. Il meurt le 2 janvier 1861.
MAURICE TAÏLAMÉ
Vign_maurice
MAURICE TAÏLAMÉ



NAISSANCE D’UNE FAMILLE MARTINIQUAISE : Marie-Nelly, la fille de Taïlamé et Jules, le fils de Lung-guenn, se rencontrent. Ils abandonnent les champs de cannes et montent un petit commerce, les fameuses boutiques de nos campagnes, à Saint-Pierre. Ils font des enfants. L’un de ces enfants est le grand-père de Maurice Taïlamé, il met au monde une douzaine d’héritiers. Sur son lit de mort il décide d’officialiser sa relation en épousant sa compagne. L’huissier convoqué consigna dans son procès verbal qu’ils s’étaient mariés au nom du peuple français. Le détail est d’importance lorsque l’on sait que pendant longtemps Indiens et Chinois ne furent pas considérés comme français. Or, les enfants des mariés, eux nés dans la colonie, étaient déjà des adultes lancés dans la vie avec un état civil français. Ils préférèrent continuer à s’appeler Taïlamé, gardant ainsi le nom de la grand-mère indienne. Après la catastrophe de 1902, toute la famille se refugie à Fort-de-France et continue son activité commerciale, principalement, basée sur la boucherie. Le petit Maurice, dernier d’une famille de sept enfants, n’a que vingt jours lorsque meurt son père. Il grandit dans un environnement foyolais, notamment celui de la rue François Arago où, comme dans toutes les autres rues d’ailleurs, motos, bicyclettes, roulaient en toute liberté, sans soucis de sens interdits, qui d’ailleurs n’existaient pas. Il entre au Lycée Schœlcher à l’âge de six ans jusqu’aux cours élémentaires, poursuit aux cours complémentaires des terres-Saint-villes, puis c’est l’arrivée au lycée technique de Tivoli ou il obtient un diplôme de technicien agricole avant de s’envoler à Paris. Après le service militaire il bouclera son cursus en s’inscrivant à l’Ecole Supérieur des métiers de la viande. Dans l’intervalle, il est appelé au service militaire. Nous sommes en 1961, en pleine guerre d’Algérie, et il doit trente six mois à la nation. Il reçoit un entrainement accéléré dans un camp militaire des environs de Paris. Au bout de quatre mois on l’estime opérationnel mais, devant l’imminencede l’Algérie algérienne annoncée par le général De gaulle, l’O.A.S tire ses dernières cartouches et envisage de renverser le gouvernement. Son régiment fait partie du système mis en place pour la défense de la capitale. La tentative de push échoue. Son régiment rejoint Marseille où il doit prendre le bateau pour l’Algérie. A ce moment, interviennent les discussions avant la signature des Accords d‘Evian. Il est bloqué sur le port pendant près d’un mois. Avec le recul, il comprend mieux pourquoi. « Mais, dit-il, c’était pour ne pas payer une retraite d’ancien combat. Partir avant, aurait fait de nous des anciens combattant, il fallait attendre le cessez le feu.» Il s’embarque enfin pour Alger. C’est le cessez le feu. Pourtant, aujourd’hui, l’ancien d’Algérie déclare « Je suis de la classe 61, la dernière à avoir été en Algérie, cela pendant le cessez le feu, mais c’est la classe où il y a eu le plus de morts » Sous-officier, il arrive au moment où les Arabes enrôlés commençaient à déserter avec armes et bagages. L’appelé du contingent Maurice Taîlamé est donc témoin des derniers moments de la France en Algérie avec son cortège d’horreurs, notamment le lynchage des Harkis par un F.L.N victorieux.

