NOU KA SONJÉ
JEAN-CLAUDE ASSELIN-DE-BEAUVILLE
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Intervention du Frère Jean-Claude ASSELIN de BEAUVILLE,
Conseiller de l’Ordre du G.O.D.F., Région Antilles-Guyane
au Panthéon, le mercredi 10 mai 2006
Grand Maître Jean-Michel Quillardet, mes Très Chers Frères
Conseillers de l’Ordre, mes Soeurs, mes Frères, Mesdames,
Mesdemoiselles, Messieurs, Chers Amis,
J’ai aujourd’hui l’honneur de vous dire quelques mots sur la
contribution de notre Ordre à l’abolition de l’esclavage.
Comme toutes les institutions humaines, la Franc-Maçonnerie a
évolué au fil des siècles. Mais il est des idées qui ont traversé son
histoire. Dès l’apparition des premières Loges, on y découvre une
aspiration à la Fraternité entre les hommes, au-delà des barrières
conventionnelles.
Ainsi, lorsqu’en 1736 Ramsay trace, dans son célèbre discours, le
programme intellectuel que se fixe alors la Maçonnerie française, il
n’hésite pas à affirmer :
« Les hommes ne sont pas distingués essentiellement par la
différence des langues qu’ils parlent, des habits qu’ils portent, des
pays qu’ils occupent, ni des dignités dont ils sont revêtus. Le monde
entier n’est qu’une grande République … C’est pour faire revivre et
répandre ces essentielles maximes prises dans la nature de l’homme
que notre société fut d’abord établie ».
Le regard maçonnique sur l’homme qui souffre s’appelle alors «
bienfaisance » et « philanthropie », mais derrière les mots qui
changent, il y a déjà cette exigence d’une humanité plus éclairée et
plus solidaire.
Pour ces « hommes libres et de bonnes moeurs » du XVIIIème
siècle, dont le coeur s’ouvrait à l’universalisme de la condition
humaine, l’esclavage, alors pratique commune, était déjà un
scandale.
Dans les grandes, moyennes et petites villes du Royaume, les Loges
sont souvent le relais du « parti philosophique » ! Comme on
appelait en ce temps les disciples de Voltaire et Rousseau.
A Paris, dans les années qui précèdent la Révolution, la célèbre Loge
du Grand Orient de France « Les Neuf Soeurs » fournira de
nombreux soutiens au beau projet de la « Société des Amis des
Noirs », en 1794.
Appuyé sur l’opinion « philosophique », relayé par les Loges, ce
véritable lobby anti-esclavagiste obtint la première abolition.
Dès les premières années du XIXème siècle, les Loges devinrent de
véritables conservatoires des « idées de 1789 ».
Très tôt dans le siècle, la Maçonnerie s’éleva à nouveau contre la
ségrégation raciale.
On peut rappeler ici le combat du Grand Orient de France
pour l’intégration des communautés juives.
Dès les années 1820, des Loges remirent sur le tapis la question de
l’esclavage, non seulement à Paris, mais aux Antilles même, avec
l’action courageuse, et il faut bien le dire, mais un peu isolée, de la
Loge « La Trigonométrie » à Fort-Royal.
En 1835, la Loge « Les Émules d’Hiram » de Pointe-à-Pitre prendra
le relais.
Venons-en maintenant au héros du jour, à celui qui « a élevé la
vertu jusqu’à la gloire » pour reprendre la belle expression de Victor
Hugo, venons, je vous le disais, à Victor Schoelcher.
Notre Frère Victor Schoelcher a à peine 18 ans quand il est initié en
1822, dans la Loge parisienne « Les Amis de la Vérité ». Il aura une
activité maçonnique discontinue, notamment en raison de ses
voyages, mais gardera toujours des liens forts avec l’Ordre au
travers de ses amis, et notamment du plus intime d’entre eux, le
Frère Ernest Legomenon.
En 1844, Schoelcher rejoint au sein de la Loge « La Clémente Amitié
» un groupe de jeunes républicains un peu frondeurs. C’est
probablement son ami Panaire, le futur Secrétaire Général du