Puis c’est le retour en France. Il faut faire le vide en soi, évacuer toutes les horreurs connues. Il renoue avec l’Agriculture en réintégrant son premier boulot au Laboratoire des Fermiers Réunis, puis s’inscrit à l’école supérieure des Métiers de la viande. Très vite, Paris lui devient insupportable et il choisit Caen profitant du passage de sa mère dans cette ville. Il décide d’y rester et cherche un emploi. Handicap, la dernière question du formulaire à remplir est : « Quelles sont les personnes honorables que vous connaissez à Caen. » Bien entendu, il ne connaissait personne. C’est la galère, jusqu’au moment où il tombe sur un ancien gendarme qui lui vouait une reconnaissance éternelle. En poste en Algérie, celui-ci avant d’obtenir sa retraite d’ancien combattant voulait obtenir un grade plus élevé, ce qui lui permettrait une réintégration dans le civil plus confortable au point de vue de l’indice. Maurice Taïlamé fut le sous-officier chargé de contrôler ses capacités physiques et il avait fermé un œil, et même les deux, sur la grosse bedaine de ce dernier. Chance, l’ex gendarme, ancien d’Algérie, connaît du monde à Caen, notamment le directeur des services vétérinaires. Cela tombe bien, le service a besoin de laborantin et il est embauché à l’abattoir de Caen, puis de Lisieux. C’est à Caen qu’il connaîtra Emma, celle qui, jusqu’à aujourd’hui, partage sa vie. Son séjour en France s’achève lorsque son frère ainé lui apprend qu’il est en train de monter une chaine de boucheries à la Martinique. Il est intéressé. C’est le retour dans son pays, il se retrouve gérant d’une boucherie de dix sept employés. Il est certes décidé à travailler mais également à oublier les années galères, à rattraper le temps perdu dans une Martinique qui s’éveille. C’est l’époque où le Lido et lola Martin, attirent les foules. Il ne s’en prive pas. Les affaires de la famille Taïlamé fonctionnent à plein régime, jusqu’au moment où le vent tourne. Fort-de-France ne semble pas s’adapter aux exigences modernes du commerce et ne propose pas aux commerçants les aires de stationnement nécessaires au développement de leur entreprise : « Nous étions sans doute trop foyalais, trop ancrés dans Fort-de-France, pour aller ailleurs » constate le Maurice d’aujourd’hui. Mais quelque soit les raisons, c’est l’arrêt total des activités. « Nous avons essayé de dynamiser le secteur de la boucherie par la création de coopératives, mais nous étions considérés comme des ennemis parce que plus gros. Alors, dans cette coopérative, je devais payer la viande à un prix plus élevé que les autres. En outre, beaucoup ne s’acquittaient pas de leurs dettes. » L’installation d’une boucherie aux Terres Saint-Ville est sans doute le déclencheur de l’entrée en politique. En effet, il accepte d’être le président de la fête du quartier, à ce titre il est en contact avec la municipalité et, par voie indirect ; avec le P.P.M. Sollicité, il refuse son adhésion à ce parti. Dès-lors les choses deviennent difficiles. La cassure est définitive quand Maurice Taïlamé, accepte de donner un coup de main « par sympathie pour mon ami » à Joé Saint-Rose candidat aux cantonales, sous l’étiquette du parti Républicains Indépendants. C’est son baptême du feu, la maison dans laquelle Joé Sainte-Rose fait sa conférence est saccagée, portes et fenêtre volent en éclats. C’est le doigt dans l’engrenage. Il entre au Club Perspectives et Réalités crée par Valéry Giscard d’Estaing qui accouchera de l’U.D.F. Une section, animée par de jeunes mangoustes, issues de la droite traditionnelle, qui venaient de faire une entrée fracassante sur le terrain politique, voit le jour. Maurice Taïlamé s’engage totalement et s’occupe volontiers de l’occupation du terrain en périodes électorales et est un témoin privilégié des moments forts, et parfois tragiques, de la politique martiniquaise. Il n’a jamais brigué un poste et aime a rappeler qu’il a toujours œuvré bénévolement pour des idées et des valeurs dans lesquelles ils croient et que, à soixante cinq ans, il continue à se battre pour les mêmes causes.

LES MARTINIQUAIS DANS LA GUERRE D’ALGERIE

Vous ne l’avez pas choisi au départ mais, à l’arrivée vous êtes bel et bien plongé dans l’action, sous le feu des Algériens luttant pour la libération de leur pays. Le discours d’un autre Martiniquais Frantz Fanon, envoyé comme vous au front, est-il arrivé à vos oreilles ?

Maurice TAÏLAMÉ : Je ne connaissais pas son discours, d’ailleurs je ne connaissais rien de lui. J’ai su qu’il était à l’hôpital de l’Avenue Michelin quand il a été hospitalisé. Nous avions reçu une formation militaire et le premier principe était que tous ceux qui étaient contre la France étaient traitres à la patrie. Peut-être, faut-il aussi parler de mon enfance, ma mère était pétainiste et gaulliste. Elle pensait que Pétain n’avait jamais trahi la France. Le buste de ces deux hommes trônait sur sa commode. J’ai vécu avec cette grande idée de la France, que j’ai encore. Au cours de ma formation militaire, on m’append que l’Arabe c’est ceci, c’est cela, et on m’apprend à tuer. C’est la guerre. Le jour de mon arrivée je me fais canarder. Nous étions en permanence maintenus en condition. Vous aviez dans votre paquetage une espèce de gnole qui vous anesthésiait tout le visage que vous buviez ça.

D’autres témoignages me disent que les soldats étaient drogués ?

Maurice TAÏLAMÉ : Je ne dirais pas cela, mais il y avait une préparation à tous les niveaux, et s’il n’y a pas cette préparation on ne fait pas la guerre. La bouteille de gnole coulait comme de l’huile dans votre gorge. Vous aviez ça, le café, le sport. C’était ça le maintien en condition.

Il y avait un autre martiniquais Guy Cabor Masson …

Maurice TAÏLAMÉ : Comme pour Fanon, pour nous, c’était un traitre. J’ai appris qu’il existait et qu’il était colonel dans l’armée fellaga. Je me posais souvent la question de savoir ce qu’il allait faire s’il me rencontrait et ce que j’allais faire si je le rencontrais. Mais je ne les connaissais ni l’un, ni l’autre. J’ai connu Cabor de retour à la Martinique, je l’ai trouvé très sympathique. Vous savez, je n’ai jamais parlé de cet épisode de ma vie, sauf à dire récemment au président de l’association des combattants que ceux qui ont pris le plus de fer en Algérie, sont ceux qui sont les moins récompensés.

LA DROITE INCAPABLE DE REBONDIR

A votre avis, pourquoi la droite martiniquaise, depuis 1981 est-elle incapable de rebondir ?

Maurice TAÏLAMÉ : Je pense que, contrairement à l’époque, la droite n’a trouvé personne du charisme d’Emile Maurice. Les tiraillements ont toujours existé à droite, comme dans les autres partis. Chacun sait les conflits qu’il y avait entre Michel Renard et Jean-Maran, Emile Maurice était le patron qui arrivait à calmer le jeu. Aujourd’hui, il n’y personne. Certes, il y a des jeunes, ils veulent le pouvoir rapide et vite, il n’y en d’autres qui l’ont déjà mais ils ne veulent pas laisser la place, bien qu’ils perdent pieds à cause d’un discours vieillot.

N’est-ce pas, en réalité, parce que vous avez laissé le discours de la dignité et de la martinicanité à la gauche ?

Maurice TAÏLAMÉ : Aimé Césaire a redonné fierté au peuple noir. Malheureusement beaucoup n’ont pas compris le message et l’ont traduit par une attitude raciste et de rejet. Quant à la droite, c’est vrai, elle a préféré les Arts Lyriques au tambour.

TURBULENCES

En 1977, je suis sur le terrain et il se dit que Maurice Taïlamé est celui qui a en charge …l’occupation de l’espace. Léon Laurent Valère est candidat à la mairie de Fort-de-France. Quelles sont vos souvenirs de cette époque ?