gouvernement provisoire de la IIème République qui l’a conduit dans
cet Atelier. Quand la Révolution de 1848 amène la proclamation de
la IIème République, les Maçons jouent un rôle moteur dans
l’installation du nouveau régime démocratique et social. Schoelcher
en a croisé bien des figures dans les Loges !
Connu comme apôtre de l’abolition, son ami et Frère François Arago
l’appelle comme sous-secrétaire d’État auprès du Ministre de la
Marine, pour en finir avec la barbarie de l’esclavage. C’est le fameux
décret du 4 mars 1848 rédigé par Schoelcher lui-même. Le principe
étant adopté … restait à faire appliquer la loi. Schoelcher s’emploie à
réunir les conditions qui feront passer, en quelques mois, les
esclaves de la veille au statut de citoyen à part entière.
Si la grande figure de Schoelcher domine cette avancée de
l’humanité vers une Lumière plus pure, permettez-moi d’y associer
aussi un autre acteur de l’aventure : notre Frère Sarda-Garriga,
Commissaire Général de la République à La Réunion qui aura la
difficile mission d’y organiser, au milieu de difficultés sans nombre,
l’émancipation de plus de 60 000 esclaves.
Pour conduire à bien ce beau et noble chantier de l’abolition de
l’esclavage, ces Maçons se battirent aussi contre les conformismes
de leur temps. Pour cela, ils ont mis en oeuvre une démarche
unissant idéal, engagement et réflexion pragmatique. Puisse cet
esprit nous inspirer encore aujourd’hui.
Et s’il a fallu tant de temps, tant de volonté, tant d’effort pour
parvenir de la traite à l’abolition, je serais tenté de dire, Mesdames
et Messieurs, mes Soeurs, mes Frères et ensuite… ?
Pour nous Maçons, le combat n’est jamais terminé, car d’autres
formes d’esclavage existent encore dans notre monde.
Et si il y a bien quelqu’un pour qui Victor Schoelcher est celui qui a
réalisé l’émancipation… c’est Aimé Césaire…
Aimé Césaire, Chantre de la négritude, sait bien que la
libération ne vaut que si elle est totale, que la liberté ne vaut
que si tous en bénéficient.
Lui le Martiniquais à la peau sombre, recherche toujours l’universel.
Dès les années 1930, dans son cri volcanique au nom de Cahier d’un
retour au pays natal, il a pleine conscience de la tâche à accomplir :
« Ma bouche, écrit-il, sera la bouche des malheurs qui n’ont point de
bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du
désespoir ».
Et de s’incarner dans d’autres peaux dans une litanie qui reste si
actuelle : « Je serais un homme-juif, un homme-cafre, un hommehindou-
de-Calcutta, un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas ».
Nous Maçons, nous ne pouvons que répondre en écho :
« Liberté, Égalité, Fraternité ». Notre devise n’est pas totalement
accomplie. Schoelcher a montré une voie. Le chemin de l’humanité
reste parsemé de pierres brutes.
Et pour terminer, je citerai un extrait d’un discours d’Aimé Césaire
prononcé le 21 juillet 1945, à l’occasion de la fête traditionnelle dite
de Victor Schoelcher, en Martinique … je cite : « S’il me fallait, à
l’aide de mots, rebâtir devant vous l’homme admirable qu’a été
Victor Schoelcher, j’irais chercher parmi les mots les plus solennels
du dictionnaire et pour définir le style de vie du bienfaiteur de la
race noire, ce style de vie où l’éthique se subordonne jusqu’à la
moindre pensée et jusqu’au moindre réflexe. Je dirais que Victor
Schoelcher a voulu être, a été toute sa vie, une conscience ».
Aimé Césaire ajoute deux autres mots : honnêteté et courage.
Et il poursuit : « Je lancerai en flèches vibrantes deux mots
magnifiques, l’un tranchant comme l’acier, l’autre glorieux comme le
soleil, le premier étant audace, le second générosité ».