Maurice TAÏLAMÉ : Le P.P.M, à cette époque, était une véritable armée. Ils y avaient des ordres donnés et exécutés. Les militants étaient relativement violents. Ils m’ont toujours respecté, c’est vrai, mais lorsque nos colleurs collaient des affiches, ils les bousculaient, prenaient leur matériel, crevaient nos pneus. Moi, j’avais quand même fait la guerre et je connaissais un certain nombre de stratégies. Et nous avons répliqué par quelques coups. Un jour, par exemple, dans l’ancienne D.S d’Aimé Césaire il y avait un commando qui poursuivait nos colleurs. Moi, j’étais dans ma jeep, et j’ai voulu porter secours à nos amis, une autre de leur voiture m’a pris en chasse, j’étais donc en sandwich et ils s’amusaient. J’ai carrément foncé sur la D.S. Le chauffeur n’a pu redresser, et ils se sont retrouvés dans le canal. Je suis allé à la police faire ma déclaration. Le lendemain la mairie a déclaré que cette D.S était clouée au garage depuis trois mois, ne sortait pas du garage et, en aucun cas, ne pouvait être impliquée dans quoi que ce soit. Tout le monde a classé l’affaire. Personne, finalement n’avait envie qu’il y ait une suite dans ce genre de chose.

Finalement, c’était du cinéma, un jeu ?

Maurice TAÏLAMÉ : Oui, c’était peut-être un jeu, mais un jeu dangereux qui risquait de mal tourner à chaque instant. La mairie avait ses colleurs, j’avais les miens. Mais la réalité est que les colleurs étaient tous de connivence. Moi je colle de 22 heures à 1 heures, toi tu passes et tu colles les tiennes sur les miennes, je repasse de nouveau. Alors, les enchères montaient. Une soirée démarrait à 500 francs et se terminait à 1500.

C’est l’époque où Renaud de Grandmaison sort l’affiche, le Bon, la Brute et le Truand. Vous avez approché les victimes. Ont-elles été affectées ?

Maurice TAÏLAMÉ : Non. Michel Renard, que j’ai côtoyé de très près riait. Il n’était pas du genre à se vexer pour ce genre de chose, au contraire. J’ai moins approché Emile Maurice. Il ne me semble pas non plus qu’il ait été affecté.

Vous dites avoir approché Michel Renard de très près. Il n’est qu’à consulter archives pour constater qu’il est l’objet de nombreux articles pas très flatteurs, et même d’un pamphlet Eloge de la dictature signé Vincent Placoly. Quel est votre sentiment, c’était injuste ?

Maurice TAÏLAMÉ : Michel, d’abord, c’est un homme très sensible. Vous étiez je crois à la séance plénière du Conseil général le jour de l’incident avec un conseiller. Par respect des familles ne rappelons pas les détails, mais pour ceux qui ont vécu l’incident, je dis que Michel était en larmes. Il a fait des excuses, d’abord public, ensuite à l’intéressé, et ils sont devenus amis par la suite.

Tout de même, les archives parlent du dynamitage d’une station service, c’était le sheriff …

Maurice TAÏLAMÉ : Il prenait des coups, aussi. On pouvait lui en donner et on ne s’en privait pas.

Oui, dix sept coups de rasoir mais, tout de même, donnés par l’un de ses hommes de mains.

Maurice TAÏLAMÉ : Oui, c’est un fait. La politique n’est jamais de tout repos.

Question brutale, vous qui les avez approchés dans leur quotidien, étiez-vous persuadé de leur sincérité et de leur volonté à œuvrer pour la Martinique, de servir et non se servir, accusation souvent entendue tout au long de ma carrière.

Maurice TAÏLAMÉ : Ma réponse est très claire et cela intéresse aussi bien la gauche que la droite et, c’est un constat : L’homme politique est toujours animé d’un bon sentiment, quand il entre en politique. Mais la corruption s’enclenche…

Corruption, c’est très fort comme mot, non ?

Maurice TAÏLAMÉ : Non, une certaine corruption s’enclenche entre les politiques et ceux avec qui ils sont amenés à travailler. Parce que pour un marché, on lui propose quelque chose. Cela se traduit par de l’argent, ou des avantages. Cela peut être un quart de poulet, et puis une moto, ensuite une voiture, ensuite une maison ou des maisons. Bien entendu, cela ne se passe pas comme cela pour tout le monde l’impression que j’ai…

Des impressions ou des certitudes ?

Maurice TAÏLAMÉ : C’est ce que j’ai vécu. Au départ, ils sont propres. Et, pour certains, au fur et à mesure, ils se laissent avoir.

LE MEURTRE DE LA SAVANE.

En 1978, Michel Renard se présente aux Législatives. Un homme est assassiné sur la Savane. Nous savons que la droite avait entrainé une centaine de jeunes, cela avec l’aide d’un karatéka, expert en arme à feu. Qui eu l’idée d’entrainer ces jeunes ? Qui a fait venir Raffi ?

Maurice TAÏLAMÉ : C’est une suite logique de l’ambiance qui s’est créée dès 1977 lors des municipales. Beaucoup de personnalités de droite étaient réellement persuadés que leur vie était menacée. J’ai connu, tout à fait par hasard, cet homme qui était en vacances à la Martinique. C’était un moniteur militaire Israélien. Il venait de préparer les hommes d’un commando pour un commando qui devait débarquer en Afrique. J’ai découvert sa personnalité et ses activités en discutant avec lui, alors je lui ai proposé de se mettre à notre service. On a prétendu à l’époque que ces jeunes avaient été entrainés militairement. J’ai été un appelé du contingent, j’ai, moi, été préparé militairement à faire la guerre et je peux vous garantir que l’entrainement donné à ces jeunes n’avait rien à voir avec un entrainement militaire. Ils n’étaient pas armés, n’ont pas entendu de balles sifflées, ni n’ont été entrainés à donner l’assaut ou à tuer. C’est ça, un entrainement militaire ! Cet entrainement moi, je l’ai reçu avant d’être jeté dans la zone des combats. Pour ces jeunes, il s’agissait de résister, de se protéger. Vous savez bien que le P.P.M avait décidé que le candidat de la droite ne devait pas s’exprimer à Fort-de-France. Par contre, c’est vrai, nous avons fait en sorte que notre service d’ordre ait un aspect dissuasif. Tous, avaient la même tenue et ce n’était pas un treillis de combat ! Raffi a simplement enseigné la discipline que doit avoir un service de maintien de l’ordre et comment évoluer sur une zone dangereuse, comment faire bloc par le nombre. Il n’y avait rien de militaire là-dedans.

Ces personnalités se sentaient menacées ou étaient-elles vraiment menacées ?

Maurice TAÏLAMÉ : Je pense que la nuance importe peu. Il y avait vraiment une ambiance détestable à ce moment-là. Des hommes et des femmes, en permanence sur le terrain, défendant leurs convictions dans des quartiers défavorables, il y avait de quoi craindre pour sa vie. Et cet expert, c’est vrai a servi de garde du corps.

Combien coûtaient-il ?

Maurice TAÏLAMÉ : Je n’en sais rien, je n’intervenais pas à ce niveau.

Mais comment a-t-il pu quitter la Martinique aussi rapidement, alors qu’il venait d’être blessé quelques sept heures auparavant, dès six heures il avait disparu, il s’était volatilisé ?

Maurice TAÏLAMÉ : Je n’en sais rien.

Avez-vous eu l’occasion de le rencontrer par la suite ?

Maurice TAÏLAMÉ : Non, jamais.

Avec le recul n’avez pas l’impression que vous avez été bluffé par la Martinique, parce que mon enquête de l’époque me démontre que les hommes entrainés par Raffi étaient les copains des hommes du P.P.M. Ce soir-là, ils s’étaient également entendus pour faire monter les enchères. N’y-a-t-il pas eu des erreurs d’appréciation ?