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Le paysage audiovisuel de la Martinique
Encore une fois je tenais à vous présenter des aspect assez peu connus de mon ile. Aujourd'hui coup de projecteur sur les différentes stations qui emettent à la Martinique.
Si en France métropolitaine TF1, M6 et autres chaines ont toujours été présentes il n'en a pas toujours été de même à la Martinique. En effet même si depuis 5 ans le cable et la satellite ont fourni un accès aux grandes chaines nationales nous méconnaissons plusieurs chaines comme France 3, qui bien que diffusant certaines de ses émissions sur RFO n'existe pas en tant que chaine à part entière à la Martinique.
Ici la concurrence est moins rude entre les différentes stations de télévision, même si elle est beaucoup plus rude entre les différentes stations de radio.

Coté télévision, Radio Française d'Outre Mer est la grande dame de la Martinique puisqu'elle fut la première a émettre dans l'ile. C'est également la chaine publique, qui regroupe plusieurs générations. En effet même si elle reste assez traditionnelle avec des programmes classique, elle programme des émission comme Otantik'Jam présenté par Kate (jeune animatrice très connue à la Martinique). Cette station a également lancée plusieurs jeunes animateurs comme Jérémie Edouard qui a fait les beaux jours de la stations dans les années 90, grace à des programme tournés vers les jeunes. R. F. O c'est aussi une solide équipe de journaliste. Même si certains comme Sonia Laventure ont quitté peu à peu le journal de 20 heures, d'autres comme Serge Bilé demeure les vedettes de JT de RFO. Serge Bilé qui en plus d'etre un grand journaliste est aussi un parolier talentueux à qui l'ont doit plusieurs chansons sur les 150 ans de l'abolition de l'esclavage en 1998 et qui a signé les albums de plusieurs artiste. Il n'est cependant pas le seul à avoir tenté l'expérience dans la chanson puisque Marie Josée Alie ancienne journaliste, puis directrice de RFO Martinique s'étaient déjà frotté au milieu avec Carésé mwen qui fut un hit chez nous. RFO possède deux chaines puisque Tempo qui appartient aussi a RFO occupe le paysage audiovisuel.



La seconde chaine et pas des moindre est Antille TéléVision dit ATV qui a su rassembler bon nombres de téléspectateurs en seulement 10 ans. En effet lorsqu'elle apparaissait il y a 10 ans beaucoup ne donnaient pas chère de cette petite station face au géant RFO. Mais petit à petit grace à des programme résolument plus jeunes et actuel que RFO, ATV a su s'imposer avec des émission comme Capital (M6 n'existant pas encore ATV était la seule station a diffuser des émission des chaines privées de France, ainsi bon nombres d'émission et series de TF1 et M6 ont trouvés public grace à ATV) Zone Interdite ou le Bigdil, mais ATV se n'est pas qu'une série d'importation de programme puisque les émission comme Dnace Hall News, Zoukamine ou Backstage ont su trouver public auprès de la jeunesse martiniquaise. Les anciens ne sont pas négligés puisque des magazines comme Pli pré Kloché ont et font encore découvrir notre ile. Tout comme RFO, ATV a lancée de jeunes animateurs comme David Diomandé, Kate (eh oui elle a commencé à ATV) où Ludivine de Zoukamine, qui sont aujourd'hui des valeurs sures de l'animation. ATV possède également une solide équipe de journaliste comme Patrick Chesnau spécialiste de la politique, Barbara Jean Elie qui travaille aujourd'hui sur Trace TV et Audrey Pulvar qui bien qu'ayant fait les beaux jours d'ATV s'illustre à l'échelon national et officie sur TV 5 et LCI.

Mais la Martinique a également connue ses échec, en effet il y a quelques années TCI une jeune station a tentée de s'imposer et avait presque réussit son pari, elle a occupé le paysage audiovisuel pendant deux ans avant de fermer boutique laissant seulement RCi qui est aujourd'hui la première radio de la Martinique

D"autres stations comme KMT et Zouk TV tentent de s'imposer mais se retrouvent isolées entre ATV et RFO qui ont d'ors et déjà la main mise sur la Martinique.



Jean-Claude Asselin de Beauville
Mano Radio Caraïbes
Emission "Ce Mou Minme"
Invité:Jean-Claude Asselin de Beauville
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