Maurice TAÏLAMÉ : Il y a eu des erreurs de tous les côtés. Michel Renard était décidé à Parler à Fort-de-France, sur la Savane. Nous lui avons assuré une protection du mieux que nous avons pu. En face, les autres sont venus pour l’empêcher de parler. Moi, j’avais garé ma voiture derrière le Fort Saint-Louis et je croisais des hommes avec leur France-Antilles et vous savez que là-dedans, ils dissimulaient toutes sortes d’armes blanches. Nous avions affaire à des bandes bien organisées. Et cela aurait pu être plus sanglant. Raffi, ce soir-là a fait du bon boulot. Il en a désarmé plus d’un, ils ont pris de sérieux coups de nushaku. Ceux-là, on ne les a pas exhibés, on les a cachés. Je crois aussi qu’il y a une erreur tactique de la part de la victime qui n’aurait dû s’avancer autant dans la foule.

Comment expliquez-vous que vous n’ayez jamais été cité à comparaître devant le Tribunal ?

Maurice TAÏLAMÉ : J’ai répondu aux questions qui m’ont été posées au cours de l’enquête, mais c’est vrai je n’ai jamais été cité.

POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://www.martinique-editions.com/pages/art_fiche.aspx?id=269
 
Vign_401px-christiane_taubira_royal_zapatero_s_meeting_in_toulouse_for_the_2007_french_presidential_election_0529_2007-04-19
Christiane Taubira

Christiane Taubira, née le 2 février 1952 à Cayenne (Guyane), est une femme politique française, actuelle ministre de la Justice, garde des Sceaux, nommée le 16 mai 2012, dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault.

Candidate PRG à l'élection présidentielle de 2002, elle a été députée de la 1re circonscription de la Guyane de 1993 à 2012 et conseillère régionale de la Guyane dans le groupe de l'opposition « Démocratie et probité » depuis 2010. Elle fait partie du comité exécutif de Walwari.

Biographie[modifier]

Origines et formation[modifier]

Née à Cayenne, Christiane Taubira est issue d'une famille modeste — sa mère, aide soignante, élevait seule ses cinq enfants. Divorcée, elle est elle-même mère de quatre enfants.

Diplômée d'un 3e cycle de sciences économiques (Paris II), de sociologie et d'ethnologie afro-américaine (Sorbonne et Jussieu) et d'agro-alimentaire (CFCA de Paris et Bordeaux)1, elle est professeur de sciences économiques en 1978[réf. nécessaire]. Cofondatrice[réf. nécessaire] de l'association agricole Caricoop pour la Guyane (Confédération caraïbe de la coopération agricole), elle en est la directrice générale de 1982 à 1985. Depuis 1990, elle est membre de l'OCCE-G (Office de coopération et de commerce extérieur de la Guyane), un organisme dépendant du conseil régional de la Guyane.

Parcours politique[modifier]

Elle commence sa carrière politique comme militante indépendantiste, jusqu'à l'arrivée de la gauche au pouvoir en 19812. Elle crée en 1993 le parti Walwari et en devient la présidente. La même année, elle est élue députée « non inscrite » de Guyane et vote, dans l'hémicycle, l'investiture du gouvernement Balladur. Elle intègre un petit groupe parlementaire, République et liberté. L'année suivante, elle est quatrième de la liste Énergie radicale menée par Bernard Tapie lors des élections européennes de 1994. En avril 1994, elle est observateur parlementaire aux premières élections multiraciales en Afrique du Sud1.

À sa réélection en juin 1997 3, elle rallie le groupe socialiste, et se voit confier par Lionel Jospin un rapport sur la recherche de l'or en Guyane. Jusqu'en novembre 2001, elle est apparentée PS. Elle rejoint ensuite le groupe RCV (PRG-MDC-Verts-PCR).

En 2002, elle est la candidate du Parti radical de gauche à l'élection présidentielle avec une campagne axée sur l'« égalité des chances ». Elle obtient 2,32 % des voix au premier tour. Selon certains socialistes, cette candidature aurait contribué à l'éparpillement des voix « de gauche » et aurait été une des causes de l'échec de Lionel Jospin à accéder au second tour de l'élection présidentielle4. Mais d'après d'autres observateurs, comme Jacques Séguéla, Christiane Taubira avait proposé une alliance à Lionel Jospin, qui n'aurait pas donné suite à cette demande5.

Elle est de nouveau élue députée avec 67,22% des voix6 le 16 juin 2002, pour la XIIe législature, dans la 1re circonscription de la Guyane. Elle est apparentée au groupe socialiste. Tout en demeurant membre du parti guyanais Walwari, elle devient, après le Congrès de Toulouse (septembre 2002), première vice-présidente du Parti radical de gauche, poste spécialement créé pour elle et supprimé au congrès de 2004. Elle est en tête de la liste « Europe fraternelle » du PRG aux élections européennes de 2004, dans la circonscription Île-de-France : cette dernière n'obtient que 1,54 %, et aucun élu7.

En 2004, elle est condamnée par le conseil des prud'hommes de Paris pour licenciement injustifié et rupture de CDD « abusive » concernant son ancienne assistante parlementaire et doit lui verser 5 300 euros8.

Le 12 juillet 2006, elle se déclare candidate à l'investiture du PRG pour l'élection présidentielle de 2007. Le 22 octobre, le PRG réuni en Congrès renonce à présenter une candidature, préférant un accord avec le Parti socialiste sur les élections présidentielle et législatives9. Le 20 janvier 2007, Christiane Taubira rallie l'équipe de Ségolène Royal où elle est nommée « déléguée à l'expression républicaine10 ». Par la suite, lors de la campagne des législatives de juin 2007, elle déclare avoir été « approchée » par l'entourage de Nicolas Sarkozy « avant la fin de la présidentielle » pour faire partie du gouvernement, mais « avoir alors décliné l'offre »11.

Elle est réélue députée avec 63,41 % des suffrages le 17 juin 2007 pour la XIIIe législature, dans la 1re circonscription de la Guyane12. Elle est apparentée au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

En avril 2008, elle est chargée par le président de la République Nicolas Sarkozy d'une mission sur les accords de partenariats économiques entre l'Union européenne et les pays ACP13. Son rapport remis deux mois plus tard14 émet de lourdes critiques envers ces dispositifs et formule des préconisations jugées audacieuses15 mal reçues par l'Élysée, le chef de l'État n'ayant fait aucun commentaire.

Christiane Taubira est candidate, à la tête d'une liste divers gauche à l'élection régionale de 2010 en Guyane. Arrivée en tête des quatre listes de gauche en présence mais largement derrière le candidat de la majorité présidentielle, Rodolphe Alexandre, elle conduit une liste d'union de la gauche au second tour. Le 21 mars 2010, elle est battue par la liste du maire de Cayenne, Rodolphe Alexandre, soutenue par l'UMP, qui réalise 56,11 % de suffrages contre 43,89 pour la liste de Christiane Taubira16.

Le 14 décembre 2010, elle annonce son soutien à Arnaud Montebourg dans le cadre des primaires du Parti socialiste de 2011 pour l'élection présidentielle de 201217.

Ministre de la Justice, garde des Sceaux[modifier]

À la suite de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, elle est nommée pour la première fois au gouvernement le 16 mai 2012 en devenant ministre de la Justice, garde des Sceaux18 au sein du gouvernement Ayrault (dont 30 membres sur 35 sont issus du Parti socialiste).

Dès sa nomination, elle est la cible des critiques de l'UMP et du FN19.

Après l'annonce du nouveau Premier ministre stipulant que tout ministre de son gouvernement qui se présente aux législatives et qui serait battu devrait démissionner20, Christiane Taubira renonce à briguer un mandat parlementaire21,22.

Les premières mesures qu'elle désire appliquer sont une nouvelle loi contre le harcèlement sexuel23 et supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs pour garantir la spécificité de la justice des mineurs24. L'annonce de cette suppression, prévue dans le programme du candidat Hollande, est qualifiée de laxisme par l'UMP25, mais est très bien accueillie par les professionnels de la justice des enfants26.

Travaux et prises de position[modifier]

Christiane Taubira est fréquemment considérée par les politiques comme un « électron libre », en raison de ses prises de position personnelles entrant peu dans une logique de parti27. Contrairement au PS et au PRG elle s'oppose ainsi en 2004 au vote de la loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques considérant que « Faire œuvre législative plutôt que mission pédagogique, c’est perdre foi en République, alors que sont soigneusement évités les terrains où se nouent les tensions les plus lourdes de sens dans l’affrontement éthique28. » En 2005, elle prend position pour le « Non » lors du référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe29, contrairement au PRG, dont elle est à l'époque encore vice-présidente. En 2012, elle soutient publiquement le chef Raoni dans sa lutte contre le barrage de Belo Monte, dans l’État du Pará, au Brésil.

Autonomie de la Guyane[modifier]

Les premiers engagements politiques de Christiane Taubira furent son militantisme pour l'autonomie de la Guyane. Dans les années 1970, elle était indépendantiste; après l'arrivée de François Mitterand à la présidence en 1981, elle cessa ce type de militantisme, constatant qu'il n'était plus soutenu par les guyanais2.

Lors du référendum de 2010 sur le passage de la Guyane à un statut de collectivité d'outre-mer, bien que critique envers le caractère flou du projet, elle appelle à voter « Oui » au sein du mouvement Guyane 7430

Commémoration de l'abolition de l'esclavage[modifie
Christiane Taubira a donné son nom à la loi française n° 2001-434, votée le 10 mai 2001, qui reconnaît comme crimes contre l'humanité la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté. Des critiques existent sur cette loi, principalement de la part des historiens, qui critiquent le fait qu'elle limite l'esclavage à la traite européenne des Noirs 31.

Détail des fonctions et des mandats[modifier]

Mandat local[modifier]
depuis le 22 mars 2010 : conseillère régionale de la Guyane

Mandats parlementaires[modifier]
2 avril 1993 - 21 avril 1997 : députée de la 1re circonscription de la Guyane
19 juillet 1994 - 19 juillet 1999 : députée européenne
1er juin 1997 - 18 juin 2002 : députée de la 1re circonscription de la Guyane
19 juin 2002 - 19 juin 2007 : députée de la 1re circonscription de la Guyane
20 juin 2007 - 16 mai 2012 : députée de la 1re circonscription de la Guyane

Mandat ministériel[modifier]
16 mai 2012 : ministre de la Justice, garde des Sceaux
SOURCE : wikipedia
pour lire la suite veuillez cliquez ICI

http://fr.wikipedia.org/wiki/Christiane_Taubira
Maxence ELIZE
Vign_max_elize
Armand Nicolas
Vign_54
Léopold Bissol
Vign_2222222
 
Vign_11112
 
Vign_11444
 
Vign_mm
 
Vign_30
 
Vign_sans-titre
 
Vign_222
 
Vign_sans-titre
 
Vign_253
 
Vign_mkf
 
Vign_56
 
Vign_77
 
Vign_63
 
Vign_22
 
Vign_52
Victor Schoelcher
Vign_mmp
VICTOR SABLE
Vign_sablevictor0214r4
Victor Sévère
Vign_okok
Auguste-François Perrinon,
Vign_sans-titre
 
Vign_placoly
 
Vign_394476_215517945203160_100002348685059_469747_1817453301_n
 
Vign_dsc00615
 
Vign_2222222
Bissol Léopold
 
Vign_picto_177_ancab
Anca et Alexanbre Bertrand
 
Vign_vign_okok
Victor Sèvere
 
Vign_vign_mmp
Cyrille Bissette
 
Vign_vign_sans-titre
Auguste François Perrinon
 
Vign_cabort-masson
Guy Cabort-Masson
 
Vign_imagesca53grrd
Frantz Fanon
 
Vign_imagesca14l6qu
Leon Damas
 
Vign_imagesca1friit
Leopold Sedar Senghor
 
Vign_imagescabo72qf
Aime Césaire
 
Vign_00
Edouard GLISSANT
 
Vign_images
Victor Lamon
 
Vign_victor_lamon
Victor Lamon
 
© 2010
Créer un site avec WebSelf